Thomas Mainguy : Crépuscules admirables : Essai : Les Éditions du Boréal : Collection « Liberté grande » : 2022 : 120 pages

À propos de ce livre de nécrologies, à la toute fin de ce commentaire, j’exprimerai un seul regret, lequel s’empressera de se retourner comme un gant, exprimant alors quelque chose de comparable à un tout léger chagrin. En conséquence de quoi, sur chacun des tombeaux que nous offre l’auteur, une fleur sera déposée. Que dis-je ? Une gerbe de fleurs.

Soyons sérieux. Cet ouvrage nous y incite. Tant il brille par sa rareté. Les qualités qu’on y rencontre me semblent peu communes. Mais il se pourrait, en réalité, qu’elles soient davantage répandues que je ne l’aurais d’abord pensé. En effet, je m’avise que notre auteur ne fait pas bande à part. Il a participé à une impressionnante aventure collective, celle des cahiers littéraires Contre-jour. Il faisait, avec entre autres Étienne Beaulieu, partie du comité de rédaction de la revue. On y pouvait lire à l’occasion des textes d’écrivaines et d’écrivains aussi solides qu’une Frédérique Bernier ou un Antoine Boisclair, poète et brillant prosateur dont le récent essai, Un poème au milieu de la nuit, paru au Noroît, m’a vivement impressionné tant par la qualité de ses propos que par son écriture sans faille aucune, stricte et rigoureuse, je devrais dire juste. Je nomme ici quelques auteurs, à défaut de les avoir tous lus, n’ayant eu vent que trop tardivement des activités de ces cahiers, grâce à Yves Laroche dont les œuvres visuelles illustraient le numéro de l’hiver 2017. Tout cela pour dire qu’il se pourrait que les qualités rencontrées dans les Crépuscules admirables de Thomas Mainguy se retrouvent aussi chez quelques-uns et quelques-unes des auteurs et autrices de sa génération. Si tel est le cas, nous n’avons qu’à nous en réjouir, ayant à nous mettre sous la main des ouvrages tout à fait remarquables. Une telle multiplication de la rareté, si elle se trouve, n’enlève rien à l’essai dont il sera ici question.

Dès la première page de ces « nécrologies », c’est le sous-titre de l’essai, s’immisce en nous la certitude qu’elles répondront véritablement à nos attentes. Pour peu que nous soyons friands d’une écriture axée sur la rencontre de la lettre et du vivant, nous serons comblés, car un homme ici s’adresse directement à nous, un peu comme si amicalement il nous faisait parvenir une lettre, mais une lettre où la spontanéité ne laisserait nulle place au laisser-aller, où elle serait plutôt le résultat d’un certain travail sur la langue, lequel travail favorise ce que l’on pourrait appeler la spontanéité de la lecture, c’est-à-dire un contact immédiat avec cela qui se joue dans les mots et les idées.

Une telle expérience s’offre à nous à travers la lecture d’un certain type d’essais. Je parle ici d’essais littéraires et tout particulièrement de ceux traitant, comme c’est le cas ici, de littérature, d’écriture, poésies, romans, essais, etc. Lorsqu’un auteur entreprend d’écrire, comme on le fait justement dans un carnet, je songe à ceux d’André Major, il nous fait entrer dans son cabinet de lecture, dans sa bibliothèque, dans sa tête et dans cela que sa vie a de plus authentique, car un littéraire n’est pas un être faux, mais une personne qui s’est construite tout particulièrement dans son rapport aux œuvres dont elle s’est abreuvée et nourrie, ces œuvres révélant en quelque sorte des quintessences de vie qu’elle a tôt fait d’intégrer à sa propre personnalité.

