Sylvain Turner : In extremis : Poésie : Éditions TNT : 86 pages : 2022

In extremis est le second recueil de poésie de Sylvain Turner. Son premier recueil remonte à il y a plus de trente ans. En 1990, il faisait paraître Peep Show Poésie aux Éditions du Chêne. Une maison d’édition française porte ce nom. Une recherche sommaire permet d’apprendre qu’elle se spécialise depuis de nombreuses années dans les livres d’art, de cuisine et de tourisme. Cette maison ne publie pas d’ouvrages de poésie. J’imagine qu’il y a déjà eu au Québec une maison d’édition portant ce nom. Elle aura publié de la poésie, dont le premier opus de Turner. J’ignore quand cette maison aura fermé ses portes.

Ces dernières considérations ont peu d’importance. Ce qui en a davantage a trait à la longue période séparant la publication des deux ouvrages du poète. Trente-deux années se sont écoulées depuis la publication du premier recueil. Rien ne dit que durant ce laps de temps le poète ait totalement cessé d’écrire, pourtant il y a là un indéniable silence et il est remarquable que celui-ci se voie aujourd’hui brisé. Un jeune homme écrivait, s’est tu, puis longtemps après s’est remis à l’écriture. Évidemment, je le répète, son silence aura peut-être été relatif, sans doute ponctué par de sporadiques retours à l’écriture.

Quoi qu’il en soit, cet écrivain qui a peu produit a jugé bon de faire paraître un nouvel ouvrage. Cela en dit long sur ce que l’on pourrait appeler la vocation poétique. La voix qui se tait ne meurt pas toujours tout à fait. Du moins, chez certains poètes, elle entre en dormance. La poésie ne cesse pourtant pas de les hanter. Dans leur silence, il se pourrait que s’opère un mûrissement secret. Tel est le cas, je crois, avec l’auteur d’In extremis. Au dernier moment, c’est-à-dire à chaque instant du moment présent, un bilan peut être entrepris, un regard posé en perspective cavalière sur ce qu’aura été une vie.

Il me semble que pour ce recueil Turner ait rassemblé les temps forts de sa vie, autrement dit de toute vie, car un poète qui ne parlerait que de lui-même ne serait pas un poète, et le livre qui résulterait de la tentative de qui ne parle que de soi ou pour soi ne correspondrait pas vraiment à ce que nous pouvons attendre d’un ouvrage de poésie, nulle voix réelle ne s’y faisant alors entendre de manière à nommer la réalité de tous et de toutes. Je crois que Turner a écrit un véritable ouvrage de poésie.

Il a écrit des poèmes dont le mérite principal est de dévoiler ce sur quoi justement les moments extrêmes lèvent souvent le voile. Il a prêté attention aux temps forts de l’existence de ceux et celles qui traversent des moments particulièrement difficiles. Rien dans son recueil n’est doux ou léger. Les rares bonheurs qu’on y voit se conjuguent au passé. Un « je », peu importe que ce soit celui du poète ou non, est au centre de drames qui se jouent en lui et autour de lui. Il est sensible à des destins tragiques, ceux de ses proches, ceux des êtres chers. Il évoque celles qu’il a aimées, sa mère, des amours passagères, d’autres plus durables. Il sort du cercle étroit de son propre univers pour embrasser des bouleversements généraux, c’est-à-dire des problèmes de société comme la guerre ou les tueries que motive l’intégrisme religieux (un poème de la fin du recueil, dans la section intitulée « Tableaux d’apocalypses ordinaires », est dédié à la mémoire des victimes de l’attentat de janvier 2017, à Québec). Mais n’allons pas trop vite, commençons par le commencement.

On pourrait croire que le recueil de Turner est publié dans une maison lui convenant parfaitement. TNT fait référence à un type d’explosif. Même si leur ton est loin d’être celui de la vocifération exacerbée, de la revendication du révolté à tous crins, on peut associer ces poèmes à une prise de la parole venant après le désastre, sur fond d’une sédition larvée ou en tout cas d’un mal de vivre commun à tous les personnages que présentent les poèmes narratifs du recueil. En cela, parce que menant implicitement un combat, les poèmes de Turner correspondent à ce que l’on pourrait appeler de la poésie engagée. Ses cibles ne sont pas précises et ne correspondent pas uniquement à des situations actuelles. En ce sens, l’ouvrage a une portée que l’on pourrait qualifier de générale. Il est dédié « À ceux et celles qui se battent et se battront toujours ».

ENTENDS-TU

Écoute nos voix, la tienne, la mienne, celles de tous ces hommes, de toutes ces femmes dont s’alimente la rumeur. Entends-tu le vacarme des colonisations, les claquements de fouets sur la peau des esclaves, le sifflement des diffuseurs de gaz dans les chambres de l’Holocauste, le silence assourdissant des égorgés du califat ?

