Michel Lord : 25 ans de nouvelles québécoises par ses meilleurs nouvelliers et nouvellières (1996-2020) : Essais littéraires : 2022 : 344 pages

Le propre de l’ouvrage de vulgarisation est de rendre accessibles des réalités dont le commun n’a pas idée. S’agissant de l’univers de la nouvelle, ce qui sépare le premier venu du spécialiste est évidemment moins considérable que ce qui sépare le rêveur contemplant la Voie lactée de l’astrophysicien sondant sans relâche les recoins les plus éloignés de l’univers.

On a tous déjà lu au moins une ou deux nouvelles, ne serait-ce qu’à l’école ou au collège. Il arrive que les journaux ouvrent leurs pages à des écrivains. Ils ont carte blanche; c’est Noël ou la Fête nationale du Québec, les histoires courtes sont les bienvenues.

On sait que les nouvelles ressemblent à des contes, le merveilleux en moins. Quoique, on le verra, de nombreuses nouvelles font encore la part belle au merveilleux et à l’étrange. Aujourd’hui, on ne raconte plus les histoires d’antan à la veillée, au coin du feu. C’est que le monde est devenu moderne, les fées l’ont en grande partie déserté, la Belle au bois dormant s’est endormie et nul baiser plus jamais ne la sortira de sa torpeur. Quoique tout est encore possible dans le vaste petit monde de la nouvelle.

Les nouvelles sont brèves, elles semblent proposer ce que proposent les romans, mais en condensé. De la comédie humaine où dans les romans s’agite la foule, on passe à un, deux ou trois personnages. Des mille et un faits relatés par le romancier ne reste chez le nouvellier qu’une mince gerbe d’actions.

En gros, ce sont là les idées que, règle générale, on se fait de la nouvelle. Comme elle est plus petite que le roman, on a souvent tendance à la minorer, à la déconsidérer, voire la mépriser. Ceux qui ne savent faire grand font petit. C’est ce qu’on croit. Ce sont là, bien entendu, des préjugés que ne partagent pas les lecteurs de nouvelles, qu’ils soient de « simples » lecteurs ou de grands « érudits ». Certains parmi ces derniers soutiennent qu’il est plus difficile de faire petit que grand, que l’art de la miniature requiert autant sinon plus de doigté que celui présidant aux longs débordements romanesques. À la recherche du temps perdu dans un dé à coudre. La fin de Satan tenant tout entière dans un haïku. La nouvelle peut sans doute relever de pareils défis. Elle a en tout cas de quoi surprendre.

Avec Michel Lord comme guide, on entreprend un périple embrassant plus large que les seules vingt-cinq années annoncées dans le titre. C’est que le quart de siècle qu’il revisite a pris naissance à même un terreau riche où tant et tant de nouvelles plongent profondément leurs racines. Des liens sont mis en évidence par le spécialiste, liens souvent très étroits entre les auteurs qu’il présente, c’est le cas par exemple d’une Aude dont l’influence a été grande sur ses pairs, liens également avec les auteurs du passé, européens, français surtout, américains souvent. Il n’est pas rare que Michel Lord fasse des rapprochements, indique des parentés, des filiations, des dettes évidentes, conscientes la plupart de temps et revendiquées comme telles de la part des auteurs et des autrices. Cette façon de procéder met les différents ouvrages que recense le critique en perspective, les situe en faisant valoir ce qui les unit à la toile de fond du passé; Lord met ainsi en valeur non seulement les œuvres d’aujourd’hui, mais également celles d’autrefois, il ressuscite si l’on peut dire des textes qu’on a tendance à oublier. C’est le cas, par exemple, lorsqu’avec Claire Martin il réfère aux Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé. C’est là un détail, mais qui contribue à étoffer le propos de Lord. Mais l’intention première de ce dernier consiste d’abord et avant tout à ne pas laisser tomber dans l’oubli les œuvres actuelles des nouvelliers et nouvellières qu’il a réunis dans son ouvrage. Ils sont au nombre de 71. Je viens de refermer ce volumineux ouvrage et je peinerais à tous les nommer. C’est dire combien ce travail représente une somme. On ne le lit pas d’un trait, ou si comme moi on le fait, on sait qu’on y reviendra forcément. Notre curiosité aura été piquée. Nous aurons appris un tas de choses, mais attention ! N’allons pas croire que cette somme soit assommante, cette brique se lit facilement.

L’auteur dans une brève introduction déclare ses modestes intentions. Lui qui en la matière est un connaisseur n’entend pas ici produire un ouvrage savant. Il désire plutôt livrer « des textes qui s’apparentent à la critique de consécration ». C’est moins le spécialiste qui s’adresse à nous que l’«amateur » de nouvelles.