Il entre dans cette maison de l’être une collectivité d’êtres grâce à laquelle se développe une personnalité qui en fin de compte est propre à chacun. Ce type d’essai s’apparente à la poésie dans ce qu’elle a de plus libre, mais la poésie n’a pas la liberté de ne pas être libre. La plupart des poètes étant contraints par la nécessité qu’elle semble leur imposer de se dégager d’un langage commun, dont le caractère premier serait celui d’une relative transparence. Évidemment, il y aurait lieu ici de nuancer. Ce que je tente d’exprimer, c’est que le souci d’art qui se rencontre chez les essayistes leur donne peut-être davantage les coudées franches. C’est du moins ce que semble suggérer le titre de la collection où paraît l’ouvrage de Mainguy : « Liberté grande ». Il s’agit ici sans doute de la liberté que s’accordent certains créateurs, qui ne s’empêtrent pas de répondre en toute conformité à des règles similaires à celles en vigueur dans certaines formes d’expression littéraire. L’écrivain qui s’adonne à l’écriture du roman dans ce qu’il a de plus ordinaire obéit à des conventions ou se doit de ne pas leur obéir. Mais je m’embourbe. Il va sans dire qu’une certaine liberté peut se rencontrer dans toutes les formes d’expression littéraire.

L’essai littéraire, en tout cas, jouit à mes yeux d’un prestige tout à fait particulier en cela qu’il nous met aux premières loges de l’action littéraire, dans la mesure où il est lui-même, comme c’est le cas avec ces Crépuscules admirables, le fruit de rencontres avec ce que d’autres humains ont vécu, pensé, écrit ou créé. Et lorsque l’essai est littéraire, sans pour autant référer à des œuvres littéraires ou des parcours d’écrivains, s’il se borne à la pure et simple méditation de l’écrivain solitaire sur son île, de tels écrits sont eux aussi semblables à la lettre écrite en toute intimité par un inconnu qui du seul fait de son écriture devient l’un de nos proches, devient un être dont la présence nous enrichit par la seule vertu de son témoignage. C’est là une affaire de partage. Ce type de générosité se rencontre dans le travail de Mainguy.

L’écrivain a conçu un essai en douze temps. Il propose de courts chapitres correspondant à de profondes méditations sur la mort. Elles ont chacune pour centre et sujet un écrivain ou une écrivaine. Manguy saisit l’existence de ces derniers dans leurs tout derniers moments ou sinon dans ce rapport de toujours qu’ils entretiennent avec la mort. Son travail emprunte à la biographie, mais en toute liberté et sans rechercher l’exhaustivité, l’encapsulage d’un parcours en quelques pages seulement. Son propos est ailleurs. Il témoigne de ses lectures. Tente de faire ressortir des œuvres ce quelque chose de particulier qu’elles lui ont livré. Dans la note liminaire, il précise ses intentions : « Ce livre n’existerait pas sans la promesse à l’origine de tout acte de lecture, c’est-à-dire faire naître une amitié, comme l’a si bien montré Jacques Brault au fil de son œuvre. Des amitiés qui se confirment ici par l’écriture de courts textes où, en ébauchant le portrait de l’auteur, j’engage une méditation sur son œuvre et, par un effet de télescopage, sur la littérature et la présence au monde qu’elle favorise. »

Ces douze méditations s’articulent autour des écrivains suivants : Marie Uguay, Marguerite Yourcenar, Louis-René des Forêts, Primo Levi, Arthur Buies, Robert Walser, Louis Hémon, W. G. Sebald, Catherine Pozzi, Stefan Zweig, Jean Follain, Jules Supervielle. On croirait à tort que ces nécrologies ont quelque chose de sombre et de macabre, qu’elles font montre d’une obsession ou d’une fascination malsaine. Au contraire. Il n’y a ici que du vivant. La quatrième de couverture dit vrai : « Lecteur délicat, l’essayiste qui les regroupe ici, soutenu par les amitiés nées dans l’acte de les lire, a longuement fréquenté les œuvres de ces disparus et, dans les profondeurs crépusculaires de leurs textes, il a réussi à attraper les clartés qui les pénètrent, parfois les déchire, et qui l’ont ébloui. »

