Élise Turcotte : À mon retour : Poésie : Éditions du Noroît : 2022 : 112 pages

Lisant À mon retour me reviennent en mémoire La forme du jour, son précédent ouvrage de poésie, ainsi que l’entretien qu’Élise Turcotte accordait à Gérald Gaudet lors de la parution de ce recueil. Cet entretien qu’on a d’abord pu lire dans la revue Exit se retrouve dans Parlons de nuit, de fureur et de poésie, ouvrage d’entretiens littéraires paru en 2021 aux Éditions Nota Bene. Gérald Gaudet y présente l’autrice en disant avoir vu dans La forme du jour « un monde en ruine ou en train d’y sombrer », ajoutant que le « ‘‘je’’ qui s’écrit [y] apparaît tel un survivant, si ce n’est un fantôme qui revient visiter les lieux du désastre. » On peut, comme on le verra bientôt, tirer parti de cette observation. Tout se passe comme si le travail de Gaudet et les propos de la poète éclairaient, comme chez qui part en éclaireur, ce qui allait trouver comme un prolongement dans le nouveau recueil, en quelque sorte des échos développés ultérieurement dans l’œuvre de l’écrivaine.

Ainsi en va-t-il de ces « éléments de narration » dont elle nous entretient. Nous en retrouvons dans À mon retour. Je soulignerai leur importance. Surtout, je m’arrêterai aux images et au tremblé de sens qui les anime pour se propager dans l’âme de qui découvre de telles images poétiques : « Il y a aussi toute une part cinématographique dans mon travail. Je vois des images, je produis des images. On dirait qu’il me faut écrire des tableaux pour engager le sens sans le fixer. »

Cette mise au point d’Élise Turcotte permet de saisir la nature de son projet poétique. Avec ses images, la poète n’impose aucun sens. Libre aux lecteurs d’en disposer à leur gré, selon leur bon vouloir et leur possible implication dans le processus de recréation qu’est la lecture. Turcotte est claire sur ce point : « Je ne crois pas d’ailleurs qu’on écrive avec des idées, on écrit avec des images. » Qui cherchera des idées dans ses recueils devra donc se débrouiller seul. Certes, elles ne brillent pas par leur absence, mais le dispositif fourni par la poète ne les expose pas au grand jour. Elles sont en quelque sorte tamisées. Du reste, elle avoue qu’elle ne désire pas éclairer les significations de ses écrits poétiques. « Habituellement, je n’explique pas mes poèmes. » Ce serait, on l’aura compris, « fixer » du sens, immobiliser, arrêter le mouvement du poème.

Puis, dans un tout autre contexte cependant, mais, peu importe, la poète ayant parlé de « montage », Gaudet établit un lien entre le « monde fragmenté » et le poème.  Le monde du poème serait fragmenté, tandis que celui du récit serait le monde du « lien ». Il évoque alors un risque : « Mais à toujours écrire la fragmentation, à dire le monde comme fragmentation, n’y a-t-il pas danger de perdre le fil, le centre, le sens ? Est-ce qu’il y a du sens qui malgré tout émerge de cette fragmentation ou à travers elle ? » La poète répond qu’elle produit toujours des recueils structurés, et non des florilèges. Tout ceci m’apparaît important dans la mesure où À mon retour ne peut de toute évidence échapper à cette volonté exprimée par l’autrice de toujours privilégier « l’unité dans mes poèmes parce que je les ai toujours travaillés comme des livres. » Il n’était pas nécessaire pour s’en convaincre de lire ces propos; À mon retour suffit à nous persuader quant à sa cohésion. N’empêche, il est bon d’obtenir cette forme de confirmation, cet aval de l’autrice autorisant, bien qu’on se fût tout de même arrogé soi-même cette liberté, de lire son œuvre en tentant, alors que ses significations sont multiples, de lier avec le plus de cohérence possible la gerbe de sens que notre lecture peut y glaner.

Avant d’entreprendre cette lecture, où l’on s’aventurera en gardant présentes à l’esprit les confidences de la poète, je veux une fois encore référer à l’entretien accordé à Gaudet. À la fin de cet entretien, bien que conscient de l’impossibilité de la tâche que cela représente, l’intervieweur demande à la poète une définition de la poésie. « C’est la liberté », répond-elle. « Le poème est la forme du jour. » Et de préciser alors le fond de sa pensée : « comment donner du sens au monde alors qu’il est en train de se désintégrer ? Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce qu’on a le droit ? Oui, en donnant une forme à la douleur. »

La « désintégration », nous voici revenus à la case départ, au monde en ruine dont parlait Gaudet, au désastre. On en voudrait à ceux et celles qui écrivent de ne pas avoir de suite dans les idées ou dans leurs images si l’on préfère. Qu’une poète s’avance plus avant dans sa quête, quitte à revenir sur ses pas, à changer de cap, son cheminement se fait toujours, qu’il soit de l’ordre de la rupture ou de la continuité, dans la poursuite de son aventure initiale. Je ne replongerai pas dans La forme du jour afin d’établir entre celle-ci et À mon retour de possibles relations, qu’elles soient de ruptures ou de continuation. Cependant, il me plaît de parcourir le nouveau recueil en me servant pour ce faire du bâton de marche que m’offre l’entretien Gaudet-Turcotte. Un tel appui n’a rien de négligeable.

