Francis Catalano : Qu’il fasse ce temps : Nouvelles : Éditions Druide : 2020

Un livre fermé, bloqué avec ses confrères sur les rayons d’une bibliothèque, c’est blanc. Que des pages inactivées, que des arbres qui défilent tout le long de la route et sur lesquels aucun pinson ne chante ni ne vient se poser.

Ce nouveau livre de Catalano, on aurait plutôt intérêt à l’ouvrir. C’est un ouvrage fort curieux, qui pique la curiosité du lecteur, ouvrage déroutant s’il en est. La quatrième de couverture apporte des précisions. On y lit ce qui suit : « Le temps se révèle à la fois sujet, personnage et narrateur des sept nouvelles qui composent cet assemblage de textes ludiques. »

Ne discutons pas chichement de l’emploi des mots, il y a de la mouvance dans la terminologie, sens et modes s’entrelacent et transforment à la fois les mots et les choses. Si bien qu’une nouvelle, aujourd’hui, peut désigner un objet quelque peu étranger à la nouvelle d’antan, d’un Maupassant par exemple. Dans les mêmes mots passent divers courants. Dans les écrits de Catalano, la nouvelle n’est plus tout à fait ce qu’elle était. Sa modernité saute aux yeux, qui repose essentiellement sur le caractère ludique de l’écriture. De même qu’il y aura eu ce qu’on a appelé le « nouveau roman », on pourrait dire que Catalano donne dans la « nouvelle nouvelle ». Entendons par là que cet auteur ne propose rien de franchement traditionnel. Il n’offre pas au lecteur un récit limpide dans lequel un ou quelques personnages accomplissent une action, vivent un événement en fonction d’une chute dont ils sont la principale raison d’être. Cet auteur ne cherche pas à émouvoir, encore moins à distraire ou divertir le lecteur. À la nouvelle un peu molle et confortable, il substitue quelque chose qu’il conviendrait plutôt d’appeler un texte. On dira, songeant au structuralisme, lequel du reste est évoqué dans le premier texte du recueil, que cela s’inscrit dans un courant littéraire récent, dont on croyait pourtant avoir extirpé toutes les eaux. On se dira que la mode du structuralisme est révolue et que dorénavant il est de bon ton de revenir à des sources plus anciennes, au bon vieux récit conventionnel qui a fait ses preuves, n’est-ce pas ? et qu’il n’y a donc plus à se soucier de jouer avec les formes, puisque la forme doit s’effacer et laisser toute la place à l’histoire; qu’il n’y a qu’elle qui compte, l’histoire, et que le lecteur veut qu’on la lui raconte un peu à la manière des contes, en toute simplicité. Cela est juste et bon. Ainsi soit-il.

Eh bien ! Non ! Il y a des frilosités de lecteurs qu’on peut et doit parfois mettre à l’épreuve, des subtilités de sens que l’intellect sollicite. Monsieur Teste n’est pas mort. Il n’est écrit nulle part qu’un auteur n’a pas le droit de se servir de sa tête lorsqu’il écrit. Je ne sais pas si l’on peut dire que Catalano est un écrivain cérébral, mais chose certaine, il est drôlement brillant. Qui veut le lire vraiment doit, un tant soit peu, se mettre en mode intelligence. L’auteur a beau dire à la fin de l’ouvrage, dans les quelques lignes où il se présente aux lecteurs, qu’il « aime écrire dans la langue de la tribu et pour la tribu « , cela ne va pas de soi. En fait, « la tribu » ignore l’allusion au mot de Mallarmé (« Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange / Donner un sens plus pur aux mots de la tribu »), ignore, dis-je, cette allusion, mais surtout ne peut en rien être le « public cible » visé par l’auteur, n’est certainement pas le public qu’il peut réellement atteindre. Je ne porte pas un jugement négatif sur la tribu évoquée par Mallarmé, je juge néanmoins que la prose de Catalano est dotée de qualités telles qu’il me paraît improbable que « la tribu » les puisse véritablement goûter. Je peux donc difficilement avaliser les propos de l’auteur lorsqu’il affirme aimer « écrire dans la langue de la tribu ». Cette langue de la tribu, d’excellents auteurs la manient et en font de la littérature populaire. Le « peuple » ou « lecteur moyen » (je sais que parler en ces termes est par trop expéditif) peut savourer des écrits qui procèdent de la langue populaire. Mais chez Catalano, il n’y a rien de tel. Ce prosateur est plutôt redoutable. Sa virtuosité l’éloigne de la ritournelle et de la facilité.