Sa lecture ne s’est cependant pas bornée à celle des textes de ces disparus. Leur existence, du moins des moments de celles-ci, est évoquée, se conjuguant ainsi avec les œuvres, la vie et celles-là recelant des points communs, des passerelles forcément les réunissant. On trouvera conséquemment de l’anecdotique dans ces nécrologies. Ces petits moments de vie, de grâce parfois, où souvent l’on traverse des épreuves, se retrouvent au cœur de plusieurs méditations, pour ne pas dire dans chacune. La maladie de Marie Uguay attriste; la gourmandise de Follain fait sourire ; les amours contrariées de Pozzi ont de quoi perturber notre esprit; en mourant Zweig dénonce les horreurs que l’on sait, auxquelles d’autres ont fait suite, si bien qu’à la radicalité de l’adieu de l’écrivain autrichien d’autres répondent encore aujourd’hui. Un tel s’aventure dans les neiges et décède. L’autre est happé par un train. Marguerite Yourcenar, sourire aux lèvres, ouvre à tout un chacun le porte de son jardin. On y boit du thé. On parle sans doute de tout et de rien, et probablement surtout de littérature, de nature et de voyages. Ces anecdotes ajoutent de la vie aux méditations de l’auteur. Du reste, il ne se prive pas d’inscrire sa propre quotidienneté au cœur de ses réflexions. On le voit au volant de sa voiture, en compagnie de son amoureuse et de leur enfant. Le petit prince et le renard de Saint-Ex agrémentent le trajet; le Cd est mis pour la fillette, il nourrit néanmoins la méditation à venir, consacrée cette fois à la vie et l’œuvre de Louis-René des Forêts.

On le constate à travers chacune des méditations, Manguy a beau être un fin connaisseur, assurément grand dévoreur de livres, il n’écrit pas froidement, de manière désincarnée, comme si parce que savant, il feignait de ne pas exister, ou n’existait qu’à l’état d’un cerveau détaché de la vie, analysant les textes en recourant à des mécanismes ou de simples grilles de lecture (ces dernières sont en réalité souvent très complexes, pour ne pas dire compliquées). Je l’ai mentionné plus haut, un homme ici s’adresse à nous. Cet auteur a beau mettre sa plume au service des œuvres qu’il commente, les connaître par cœur, c’est-à-dire, comme il l’explique, les garder tout contre lui, les serrer contre son cœur, en présentant ceux et celles qui sont devenus au fil de ses lectures ses véritables amis, il devient lui-même en quelque sorte notre ami, l’ami de ses lecteurs. L’acte de lecture, ainsi qu’il l’écrit dans la note préliminaire, à l’instar de ce qu’a montré l’œuvre de Jacques Brault, fait « naître une amitié ».

Nous aurons beau lire cent fois Les Misérables de Hugo, Jean Valjean pour énorme que soit son humanité ne devient pas notre ami, pas plus que la pauvre Emma de Flaubert dont nous déplorons le destin. C’est plutôt avec les auteurs de ces romans que nous entretenons des liens affectifs. Hugo en tant qu’auteur de ce monumental roman est en quelque sorte perçu tel qu’en lui-même. À travers son roman et, bien entendu le reste de son œuvre, sa pensée, son sentiment nous rejoignent. Et quant à ce bon vieux Flaubert, sa correspondance aidant, nous nous en faisons une image qui trait pour trait lui ressemble. Idem pour les auteurs que Mainguy a rencontrés et dont il nous fait cadeau. On a beau connaître certains d’entre eux, leur être déjà fidèles, nous renouons avec eux grâce à la plume de Mainguy. Et comme je le laissais entendre, nous nouons peut-être de manière tout aussi importante une nouvelle amitié avec l’auteur lui-même, car sa parole nous le rend présent et désormais nécessaire, sans oublier de mentionner que son verbe nous séduit amplement.