Commençons par de toutes simples impressions de lecture. Commençons justement par la simplicité. Il y a dans l’écriture de Turcotte une étonnante limpidité. Étonnante, parce que dans sa luminosité elle se joue, bien que la maintenant comme sous le boisseau, de toute forme d’opacité. La parole semble couler de source, ne s’opposer en rien à sa saisie. Malgré sa gravité, elle est toute légère. Souffle aérien se plaisant à effleurer le réel. Comme en rêve, pourrait-on dire. Ainsi, cela paraît-il à première vue paradoxal, à savoir que des mots de tous les jours, disant en quelque sorte le quotidien de tout un chacun (le quotidien « intérieur »), témoignent de tant de profondeur, expriment une complexité du monde qui soit à ce point déroutante. Opacité translucide. Cette perplexité que l’on peut ressentir en voyant les mots de Turcotte posés tout délicatement sur les pages de son livre, il faut la rattacher au processus qu’opère en nous l’engendrement de l’image, sa perception, l’impression toute subjective qui possiblement peut s’en peut dégager, car, on s’en souviendra, ce ne sont pas des idées que la poète propose, mais bel et bien des images. Il est dans l’ordre des images que celles-ci apparaissent peu ou prou comme des énigmes qu’il faut alors tenter de solutionner ou se résoudre à prendre pour telles, c’est-à-dire des énigmes dont les clefs ne nous seront pas ostensiblement offertes. C’est là sans doute ce à quoi référait Gaudet lorsqu’il mentionnait le risque de la fragmentation du poème, car fragmentation il y a lorsque dans un poème se suivent sans lien apparent, je dis bien « apparent », des images entre lesquelles on ne voit pas immédiatement ce lien qui, selon Gaudet toujours, se rencontre plutôt dans le récit.

Or on a beau dire, par exemple, que la poésie « c’est la liberté », cela ne signifie pas que les poèmes ne signifient rien, qu’il y a là du free-for-all, que les poètes n’y ayant pas « fixer » de sens « figé », ils partent de nulle part pour aboutir nulle part. Liberté ne signifie pas absence de cohésion, encore moins absence de cohérence.

Le lecteur, pour peu qu’il soit attentif à ce qu’il lit, surtout lorsqu’il lit un ouvrage qui n’a rien de franchement rébarbatif, ne fabrique pas de toutes pièces, n’invente pas de son cru l’unité du texte. Elle s’y trouve, ainsi que d’une image à l’autre une progression se voit réalisée. Encore faut-il que le lecteur se sache engagé dans la lecture d’une œuvre élaborée selon un mode d’écriture propre au rêve, à l’inconscient-conscient et au symbole.

L’image telle que la pratique Turcotte s’apparente pour une large part à l’image surréaliste. Avec des gants blancs, on peut se risquer à parler ici d’une manière de néo-surréalisme. Dans l’entretien avec Gaudet, la poète mentionnait le soin qu’elle prend à choisir les illustrations de ses livres. Celle qui figure sur la couverture d’À mon retour fait part d’une imagination et d’une fantaisie toute surréaliste. On y voit une tête rappelant celles que peignait autrefois Giuseppe Arcimboldo. Il s’agit d’une œuvre de Danaé Brissonnet.  

Tout comme on peut voir un visage humain sur la couverture du recueil— visage connaissant de curieuses transformations : il est hybride, à la fois humain et végétal, une maison en feu apparaît au-dessus de la boîte crânienne du personnage, d’autres visages émergent de sa tête et des oreilles gravissent ou descendent un escalier abouché à une ouverture apparaissant là où se trouve ordinairement une seule oreille — tout comme il y a ce curieux personnage, l’on retrouve dans les poèmes d’Élise Turcotte des esquisses de personnages dont elle livre des fragments d’existence. Ils vivent des expériences comparables à celles que nous vivons nous-mêmes. Parmi ces personnages, au premier chef nous rencontrons une narratrice.