Lord a signé des chroniques durant plus de 40 ans dans la revue Lettres québécoises; ce qu’il propose aujourd’hui emprunte au ton de ces chroniques; c’est, dit-il, du « journalisme littéraire ». Bref, le docteur s’adresse ici moins à ses pairs universitaires qu’à ce lectorat, rare, mais qui existe encore, soucieux de lire des ouvrages de qualité, divertissants, et témoignant de ce monde dans lequel nous vivons — la fiction étant, nous le savons, un des moyens mis à notre disposition pour nous brancher sur le monde réel.

Dans les quatre pages de l’introduction ainsi que dans les six de la conclusion, pages que je me plais à relire, Lord synthétise quelque peu son propos. Ce sont des pages qui fournissent de précieux renseignements. Dans les premières sont évoquées les figures tutélaires de Boccace, de Marguerite de Navarre et de Maupassant. Lord identifie la quinzaine de nouvelliers qui « constitue l’épine dorsale du corpus des dernières décennies. » Il nomme Louis-Philippe Hébert, Gilles Archambault, Suzanne Myre, Jean-Pierre April, Jean-Paul Beaumier, Sylvie Massicotte, Donald Alarie, Esther Croft, Hans-Jürgen Greif, Suzanne Jacob, Luc Larochelle, Gaëtan Brulotte, Camille Deslauriers, Christiane Lahaie, David Dorais, Suzanne Lantagne, Claudine Potvin.

Il présente aussi leurs plus illustres devanciers. Parmi lesquels se trouve Albert Laberge, « le plus grand de nos oubliés et offensés ». Qui a lu et relu La Scouine se trouve ici quasiment rappelé à l’ordre. Des neuf recueils de nouvelles de Laberge, il se pourrait qu’il n’en ait lu aucun. Au pays du « Je me souviens », on a la mémoire vacillante. On oublie un écrivain comme Albert Laberge. L’effet que produirait l’ouvrage de Michel Lord ne se réduirait qu’au simple rappel de son œuvre, ce serait déjà beaucoup. Mais il y a plus, évidemment. Et des noms de l’épine dorsale ci-haut mentionnée, peu se sont déjà taillé la place qu’ils méritent dans notre esprit. Lord voit à les y faire entrer et veille à ce qu’ils ne s’en échappent pas de sitôt. Dans son ouvrage, on en compte 71. Il commente 160 recueils écrits par ces derniers. Sur lesquels jettera-t-on son dévolu ? À vrai dire, nous n’avons que l’embarras du choix. Des nouvelles, il y en a ici pour tous les goûts.

Cet univers est extrêmement varié. Un Donald Alarie privilégie la brièveté. Il pratique l’art de la nouvelle-instant : « En un page, un destin est esquissé dans un moment de rare bonheur ou, plus souvent, de malheur. » Lord se permet d’émettre un point de vue personnel, il écrit, toujours au sujet d’Alarie : « il aborde la littérature comme elle devrait toujours l’être : à la fois touchante et tranchante, impitoyable, tout en faisant preuve d’une humanité et d’un humanisme certains. » Une Esther Croft me paraît répondre amplement à cette attente : « Si elle met l’accent sur les difficultés de la vie, Esther Croft témoigne tout de même d’une sensibilité extrême à la souffrance humaine […] le discours nouvellier de Croft demeure porté par une écriture classique, presque blanche qui, dans un sens, euphémise, transcende la lourdeur et la noirceur de ce qui se donne en représentation. »

La figure d’Aude, à maintes reprises évoquée dans le « répertoire » de Lord, apparaît lorsque l’auteur établit un rapport entre le travail de Croft et celui de Claudette Charbonneau — Aude est le pseudonyme de la nouvellière, on le distingue en toutes lettres au centre de son prénom : cl AUDE tte. Encore une fois, l’ouvrage de Lord, après le bref hommage rendu à l’auteur de La Scouine, n’aurait pour seul mérite que d’inciter à lire les nouvelles d’Aude que cela serait déjà beaucoup. Cette dame fait partie, écrit-il, de ce qu’il appelle « les Grands Anciens de la nouvelle au Québec ». Il souligne dès le début du texte qu’il lui consacre qu’elle est la « figure tutélaire de la nouvelle québécoise », qu’elle est « adulée par de nombreux nouvelliers et nouvellières. » Il attribue à sa « sensibilité dépourvue de pathos grandiloquent, alliée à une écriture fine et sobre » le fait qu’on lui ait décerné le prix du Gouverneur général. Si l’on se demande quelle œuvre lire parmi le vaste corpus analysé par le critique, m’est avis qu’il faut d’abord songer aux œuvres de cette nouvellière dont il rappelle à nouveau l’importance dans la conclusion : « figure phare de la nouvelle québécoise depuis 1974, qui a rayonné dans la plus stricte discrétion. » Aude est décédée en 2012.