Lecteurs et lectrices, votre collaboration sera de mise. Qu’il fasse ce temps se lit lentement, et seulement alors livre tous ses sucs, toute sa substance. J’en veux pour preuve la première « nouvelle ». Elle est intitulée « La fin de la casette », sous-titrée (Le lecteur). Ce texte est l’une des plus « nouvelles nouvelles » du recueil. Il nous plonge dans l’univers de la lecture. C’est à lui que j’ai emprunté ci-haut la citation que je reproduis à nouveau, ne serait-ce que pour le plaisir d’y retrouver le merveilleux pinson qui malgré son absence y chante sur une branche : « Un livre fermé, bloqué avec ses confrères sur les rayons d’une bibliothèque, c’est blanc. Que des pages inactivées, que des arbres qui défilent tout le long de la route et sur lesquels aucun pinson ne chante ni ne vient se poser. »

Dans cette nouvelle, il y a un personnage qui est nul autre que vous qui lirez ou non cette nouvelle. Voici l’entame : « C’est le début d’une lecture, disons mécanique, à laquelle vous, lecteur, vous vous adonnez. Votre nom est Sansui, Tex Sansui. » Sansui : c’est là une marque, celle d’un lecteur multimédia portable. Mais avec le prénom Tex, voici un personnage, et ce personnage est donc le lecteur de la nouvelle intitulée « La fin de la cassette ». Tout ça vous paraît compliqué ? Ce l’est un peu ou beaucoup. Ça dépend plus de la qualité de la lecture que de la qualité de l’écriture. Or le jeu, comme on dit, en vaut la chandelle. On lit lentement, on marche, on se balade dans le texte avec ce baladeur Sansui et des écouteurs sur les oreilles. On est sur la rue Saint-Catherine. Il va se passer bien des choses. Au terme de la promenade, on retirera son casque d’écoute.

En abordant le « Monde nouveau » qu’est la seconde nouvelle, on oubliera dans la mesure du possible ce qui a été dit précédemment, à savoir la nature cérébrale et expérimentale de l’écriture de Catalano. Le savant orfèvre, l’ingénieur du récit, sort ici à peu près de son laboratoire narratif; il se borne à faire alterner fort habilement deux « temps » de l’histoire qu’il raconte. Dans le premier texte, il avait impressionné par sa connaissance du monde numérique, high tech, par sa maîtrise du lexique idoine (« nous appelons les choses par leur nom »); dans le second, ses connaissances et son savoir-faire (savoir-écrire) sont encore au rendez-vous. Mais on change d’univers, le monde moderne de la première nouvelle est loin derrière.

« Monde nouveau » nous ramène en arrière, à l’époque de ceux qui quittaient le vieux continent afin de conquérir et s’approprier les terres d’Amérique. Pour que son récit soit vraisemblable, il faut qu’un auteur se soucie à un très haut degré de la réalité qu’il explore et ramène à la vie. Nous sommes en 1644. Le père Pier navigue au milieu de l’Atlantique Nord. Le narrateur qui l’accompagne se rend « missionner en Nouvelle-France » pour la troisième fois. Il relate la traversée dans un récit qui en son sein accueille un second récit, relatif celui-ci à un voyage antérieur où le père Pier avait été torturé par les « Barbares » — il s’agit des Iroquois : « Le père garroté à un piquet, une fois que la pluie eut lavé une partie du sang qui voilait son corps nu, un Sauvage sanguinaire lui saisit la main, coupa son auriculaire déjà cassé à la hauteur de la première phalange. Une chose effroyable se produisit alors. En tirant, le Sauvage arracha le doigt, comme il se devait, sauf que les nerfs restèrent attachés à l’os de sorte que seule vint la peau, non l’ossature. Un peu comme si le tortionnaire de mon supérieur eut retiré le fourreau, mais laissé l’épée intacte, rutilante, affûtée, pendant et inutile, dans une nuit constellée d’étoiles. »