La narrativité est l’une des principales caractéristiques du recueil. Des « éléments de narration », j’emprunte ces mots à la poète, sont souvent actifs dans la plupart des six sections de l’ouvrage. La narratrice, on pourrait dire la poète ou encore la voix de cette dernière, écrit au « je ». Elle nous propose de brefs récits. Gaudet parlerait sans doute de leur fragmentation. Fragmentation, oui sans doute, mais par la vertu du montage des pièces, de la composition de l’ensemble résulte une manière de totalité, un peu comme dans l’image de la couverture où des éléments de provenances diverses concourent à produire un objet un. Autrement dit, la somme des « images » créées par la poète, ou si l’on préfère la somme des bribes d’histoire qu’elle raconte produit un tout dont la cohérence et la cohésion sont indiscutables. Dans la première suite (« Nulle part »), nous voyons apparaître « une enfant sauvage accoudée / à une table invisible. » La sauvagerie de cette enfant se heurtera bientôt à la sauvagerie d’un monde courant à sa perte. L’idée ou si l’on préfère l’image de la « désintégration » parcourt l’ensemble du recueil.  Ce poème où il est dit que « La vie est géante » s’intitule « Destruction ». Je l’ai dit et le répète, les poèmes de Turcotte sont marqués par une certaine légèreté apparente. En réalité, chacun se voit lesté du poids terrifiant qui pèse sur notre monde, chacun exprime la conscience qu’a la poète de la gravité de notre situation. Elle exprime son désarroi : « En haut, sous les voûtes modernes / et les arches inachevées : / les humains avec leur cœur. » On aura vu dans cette première partie une femme, l’enfant sauvage, confrontée à la maladie (il est question d’une radiographie qui « montre un soupir / entre [ses] côtes. » Cette première suite se termine avec l’expression d’une acceptation, d’un consentement face à l’inéluctable : « Je veux bien disparaître. » Dans cette partie de l’ouvrage, un chien l’aura accompagné, voire consolé : « Que révélera la radiographie de mes poumons ? / Quand le chien se penchera / sur ma tristesse, / quelle musique jaillira de mon cœur ? »

Plus nous avançons au cœur de cet ouvrage, lisant et relisant ses poèmes, plus nous constatons à quel point cette poésie est solide bien que toute fine. Elle est intelligente sans être cérébrale, elle est sensible sans mièvrerie. Curieusement, on pourrait dire que la poète est drôlement réaliste. Ses images ont beau se détacher de ce qui objectivement s’observe à l’état de veille, elles représentent le monde réel avec une acuité sensiblement comparable à celle que l’on connaît à l’état de rêve. Mais là où le rêve s’impose à nous, le poème est chez elle mouvement de création auquel la poète s’abandonne sans jamais perdre le contrôle. De ces mots qui peut-être d’abord dans leur surgissement l’étonnent, il en va comme de ses rêves : « J’essaie de discipliner — très peu — mes rêves. / Juste assez pour créer un cirque d’animaux. » Créer un tel cirque, sans doute, mais comme je le laissais entendre à l’instant, le dessein de la poète est moins modeste qu’il n’y paraît. Son livre suffit à nous en convaincre, on y voit à l’œuvre une ambition déraisonnable ayant nom « espérance ».

Élise Turcotte mène à sa manière une lutte visant à contrer l’amorphie et le désabusement : « J’ai cherché ensuite la forme / dans le lac de cristal. » Ce cristal solide, qu’est-ce au juste ? Dans ce lac, la forme, est-ce celle de l’enfant noyé, de l’enfant disparu ? Le cristal, serait-ce le poème où la forme emprunte sa mouvance à la liquidité de l’eau, serait-ce la transparence des images du poème ? Rien n’est figé. La poète a confié son vœu qu’il en soit toujours ainsi. Il n’empêche, le texte est riche, et ses interprétations pour diverses qu’elles soient ne peuvent faire fi de ce à quoi réfère justement le texte. À ce titre, le texte est parfois tout à fait univoque : « J’ai signé des lettres pour les prisonnières politiques. » Il est surtout très souvent plurivoque, mettant à notre disposition des formules où dansent les significations. Elles dansent, certes, mais c’est toujours autour d’un feu central, celui du cœur, comme on dit de qui est vaillant qu’il a du cœur, et ce cœur est celui qui invariablement se tourne dans la direction du ciel. Je ne parle pas ici de religion instituée ou même de croyance en Dieu; mais il est un dieu, nous le savons, qui justement s’élabore et se maintient à travers la volonté toujours affirmée de poursuivre la lutte, de la mener encore et encore, malgré la fin du monde, malgré sa désintégration.

Pour mener cette lutte, Turcotte n’emploie pas les moyens de l’épopée tonitruante, son verbe ne crie pas dans les haut-parleurs de la révolte. Sa poésie n’est pas engagée de manière manifeste sur le plan politique. Qui n’use pas de concepts ou de slogans dans ses écrits n’embrigade personne. Une forme de séduction opère différemment qui consiste à nommer, à l’aide d’images, en empruntant les voies de l’imaginaire. On croit la poésie inutile, elle a de subtiles efficacités lorsqu’elle donne à voir le monde à la manière du poème suivant. Il s’intitule « Parkland Floride ».