Les coups de cœur du critique-essayiste sont nombreux. Au sujet d’un recueil de Lise Gauvin, il écrit : « Dire qu’il s’agit d’un recueil remarquable est un euphémisme, Gauvin sachant doser les repères d’une histoire dans les récits d’une facture qui n’a rien de conventionnel. » Cette écrivaine dont l’écriture est également fine et sobre manifeste effectivement un plaisir évident à construire de manière fort élaborée ses récits, c’est du moins ce qui m’a frappé dans son dernier roman. La composition de Et toi, comment vas-tu ? me fait penser à ce que l’on appelle le roman par nouvelles. J’ignorais avant de me plonger dans l’ouvrage de Lord que la chose existât, je l’intuitionnais toutefois et l’avais en partie pratiquée « à mon insu » dans Miron, Breton et le mythomane. Ce terme, je ne le connaissais donc pas. C’est en lisant notamment ce qu’écrit Lord au sujet des nouvelles de Camille Deslauriers que j’ai appris l’existence de ce sous-genre. Bref, une telle chose existe qui a nom de roman par nouvelles.

On le voit avec Gauvin, une nouvelle peut s’avérer classique et moderne à la fois, classique quant à l’écriture, moderne quant à la composition ou si l’on préfère la forme. Certains se montrent fort ingénieux, qui tentent des expérimentations audacieuses. Une Claudine Potvin innove : « Son imaginaire est marqué plus que jamais par certaines postures de refus qui passent avant tout par la forme : celle du mot (refus de la majuscule), de la phrase (refus de la ponctuation, de la syntaxe convenues) et du récit lui-même (refus des canons de la syntagmatique narrative). Ainsi, apprend-on que cette autrice s’inscrit « dans le courant qui donne ses couleurs distinctives à ce que l’on peut appeler l’école de l’Instant même, ‘‘dirigée’’ par Gilles Pellerin et pratiquée aussi de manière exemplaire, entre autres, par Bertrand Bergeron. » Il y aurait beaucoup à dire au sujet de cette école et de ses représentants. Lord mentionne entre autres le recours fréquent chez eux à un procédé qui consiste à écrire au « tu ». Ainsi chez Sylvie Massicote trouve-t-on des « nouvelles rédigées à la deuxième personne du singulier ou du pluriel […] adresses à des êtres qu’on a laissés derrière, ailleurs, et qui ne cessent de nous hanter. »

Mais ce sont des coups de cœur de Michel Lord que je veux parler. Je le rappelle, ces coups de cœur sont nombreux. Il y en a au total 71. Certains résonnent cependant plus fort que d’autres. Suzanne Myre avec J’ai de mauvaises nouvelles pour vous a produit « un ouvrage remarquable. » Lisant l’une de ses nouvelles, Lord songe tant le récit est émouvant au Livre de ma mère d’Albert Cohen. L’écriture de Myre qui est de « facture relativement traditionnelle » est non seulement émouvante, elle est aussi comique par moments. Ses nouvelles, écrit Lord, « se laissent dévorer. » Il en vient à s’exclamer : « Un tour de force ». L’autrice est une préposée aux bénéficiaires dans un hôpital, elle fait partie du 40% des auteurs du corpus de Lord à ne pas enseigner à l’université ou au cégep.

Coups de cœur. Sergio Kokis est « un véritable magicien du verbe. » Gaëtan Brulotte est un remarquable inventeur; un des traits distinctifs de ses nouvelles est l’expérimentation formelle. Il excelle lui aussi dans l’art de faire bref. Lord va jusqu’à se porter à sa défense. En effet, un critique a déclaré que les nouvelles de Brulotte (celles de La vie de biais) étaient médiocres. Lord ne craint pas la polémique. Il écrit : « La simplicité reprochée à l’auteur se trouve peut-être plutôt dans ce pauvre regard critique. »