Entends-tu l’écho des humiliations, les cris des fillettes mariées à des vieillards, les plaintes des femmes violées à l’ombre des champs de bataille, les hurlements des gamines excisées ? Entends-tu les symphonies chargées de violence dont les mélodies ont survécu aux guerres, aux famines, aux pandémies ?

Entends-tu le grondement annonçant les tragédies de demain, les dernières, celles qui ne laisseront aucun témoin, aucun survivant ?

Le recueil contient quatre suites : « De métaphores en métamorphoses », Les Dévastés », Les illégitimes » et « Tableaux d’apocalypses ordinaires ». J’ai laissé entendre que les poèmes qu’on y trouve correspondent à des récits. C’est le cas pour la plupart. Du reste, ces récits qui sont tous assez brefs sont en prose. Bien que ce soient des récits, on parle à leur propos de poésie et on en parlerait même si dans certains de ces poèmes l’auteur avait évité de « poétiser ». Je ne crois pas qu’il l’ait à outrance, mais il me semble avoir parfois accentué le caractère poétique de son discours en y amalgamant les mots de telle sorte qu’on pourrait croire qu’il ait cherché volontairement à créer des formules se signalant comme étant chargées de plus de sens qu’elles n’en auraient en l’absence d’un tel traitement. Je m’explique, non sans d’abord indiquer qu’en de telles matières, et elles ne sont pas que d’ordre esthétique, tout jugement ne saurait être qu’arbitraire, les impressions des uns ne valent souvent rien aux yeux des autres. À qui déclare que telle image est tirée par les cheveux, on peut rétorquer qu’il n’en est rien, qu’on l’apprécie et qu’elle ajoute à la valeur du texte où elle se trouve. Tout cela que l’on considère soit franchement réussi ou tout à fait banal est à proprement parler subjectif. Ainsi, lorsque plus loin je signalerai des passages touchants, me montrant par ailleurs sensible à la qualité de l’expression, mon opinion ne sera pas moins discutable que si je révélais çà et là dans l’ouvrage des passages me paraissant plus faibles ou moins pertinents.

Je ne citerai pas en entier le poème intitulé « Ainsi soit-il ». À la première lecture, il m’avait semblé chargé, outré sur le plan de l’expression, hyperbolique et pour ainsi dire proche d’une certaine logorrhée, ses images me paraissant quant à elles plutôt exagérées. Je dis « à la première lecture ». Or qui relit un texte, qui l’a d’abord plus ou moins agacé, en vient parfois à son sujet à se persuader du contraire ou presque, à savoir qu’il n’y avait pas vraiment tout à fait lieu de s’en dire agacé. Ce constat, on le voit, renforce mes précédentes mises en garde à l’endroit des jugements radicaux et intempestifs qu’il nous arrive parfois de formuler. On voit des pailles, on a des poutres dans les yeux. Lisons : « Le cri d’un mime fend le silence dans un tonnerre de cataclysmes intimes. Les nuages saignent des embryons de rêves avortés, des restes de cauchemars spontanés. […] Ornée des bijoux de la guerre, tendue comme un cran d’arrêt, la main s’apprête à libérer ses encres sur fond de fugues liturgiques, de parfums d’asile, d’eucharisties pharmacologiques. »

On aura constaté la présence de nombreuses épithètes. Je m’arrête à la suivante « eucharisties pharmacologiques ». Pharmacologiques. Le mot convient tout à fait, compte tenu des réalités dont traite l’auteur. Dans ses poèmes, de pauvres filles, souvent des prostituées, recourent aux drogues pour tenir le coup. Des hommes, c’est aussi le cas du « je » du poème, consomment de l’alcool : « je succombe à des fièvres de couleurs ivres ». On voit ici un peu ce que j’entendais par une poétisation volontaire. Ce mot de Whitman peut en donner une idée : « J’ai eu beaucoup de mal à enlever de Brins d’herbe tous les traits poétiques, mais j’y suis parvenu à la fin. »

On peut ou non penser que « fièvres de couleurs ivres » illustre une telle poétisation. On me dira que toute poétisation est de mise dans un poème. On n’aura pas tout à fait tort. Tout est sans doute ici une question de dosage. Et notre évaluation demeure toujours fortement subjective. Il n’empêche. On lira plus loin que les « baisers frelatés » de la femme aimée « embaumaient les alcools de notre misère » et que le « je » se perdait « dans ses étreintes éthyliques. » Il sera un peu plus loin question de « passions frelatées ». Puis enfin, ceci : « Quand elle parvenait à se libérer des supplices de l’insomnie, échappant aux reliefs d’éternité de ses cauchemars, des faucons aveugles hantaient l’immensité de ses rêves pharmacologiques. »