Dessinons une autre dystopie :
après la fusillade, les professeurs
cacheront leur fusil sous leur jupe,
dans la poche de leur pantalon d’été,
dans un étroit tiroir fait sur mesure,
ajusté à leur pupitre.
Avant, des milliers d’enfants manifesteraient
leur rage.
Ces images nous frappaient en plein espoir.
Après, on se demandait qui on est.
Lequel d’entre nous va sauter.
Quel visage sera défiguré, quelle affiche
sera du temps arraché.
après on dépouillera les votes, on se souviendra
Peut-être du requiem.
Ou pas. Nous les humains.

Je sais bien, un tel recueil ne peut être résumé. On y suit des pistes, on s’égare, on revient sur ses pas. On retrouve l’enfant, le chien fidèle est encore là. L’espoir demeure présent même si personne ne revient. « Personne ne revient », c’est le titre d’un poème dont la chute recèle précisément le titre du recueil. C’est un poème où l’espoir est réitéré, où le mal civilisationnel apparaît à nouveau. Comme tous les autres poèmes du recueil, ce poème est bref, tenant lui aussi sur une seule page. Le voici.

Je sais bien, personne
n’a laissé de trace.
J’avais l’espoir qu’au réveil
l’enfant disparu
secouerait la neige autour de lui.
Je lis le journal, une autre
fusillade
Je lis le journal, 300 noyés.
Je lis le journal, nous vous avons occultées.
J’entends les sirènes, j’entends les rapides,
j’entends les sirènes.
L’année sera feu,
sera glace, cercueil.
À mon retour.

Poème de pure conscience politico-écologique. Encore une fois, Gaudet voyait juste. Élise Turcotte se préoccupe du sort de notre « monde en ruine ou en train [de] sombrer ». Mais le plus beau dans tout ça, c’est que l’espoir est maintenu.

Avec les quinze derniers petits poèmes, nous lisons sans doute les plus belles pages du recueil. Belles comme un message porteur d’espoir. Poétiquement belles. Vraiment, du grand art. Il faudrait citer l’entièreté du passage. La poète y donne à lire un dialogue avec l’arbre. Un ciel se dégage.

On lit cette question :

Sommes-nous déjà
Des survivants ?
Est-ce que le monde
A tout laissé à la maladie ?

L’arbre lui fait cette réponse :

Voici mon désir, dit l’arbre :
Qu’il recommence à neiger,
Un froid de montagnes fortes,
Un froid ébloui.

Puis dans un poème suivant, il dit :

Toi, imagine tout et reviens.
Sois une autre.
Ne pense plus
À classifier les espèces.

À la toute fin de ce très beau dialogue, le vent intervient :

Continue,
dit le vent.

Car c’est toujours
ce qui reste :
une clé, un chien,
un arbre.
Des êtres qui parlent encore
la langue du ciel.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

6 commentaires sur « Élise Turcotte : À mon retour : Poésie : Éditions du Noroît : 2022 : 112 pages »

  1. Oh, j’ai reçu ce recueil en cadeau d’anniversaire. J’en ai commencé la lecture.
    J’aime cette poésie « d’images [qui] n’impose aucun sens » — tes mots ci-dessus.
    Et voilà que tu en parles, ami Daniel, de manière à expliquer ce regard lent qu’il faut avoir pour entrer dans ce genre de poésie, l’apprécier aussi, la laisser nous dépouiller de nos aprioris, et nous gagner comme un grand orchestre que l’on regarde jouer.
    Ayez confiance, nous dis-tu.
    Oui!
    Bravo à Élise Turcotte, et merci à toi de saluer son art aussi bien. C’est vraiment magnifique — mais, je crois m’être perdue en chemin de mon commentaire. 🙃

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    1. Mais non, chère Vève, tu ne t’es pas perdue et ton commentaire me fait grand plaisir. Il m’encourage à persévérer, même si je devrai prendre bientôt une pause pour m’occuper davantage de mes propres ouvrages. Merci.

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  2. Grâce à cette belle oeuvre d’Élise Turcotte j’ai pu avoir accès à d’autres de tes prouesses d’auteur de «petites études», lesquelles, j’ose croire, me font progresser lentement sur la «voie laurentienne» de la poéticité…
    «Le processus de recréation qu’est la lecture».
    «Le monde du poème serait fragmenté, tandis que celui du récit serait le monde du lien».
    «Opacité translucide», (j’adore).
    «Ses images ont beau se détacher de ce qui objectivement s’observe à l’état de veille, elles représentent le monde réel avec une acuité sensiblement comparable à celle que l’on connait à l’état de rêve».
    Merci cher Daniel.

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