Cette dernière citation, avec ou malgré l’anacoluthe en ouverture, illustre assez bien la qualité de l’écriture de Catalano. Le voici produisant un récit à l’ancienne qui ne pâlit nullement s’il nous vient l’idée de le comparer aux modèles du genre. Ce n’est pas rien lorsqu’un auteur, ayant quelque chose à dire, trouve les moyens de s’exprimer de manière tantôt relevée, ou puissante, ou délicate …  en usant de tout ce qu’offrent les palettes stylistiques et rhétoriques. Bien écrire n’est pas affaire d’esthétisme, du moins pas uniquement. Cela consiste plutôt à travailler la matière verbale de telle sorte qu’elle exprime la chose ou l’idée de manière « optimale », comme en un vers où aucun mot ne peut être changé sans que le sens n’en soit altéré, voire amoindri ou faussé.  La conformité à l’usage, aux règles, aux dogmes grammaticaux en peut prendre pour son rhume. Il y a longtemps, par exemple, qu’un Hugo a mis le « bonnet rouge au vieux dictionnaire. » Catalano, pour sa part, semble y introduire des mots plutôt récents, que le narrateur et les personnages de son histoire, à mon avis, ne pouvaient ni connaître ni utiliser. Le mot « uchronie » est un néologisme récent. Le jeune narrateur qui accompagne le père Pier l’utilise néanmoins. De même, si je ne m’abuse, le mot « surréel » n’a cours que depuis l’avènement du surréalisme et la « résilience », telle que l’entend le narrateur (personnage du dix-septième siècle), existait sans que le concept toutefois n’ait encore vu le jour.

Dans un récit aussi parfaitement mené, où tant de passages sont saisissants, où tout est parfaitement maîtrisé, où l’écriture éblouit, il y a lieu de s’étonner devant de tels anachronismes. La célèbre montre déparant le film Ben-Hur est un détail infime qui fait outrage au bon fonctionnement de cette fiction. Le lecteur décroche ou manifeste une certaine réticence lorsque dans la nouvelle de Catalano, pour rester dans le domaine du cinéma, il est question d’un « arrêt sur image », de « guérilla » (le mot apparaît à l’époque des guerres napoléoniennes) ou de « phobie » et de « double contrainte psychologique ».

Ce sont des peccadilles, me dira-t-on, ce à quoi j’ajouterai qu’il se pourrait fort bien que l’auteur ait eu conscience des entorses qu’il faisait subir « aux temps » de ces différents mots. C’est écrit en quatrième de couverture : « Le temps se révèle à la fois sujet, personnage et narrateur des sept nouvelles qui composent cet assemblage de textes ludiques. » Peut-être Francis Catalano a-t-il voulu nous jouer un tour, nous adresser des clins d’œil, faire fi de la vraisemblance en introduisant un certain tremblement ironique dans le déroulement du temps. C’est ce que suggère sans doute le passage où apparaît le mot « uchronie » : « En pareilles circonstances, tout se passait comme si, en Iroquoisie, l’enfer était ici. Et comme si la Huronie, à tout prendre, n’était rien de moins qu’une uchronie qui avait mal tourné. Une uchronie métamorphosée en anachronisme, voire, dans le meilleur des mondes, en une utopie sans héros. » Ce passage à lui seul, dans sa richesse (ses références littéraires, savantes et philosophiques) ou si l’on préfère son intertextualité, témoigne de la densité du discours de Catalano, de l’intelligence qui y préside. Ajoutons que ce récit analyse de manière convaincante le phénomène de la torture. Il met en vis-à-vis les « méthodes » employées par les Blancs dans l’exécution des supplices qu’ils infligent et les méthodes des « Barbares ». Il y a là des idéologies fort différentes. Je n’entre pas dans les détails de l’analyse de la torture telle que réalisée par le père Pier. Je me borne à souligner que la sauvagerie n’a jamais été uniquement le fait des « Sauvages ». Le sort réservé à ces derniers par les conquérants européens a encore les répercussions que l’on sait aujourd’hui. Les cadeaux contaminés jadis offerts aux « Sauvages », « vecteurs de maladies infectieuses », ont accompli leur œuvre de destruction, d’éradication. « Manteaux, mitasses, bonnets », les autochtones en ont joui durant un court laps de temps, puis en sont morts.

Je ne cite pas les très beaux passages de cette nouvelle. Ils sont nombreux. Notre auteur, j’insiste sur ce point, est un écrivain de talent. Il atteint des sommets.

Les autres nouvelles du recueil étonnent. Elles diffèrent des premières, en conservant chacune néanmoins la signature de leur auteur, son idiosyncrasie pourrait-on dire. Son écriture est faite de diversité, d’un goût prononcé pour l’expérimentation. L’auteur ne ment pas lorsque dans sa brève présentation, en fin de volume, il confesse aimer « expérimenter en littérature. » Phrase suivie de cet aveu tout aussi éclairant : « Je n’aime pas les choses trop prévisibles. » Or justement, aucune des nouvelles de ce recueil n’est prévisible. De l’une à l’autre, l’auteur saute, et nous avec lui, d’un sujet à un autre, d’une « invention » à une autre. Passons rapidement en revue le reste des nouvelles. Nous constaterons à quel point Catalano parvient constamment à se renouveler.