Ces « éthyliques » et autres « pharmacologiques » pourraient passer pour des lieux communs. Ils en sont peut-être. Du reste, ailleurs dans le recueil on pourra certainement en trouver d’autres. Quel auteur peut prétendre échapper toujours à leur emprise ? Lorsqu’il est question de clichés, je me rappelle toujours les remarques avisées de Paulhan. On les trouve dans Les fleurs de Tarbes. « Nos arts littéraires sont faits de refus. 1l y a eu un temps où il était poétique de dire onde, coursier et vespéral. Mais il est aujourd’hui poétique de ne pas dire onde, coursier et vespéral. Il vaut mieux éviter le ciel étoilé, et jusqu’aux pierres précieuses. N’écrivez pas lac tranquille (mais plutôt, disait Sainte-Beuve, lac bleu), ni doigts délicats (mais plutôt doigts fuselés). Il a pu être désirable, mais il est à présent interdit de prononcer de la volupté qu’elle est douce, efféminée ou folâtre; des yeux, qu’ils se montrent éblouissants, éloquents, fondus. (Et s’ils le sont pourtant ?) »

On parle d’« étreintes éthyliques » et de « rêves pharmacologiques ». Et s’ils le sont pourtant ?

Sans doute faut-il recourir à ces mots pour dire le monde des exclus et des laissés-pour-compte qui vivent misérablement dans la rue, monde des sans-abri, des prostitués, des prostituées, monde où la drogue s’avère un mal nécessaire, un mal qui tue à petit feu, monde où l’on sombre dans l’alcool pour y noyer ses chagrins.

Ce que je trouve intéressant et fort réussi, c’est que, pour exprimer la misère et la détresse des milieux défavorisés, le poète ait recouru non pas à la langue appauvrie des quasi-analphabètes qu’on y croise, pas au parler populaire, à notre joual d’ici, mais qu’il ait plutôt utilisé pour ce faire un registre neutre et donc relativement sobre. Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre d’un tel traitement, il en résulte une grande proximité avec la réalité qu’il dépeint, une proximité que l’on pourrait dire objective. Ce ne sont pas ici les sujets eux-mêmes qui expriment leur souffrance, mais bien le témoin qu’est le « je » du poème, qu’importe qu’il ait lui-même été ou non au cœur de l’action, en présence de ces désœuvrés, et vivant alors et discourant à leur manière. La théâtralisation de leur situation, si nous lisions ces personnages dans le texte qui est le leur, créerait un tout autre effet. Théâtral justement, mais appauvri une fois ce théâtre de la rue et des chambres d’hôtel sordides couché dans les pages silencieuses d’un livre. Je ne dis pas que l’oralité est une gageure qui ne se remporte jamais. Maints poètes ou écrivains de roman témoignent de réussites en ce domaine. Mais le tour de force réalisé par Turner réside dans ce traitement langagier plus neutre, dans cette option qu’il a prise de tenir ses personnages à distance, ce qui paradoxalement nous en rapproche peut-être davantage. Pour donner à voir la réalité, il a fait confiance aux mots dont certains auraient craint une trop grande froideur, et avec ces mots que l’on pourrait dire conformes aux normes du français standard il est parvenu à rendre compte de la vie de ces malheureux.

Le poète a écrit un livre touchant. Certains poèmes sont d’une grande simplicité. Leur efficacité à transmettre l’émotion est indéniable. Ils recèlent de très beaux sentiments. On a prétendu que les bons sentiments ne font pas de la bonne littérature. Quand on lit les poèmes où le poète parle du personnage de la mère, et il se pourrait, nul ne s’y objecterait, que le poète parle ici non pas d’un personnage, mais bel et bien de la personne même que fut sa mère, cela ne nous fait peut-être pas pleurer, mais cela nous rejoint grandement. De toute évidence, Turner parle ici sans détour, sans une once de poétisation. Les deux petites pages qu’il consacre à sa mère sont parmi les plus belles du recueil. Ainsi, lorsqu’il évoquera la personne de son père le fera-t-il avec une comparable sobriété, si bien que je n’hésite pas à affirmer que Turner offre sans doute le meilleur de lui-même quand son écriture est réduite à sa plus simple expression. Comme disait Fénelon, la beauté alors « s’empare du cœur, pour le tourner vers le but légitime d’un poème. »

J’avancerais que ce livre est réussi, ce dont témoigne le peu que j’en ai dit jusqu’ici, alors qu’il resterait tant de choses à en dire. Il y a donc ici une richesse évidente. C’est celle d’une somme. Un homme a vécu durant trente ans dans un relatif silence poétique. Il a aimé, lancé ses dés sur la table. Ces derniers ne lui ont pas toujours été favorables. Dans un tout petit recueil, il évoque ses déconvenues, des amours pas toujours faciles, bref, de bons et de moins bons coups.