Ceux et celles qui œuvrent « sous l’aile tutélaire d’Aude », c’est le cas de Christiane Lahaie, sont salués par Lord. Mais ceux qui fraient dans des eaux moins claires sont eux aussi dignes de mention. C’est le cas de Louis-Philippe Hébert, « l’un des écrivains les plus originaux du Québec. » Lord vante « la perfection de l’écriture » de ce dernier. Il célèbre surtout son inventivité, la puissance de son imaginaire, sa drôlerie, la logique à la M.C. Escher de l’univers qu’Hébert « construit sur le mode de la déconstruction »; il vante sa « virtuosité verbale » — Hébert peut « ne conter aucune histoire, tout en en contant mille : « Moi qui ai lu toutes ses œuvres (roman, poésie, théâtre, nouvelles), une trentaine de livres en un peu plus de 50 ans, je me surprends chaque fois à découvrir un nouvel auteur tat il ne cesse de se renouveler. (Tout le contraire du ressassement perpétuel chez Archambault.). Une chose toutefois ne change pas : son goût de l’inhabituel, de l’inattendu et d’une forme moderne de fantastique, de bizarre et d’étrange, sans parler de la grande qualité de l’écriture. » Voilà qui confirme si besoin était ce qu’annonçait Lord dans son introduction, ses textes appartiennent « à la critique de consécration ». Même dans le cas d’Archambault, on n’assiste à aucun massacre d’auteurs. Lord lui consacre de nombreuses pages, souligne la qualité de son « écriture blanche, belle et limpide » pour déclarer finalement que les livres d’Archambault « ne cessent de nous fasciner. »

L’auteur lève aussi son chapeau pour saluer les auteurs et autrices qui s’adonnent à la science-fiction (comme par exemple David Dorais et Nicolas Tremblay), au réalisme magique (Dennis O’Sullivan), au merveilleux (Joanie Lemieux), au fantastique (André Carpentier).

Agnès Gruda, grande journaliste à La Presse appartient à une autre frange. Chez elle l’emporte plutôt l’esthétique réaliste. Avec le « très beau recueil » intitulé Mourir, mais pas trop, elle « a su, nous dit Lord, surmonter ses ‘‘tics journalistiques’’ et [ses] onze nouvelles, empreintes d’une profonde humanité, se lisent sans qu’on s’ennuie un seul instant.

On le voit, il y en a ici pour tous les goûts.

Les lecteurs se promèneront avec aisance et plaisir dans le livre de Lord. Ils y butineront, trouvant çà et là un miel à leur convenance. Ils seront sensibles à certains univers plus qu’à d’autres, les styles, les champs d’intérêt des nouvelliers et nouvellières étant fort divers. Pour faire leur choix, ils se baseront sur les résumés que fait Lord des nouvelles qui parmi les 160 recueils qu’il recense lui ont semblé franchement dignes d’intérêt, représentatives des goûts et préoccupations de leurs auteurs.

Ces résumés, il ne faudrait pas craindre qu’ils aient pour effet d’atténuer le désir de lire les œuvres, car Lord sait présenter les histoires sans pour autant divulgâcher quoi que ce soit quant à ce qu’elles recèlent de plus précieux. En fait, ce qui reste des présentations une fois qu’on les a lues, c’est moins le synopsis des nouvelles qu’une impression générale faisant que l’on retient principalement les noms des auteurs et autrices avec lesquels on se sent des affinités. L’amateur de science-fiction préférera peut-être ne pas s’arrêter aux nouvelles d’une Louise Dupré; André Carpentier l’intéressera sans doute davantage en raison du fantastique dont font montre ses nouvelles.

Voici un livre qui doit se trouver dans toute bibliothèque digne de ce nom. À mon sens, les bibliothèques municipales ou scolaires doivent s’en procurer un exemplaire. Les amateurs de nouvelles consulteront avec bonheur ce répertoire. Les enseignants des niveaux secondaire et collégial s’en inspireront. Les écrivains eux-mêmes y trouveront leur profit. J’y ai fait pour ma part de précieux apprentissages. La bibliographie à la fin du volume me sera d’une grande utilité. Je saurai grâce à elle identifier avec précision les recueils dont j’ai l’intention d’entreprendre prochainement la lecture. On l’aura deviné, je plongerai en tout premier lieu dans les recueils d’Aude, soit Cet imperceptible mouvement et Éclats des lieux.

Ce qui est vrai pour le recueil de nouvelles d’Élisabeth Vonarburg l’est pour l’ensemble des nouvelles que nous présente Michel Lord. Il écrit au sujet de Et autres petits mensonges que ce recueil «ne raconte pas tant des histoires […] qu’il nous met en face de notre destin commun et de nos angoisses les plus réelles. » On l’aura compris, les nouvelles nous permettent de mieux appréhender la complexité de notre condition humaine.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

5 commentaires sur « Michel Lord : 25 ans de nouvelles québécoises par ses meilleurs nouvelliers et nouvellières (1996-2020) : Essais littéraires : 2022 : 344 pages »

  1. Intéressante redécouverte pour moi que celle de ce genre littéraire «mitoyen» qu’est la nouvelle. Comme on disait dans ma jeunesse: «Dans les petits pots les meilleurs onguents».
    L’ouvrage de Lord me semble une belle encyclopédie, un peu trop chargée pour le lecteur que je suis, mais j’aimerais bien quand même y piger une dizaine de ses classiques!

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