La nouvelle suivante, « Errer comme dans un musée », est moins une nouvelle qu’un essai, une méditation. L’auteur pose son regard sur le regard que l’on pose sur les œuvres dans un musée : « S’asseoir devant l’œuvre. Regarder son propre regard regarder des images se conserver dans ceux de la multitude. » Le musée est lieu de conservation, la multitude y vient regarder ce qui la regarde de près (« Se regarder et être regardé, c’est être le miroir de l’image dans le tableau »). Voici, à condition que c’en soit une, une nouvelle dont le personnage principal est anonyme, abstrait, innommé. Aucun pronom personnel ne l’identifie, mis à part, dans une formule vague, un indéfini pronom démonstratif référant à une non-personne correspondant à la multitude qui se présente au musée afin de regarder des œuvres d’art : « Être celui qui est adoré, dans un non-temps, un non-lieu, repoussé dans le tableau. » L’action, si action il y a, se limite à cette déambulation stationnaire qui est celle de qui s’assied sur un banc afin de contempler l’œuvre, puis se lève et change de salle, allant ainsi d’œuvre en œuvre. Les verbes sont conjugués à l’infinitif : « Concentrer son regard […] Être touché et ne pas toucher […] Voir ces figures en contre-plongée […] Être regardé par la toile dans le blanc des yeux … » Dans cet écrit théorico-ludique, Catalano s’amuse assez sérieusement à examiner, voire analyser ce qu’il appelle « la mission du musée ». C’est là du reste le leitmotiv de son texte. À cinq ou six reprises, le narrateur définit cette mission du musée. À la fin, variation sur le thème, « la mission du musée » engendre « l’omission de l’usé. » On le voit, l’auteur joue avec les mots. Du reste, son humour se manifeste également dans d’autres textes du recueil. « Errer comme dans un musée » fait songer au travail qu’on accomplissait dans les défuntes revues littéraires, comme la Nouvelle Barre du Jour, Tel Quel ou l’Infini. De plus récentes, que je ne connais pas, ont sans doute pris le relais.

Avec « L’ancêtre d’Ernest », l’auteur réalise encore une fois un véritable tour de force. Je ne résumerai pas cette nouvelle. Je me contente de dire qu’il va de soi qu’elle est à nulle autre pareille, qu’elle se distingue de tout ce qui dans le recueil la précède ou la suit. Tour de force vertigineux, l’auteur structure habilement son récit. Il imagine une histoire qui ressemble à « un dessin d’Escher ».

La nouvelle qui donne son titre au recueil, « Qu’il fasse ce temps », est un magnifique poème en prose, presque une prière. Lui fait suite un texte étonnant. On y lit cet exergue. C’est une citation de Pier Paolo Pasolini (tiens ! Pier, comme le religieux torturé de « Monde nouveau ») : « À quoi bon réaliser une œuvre quand il est si beau de la rêver seulement. » Dans ce texte, Catalano se conforme à ce programme. Avec « Une plage de propositions », il nous livre un ensemble de notes relatives à une œuvre qu’il pourrait éventuellement rêver d’écrire. Dans cette œuvre, il y aurait un personnage nommé Tex (tiens ! comme dans la première nouvelle). Tex fait moins songer à Tex Lecor qu’à monsieur Test ou la notion de texte : « Ce traitement de Tex par le texte lui-même … » Tout cela, il va sans dire, est brillamment écrit. Le lecteur à qui presque rien n’est raconté s’intéresse à ce curieux personnage, sur la nature duquel il serait à propos de réfléchir. Tex est une manière de non-être qui habite un univers quelque peu virtuel, sans doute irréel.

Qu’on me laisse enfin le loisir de décevoir le lecteur ou la lectrice qui m’auront accompagné jusqu’ici. Qu’il me soit permis de les laisser sur leur faim. Je veux terminer ce billet en ne disant rien au sujet du magnifique morceau qui clôt le recueil. Même son titre, j’évite de le mentionner. Ce texte, autre tour de force réalisé par Francis Catalano, est une pure merveille.

« Un livre fermé, bloqué avec ses confrères sur les rayons d’une bibliothèque, c’est blanc. Que des pages inactivées, que des arbres qui défilent tout le long de la route et sur lesquels aucun pinson ne chante ni ne vient se poser. »

Ouvrir « Qu’il fasse ce temps », à coup sûr, c’est découvrir davantage qu’un simple petit pinson.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

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