Je m’arrête à cette séduction afin de dissiper immédiatement un possible malentendu. Lorsque l’on vante l’écriture d’un auteur, son cas pour certains est rapidement réglé. L’auteur leur paraît être un esthète, or ce que produit un esthète n’a souvent de valeur que sur le plan de l’esthétique. Qu’on songe aux poètes parnassiens, tous plus ou moins suspectés, du moins depuis Baudelaire et les symbolistes de n’être justement que des orfèvres, certes d’excellents versificateurs, mais de bien pauvres poètes. Quant à la belle formule, elle ne serait bien souvent qu’une coquille vide. Nulle substance ne l’habite. Tout ce qui brille n’est pas or. On se souviendra du reproche qu’Aragon adressait à un très brillant Cocteau. Le singulier Cocteau devenait, une fois mis au pluriel, assimilable à des cocktails mondains. Un cocteau, des coktails ! Ou encore, l’excellent écrivain abrite un grammairien qui maîtrise tous les éléments du beau langage, la syntaxe, le lexique, et s’en tient au bon usage qu’il parvient cependant à élever de plusieurs crans. Il n’a rien à dire, mais il le dit très bien. Bref, on méprise le styliste, jugé inapte à parler de manière vraie et authentique. Le faiseur de haut niveau n’impressionne tout bonnement pas.

Mais voilà, bien écrire, ce n’est rien de tout ça. Le bien qui abonde chez Manguy, il faut bien entendu le situer à l’intérieur des paramètres mentionnés ci-haut, mais l’on ne peut se limiter à eux seuls. Notre homme évidemment connaît son alphabet. Musicien, on dirait  de lui qu’il a fait ses gammes, que sa main en se posant sur le clavier est tantôt forte, tantôt habile, qu’elle sait rendre la douceur et la tendresse avec un égal bonheur. Bref, Manguy écrit bien dans le sens qu’ordinairement l’on entend par « bien écrire ». Mais il y a plus. Davantage que les nombreux bonheurs d’expressions qui se rencontrent dans ses écrits, que les formules bien tournées. Il y a que ces bonheurs et ces formules sont parfaitement adaptés à son propos, que son style et le ton qu’il adopte, sa manière quasi légère d’effleurer le drame de la mort, de fixer cette dernière, j’allais dire droit dans les yeux, il y a que cela forme un tout où l’expression est indissociable de ce qu’elle communique. Cela peut sembler banal, et sans doute est-il difficile, pour moi en tout cas, de préciser en quoi cette adéquation du mot et de la chose peut sembler rare, car elle l’est effectivement.

Afin de me dépêtrer de la posture d’impuissance où je me trouve alors que je tente de dire ces choses, je pourrais me rabattre tout simplement sur le raccourci que représentent des rapports d’équivalence, je veux dire des comparaisons que l’on peut faire entre différents auteurs. Ces comparaisons peuvent éclairer. Je me souviens, sans pouvoir apporter ici quelque autre précision, avoir lu d’aussi belles pages chez de très grands auteurs. Il se trouvait dans leurs écrits un mélange de précision et d’inventivité langagières. La lecture que je faisais de leurs écrits combinait l’agréable d’une légèreté aérienne à la gravité naissant de pensées sombres et plus denses. Pour simples qu’elles fussent, les phrases par la variété de leur tour contribuaient à engendrer le charme que j’ai dit. Chacune d’elles exprimait une idée facilement identifiable et pourtant à mille lieues de tout lieu commun. Les lisant, je m’élevais. On rencontrait dans leurs écrits ce qui correspond au fond à ce vieil idéal classique qui consiste à instruire tout en divertissant. Il n’est pas dit que le divertissement corresponde forcément à une perte de temps. Quand je lis les essais littéraires de Pontalis, j’y prends plaisir, mais j’en retiens aussi quelque chose. Enfin, à ce jeu des comparaisons, Manguy a tôt fait de monter en grade et en estime. Il est un penseur profond doublé d’un impressionnant prosateur.