Cet homme est un poète du contenu. Bien entendu, la facture de ses poèmes est loin d’être négligeable, mais ce qui est plus remarquable tient ici à la communication, à son efficacité à rendre du sens et du contenu. Turner est assurément animé par de bonnes intentions, l’adresse du début où il enjoint à la lutte, la citation qu’il emprunte à Pierre Bertrand au tout début de son recueil, ainsi que tous les poèmes de son recueil montrent qu’il a à cœur comme l’écrit Bertrand de « créer un chemin à même le cheminement du désert ». L’empathie, voilà sans doute le mot qui résume le mieux ce second recueil à vie de Sylvain Turner.

Parvenu au terme de cette « petite étude », j’ai voulu en savoir davantage sur l’auteur. J’ai cherché des informations sur son premier ouvrage et n’ai trouvé finalement qu’une critique. Je me suis empressé de la lire. Elle m’a permis de voir que notre poète avait en trente ans de silence grandement mûri son art. Ce qu’on va lire a dû le chagriner à l’époque, douche froide s’il en fut, car cette critique n’était pas signée par le premier venu. André Marquis est et était alors un très bon poète. Je vais citer l’entièreté de son papier. Cela fera un peu mal. Je m’en excuse. On le trouve dans le numéro 59 de la revue Lettres québécoises, paru à l’automne 1990.

« Peep-Show Poésie de SylvainTurner est publié par une nouvelle maison d’édition, les Éditions du Chêne. Le résultat n’est malheureusement pas convaincant. Sylvain Turner se réclame de la contre-culture, du mythe de la poésie en blouson noir, de la faune fuyante qui n’hésite pas à employer un vocabulaire argotique (rag, trash) et à prendre le contre-pied de la poésie « officielle ». Mais il ne va pas très loin dans la dénonciation et l’outrage. L’auteur répète des clichés, des jeux de mots douteux et son recueil manque d’unité. Quelques poèmes mettent de l’avant une isotopie cinématographique, d’autres privilégient des mots anglais, certains semblent ne reposer que sur des contraintes sonores. Les plus beaux vers sont ceux qui font état d’une extrême simplicité: « Dans la rue se jouent les drames / Du désir atteint » (p. 38). Cette poésie, peu corrosive, ne peut s’empêcher de tomber dans le ridicule: « Suis-je arrivé trop tard / au Centre de tes amants / Chronométrés » (p. 61). Un vers comme «Bitch freudienne d’aspect yellow-submarine» (p. 21) n’a rien de bien renversant. Et pour l’amour … on repassera ! »

À trente ans de distance, je compatis avec Turner. Nous avons tous connu, moi le premier, la petite et parfois grande souffrance que cause une critique négative. Mais cela dit, je me réjouis tout de même, en effet, ce que Marquis a écrit au sujet de Peep-Show Poésie, ni lui ni personne ne pourrait aujourd’hui l’avancer au sujet d’In extremis. Pour les raisons que j’ai dites, je trouve ce deuxième recueil plutôt convaincant. Il ne va pas dans toutes les directions, entendez par-là qu’on lui trouvera une indéniable unité thématique et de composition. J’ai abordé la question du cliché, j’ai mentionné qu’il puisse par moments être inévitable. Par ailleurs, ce que Marquis avait tout de même apprécié avec ce premier recueil est loin de s’être émoussé au fil des ans. Les passages de son livre qui, pour reprendre les mots de Marquis, me semblent les plus réussis « sont ceux qui font état d’une extrême simplicité ».

Le retour de Turner en poésie est assurément réussi. Je m’en réjouis.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

3 commentaires sur « Sylvain Turner : In extremis : Poésie : Éditions TNT : 86 pages : 2022 »

  1. Comme lecteur C, il m’est très difficile, à partir de ton étude plus qu’approfondie, de mettre le doigt sur les éléments de fond ou de forme distinctifs ou innovateurs de cet ouvrage. Ça ne lui enlève rien bien sûr.

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  2. Lire un recueil, c’est aller à la rencontre de quelqu’un, de l’univers qu’il se propose d’interroger, de représenter. Que l’on se considère lecteur A, B ou C, voire Z, il est bien possible qu’on ne soit pas sensible à ce que l’on nous propose. Je crois, si mon souvenir est bon, qu’il y a de la souffrance dans l’univers que décrit Turner, souffrance morale, intérieure, mais aussi souffrance de société, d’individus qui vivent des existences misérables, Et il y a aussi de l’amour. Enfin! Je parle d’un peu loin. J’ai lu Turner il y a quelques semaines déjà.

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  3. Oui c’est bien ce que j’ai compris mais il m’a semblé qu’il exprimait ces réalités d’une manière somme toute assez connue ou habituelle pour les poètes dits de combat ou engagés.

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