Enfin, cela dit, comme chaque fois que je lis un livre admirable, ce qui est loin d’être si fréquent, au moment de conclure le billet que je lui consacre, j’ai conscience de n’avoir à peu près rien dit à son sujet. Et ce n’est pas là une figure de style, une manière d’autocatégorème. Par exemple, j’ai omis de mentionner les qualités, la rigueur de construction qui entre dans la composition et l’ordonnance de ces nécrologies. Les lecteurs et lectrices constateront le brio de cette composition, les fins liens qui unissent les méditations entre elles, à la manière de subtiles passerelles assumant justement notre passage de l’une à l’autre. Ce sont des jeux rigoureux, qui font les mots, utilisés en tant que titres des textes, réapparaître plus loin au début des brefs poèmes intercalés entre chaque morceau. Par exemple, le texte consacré à Marie Uguay s’intitule « Un glissement ». Les mots de ce titre sont repris au tout début du poème qui fait suite à cette première nécrologie. « Un glissement, une inflexion / du cœur qui refuse de vivre / et sans l’amour, et sans la joie / qu’il faut chaque jour davantage / au prix d’humiliations vives / regagner par la voie abrupte. »

Donc, reprises des mots. On l’aura compris, je le répète, le titre du texte en prose est repris dans les premiers mots du poème. Voilà. Mais ce n’est pas tout. L’encadrement est encore plus solide si l’on peut dire. En effet, ce poème en se terminant par « la voie abrupte » offre le titre du morceau suivant. Ce sera « La voie abrupte » et le texte portera sur l’aventure, le passage parmi nous et le trépas de Louis-René des Forêts. Ce processus sera constamment repris jusqu’à la fin de l’ouvrage. C’est dire la part de jeu et de créativité de cet ouvrage dont le sérieux pourtant ne peut jamais être mis en doute.

Sur ce, je puis maintenant mettre un point final à mon commentaire. On aura compris que cet essai est un ouvrage majeur. J’en recommande très fortement la lecture.

  • Et vos réticences, monsieur ? Vos réserves ? Celles que vous annonciez au début de votre billet.
  • J’allais les oublier.
  • Nous, pas. Nous les attendions avec curiosité.
  • Eh bien ! Réserve est un bien grand mot. Le gourmet devrait rechercher la qualité et non la quantité, cela je le sais, j’en suis conscient. La gourmandise serait un péché véniel. On le prétendait du temps de mon enfance. Je fais acte ici de contrition. À celui ou celle qui offre le plat, on doit se contenter de dire merci. Si le gourmand se plaint qu’il assume seul le blâme de son insatisfaction.
  • Je ne vois pas où vous voulez en venir.
  • À ceci. Il arrive qu’une assiette de très fine cuisine nous laisse sur notre faim. Elle a beau avoir été suffisamment garnie, nous en réclamons une seconde. C’est de la pure gourmandise. Je me reproche d’être gourmand, voilà tout.
  • Trêve de métaphores, si je vous comprends bien, ce livre vous a laissé sur votre faim.
  • Non, ce n’est pas le cas. Mais il est vrai qu’une fois parvenu à la dernière page, quelque chose en moi éprouvait une sorte de chagrin. Le charme rompu, j’ai refusé de m’en tenir à cette fin. Je réclamais une suite, de nouveaux morceaux. C’était faire fi d’une leçon que nous offre la littérature, à savoir qu’un livre lu n’a jamais de fin quand il est excellent. Autrement dit, on l’apprécie davantage lorsqu’on le relit. En attendant le prochain ouvrage de l’auteur, je me replongerai donc dans la lecture de ses Crépuscules admirables. Au pied de chacune de ces douze pierres tombales, je dépose maintenant un bouquet. Outre ma reconnaissance, on peut voir dans ce geste le témoignage de ma plus vive admiration.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

2 commentaires sur « Thomas Mainguy : Crépuscules admirables : Essai : Les Éditions du Boréal : Collection « Liberté grande » : 2022 : 120 pages »

  1. « Ce type d’essai s’apparente à la poésie dans ce qu’elle a de plus libre, mais la poésie n’a pas la liberté de ne pas être libre. » « Le singulier Cocteau devenait, une fois mis au pluriel, assimilable à des cocktails mondains. » Cet ouvrage m’a semblé te faire travailler fort, du moins c’est mon cas en te lisant. Je me suis récompensé avec ces quelques pirouettes!

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