Carole David : Le programme double de la femme tuée : Poésie : Les Herbes rouges : 2022 : 104 pages

Plus un ouvrage est complexe, plus il convient de l’aborder avec simplicité. D’écrire à son sujet, un peu comme si l’on adressait une lettre à un ami ou, pourquoi pas, à son auteur lui-même, ici à son autrice. On écrirait, par exemple : « Bonjour, madame David, je viens de lire votre recueil. C’est là, me semble-t-il, un bien curieux objet. Par maints aspects, il me déconcerte. C’est que son originalité est telle que j’ai du mal à lui trouver, mais sans doute est-ce en raison de mes propres lacunes, des équivalents, des parentés avec ce qu’en poésie j’ai lu récemment et même tout au cours de ma déjà longue existence. Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que l’univers de la poésie est riche et fort diversifié, si bien que les lecteurs de poésie sont, comme les poètes eux-mêmes, riches de leurs fréquentations et pauvres par leur ignorance de tout ce qui échappe à leur vigilance de lecteurs. Il se pourrait que des rapports étroits vous relient à des auteurs et des autrices que tout bêtement je n’aurais pas à ce jour eu la chance de connaître. Mais, jouissant de connaissances plus étendues, je pourrais avoir bêtement, et ce serait dommage, le réflexe de faire entrer votre ouvrage dans une petite case; et cela qui me rassurerait, en une manière de pirouette, me ferait apposer sur votre ouvrage une étiquette à quoi fatalement je le réduirais, évitant ainsi de le lire véritablement. Je dirais un peu rapidement que vous pratiquez une sorte de néo-surréalisme ou un formalisme teinté de féminisme. Autrement dit, je ne dirais rien qui vaille. Je passerais à côté de ce qui à mes yeux fait la richesse et l’intérêt de votre dernier ouvrage. »

Plus un texte est simple, plus on aura tendance à couper en quatre ses très minces cheveux, quitte à l’affubler d’une perruque afin d’augmenter la rareté de ses boucles. On cherchera à gonfler la substance du texte. L’écrit tenant en deux ou trois lignes suscitera une glose interminable.

L’ouvrage de Carole David, on l’aura compris, n’est pas simple. Les lecteurs et lectrices qui entament sa lecture auront tort de le parcourir rapidement. Comme tout ouvrage de poésie, même les plus limpides en apparence, il convient de lire Le programme double de la femme tuée en prenant tout son temps, en lisant le plus attentivement possible. On me pardonnera ce genre de truisme, mais il est des choses en matière d’art et de littérature qui méritent d’être rappelées.

Lisons lentement. Commençons par le commencement. J’aurais donc mentionné à Carole David qu’elle avait produit un « curieux objet ». Mon premier étonnement, et l’on verra que je ne suis pas avare en matière d’étonnement, apparaît dès la lecture du titre de l’ouvrage. D’ordinaire, les titres de recueils de poésie, même aux Herbes rouges où l’on est si peu conservateur, sont davantage « poético-poétiques ». Prenons les suivants, par exemple : de René Lapierre, Les adieux ; de Marcel Labine, Rien ne manquait au monde ; de Louis-Philippe Hébert, La chute de l’ange ; et finalement de Carole David elle-même, La maison d’Ophélie. Bon! Attention! Je ne dis pas que le titre du dernier recueil de la poète conviendrait mieux à un roman, mais toutefois, indéniablement, il conviendrait alors tout à fait. Or convenir est affaire de convenance, d’observance de principes plutôt étroits, pour ne pas dire limitatifs. De toute évidence, Carole David n’entend pas se plier à ce type de conventions. Son titre paraît donc légèrement bizarre, mais cela dit il sied à un ouvrage qui aborde le réel en l’investissant sur le mode de l’imaginaire. À la logique narrative d’un roman policier traditionnel, la poète substitue une logique qui se rapproche de celle de l’inconscient. C’est en raison de cette logique irrationnelle que j’aurais fait mention dans ma lettre d’une sorte de néo-surréalisme. Et puisque je me permets ici de parler en mon nom personnel, pour ce que cela peut bien valoir, je mentionnerai qu’en lisant et relisant ce recueil, il m’est arrivé à maintes reprises de penser au cinéma d’auteur, je veux dire à celui où des cinéastes se livrent à des expérimentations portant sur le langage cinématographique, créant des images où la réalité n’est plus présentée de manière réaliste, mais inventive, enjoignant alors le spectateur à se laisser emporter, pour ne pas dire déporter, dans des territoires où l’hallucination, l’anamorphose et quoi d’autre encore décomposent et recomposent le monde. Enfin! Je risque ce parallèle avec une avant-garde remontant au Buñuel de L’âge d’or voire au Cocteau du Sang d’un poète. Bien entendu, ces références sont déjà « classiques » et beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis ces premiers films. Si l’on tient à trouver des liens entre le travail de David et celui des surréalistes de l’époque de Breton, ce n’est en tout cas pas au niveau de l’écriture qu’on le trouvera. David partage avec ces derniers un certain sens de la formule qui déroute et fait image, mais je serais fort étonné d’apprendre qu’elle écrit au fil de la plume, qu’elle s’abandonne à son tout premier jet, qu’elle confie les rênes de son inspiration à quelque cheval fougueux ou inspiratrice du salpêtre ou que sais-je ? Rien d’automatique dans la poésie de David. Tout au contraire y est réglé au cordeau, parfaitement maîtrisé, à telle enseigne que plutôt que de parler à son propos d’un « curieux objet », en raison des étonnements qu’il peut susciter, il serait préférable de souligner la rigueur et la précision de cet objet, celle de son mode de fonctionnement, tant son écriture est réglée au quart de tour.

On lit parfois des ouvrages générant un peu trop de confort, dont la mollesse prédispose le lecteur à la paresse. Il lit sans lire, se contentant de croire qu’il comprend ce qu’il ne fait que parcourir distraitement. Certes, il est agréable de jouir de ce type d’illusion. Mais sous prétexte qu’ils sont franchement trop abordables, cette illusion permet de rejeter du revers de la main des textes apparemment simples qui seraient, par conséquent, relativement insignifiants. En revanche, on s’empresse souvent de déclarer forfait dès qu’un texte résiste à une première tentative de lecture. On accuse l’auteur ou l’autrice de dissimuler une absence de propos sous une forme enchevêtrée ou rigide, compacte, abstraite, sibylline, volontairement hermétique. Tout se passe comme si la poésie, simple des uns, compliquée des autres, suscitait sinon du mépris, du moins une forme de méprise. On comprend qu’il n’y a rien à comprendre dans ce qui est trop simple et on pressent qu’on ne comprendra rien aux ouvrages que des auteurs réputés difficiles échafaudent. Ajoutons ici une autre idée reçue : qui veut comprendre quelque chose à un poème ne comprend décidément rien à la poésie. Valéry qui en avait vu d’autres rappelle dans l’un de ses écrits qu’un général à la retraite, ou quelqu’un du genre, avait aimablement corrigé son « Cimetière marin », l’avait en quelque sorte traduit en langage « normal », de manière à en rendre le « sens » accessible, plus évident. Mais laissons Valéry à son cimetière. Carole David est bien vivante et son ouvrage vaut amplement qu’on le lise de plus près.

Poursuivons notre lecture avec le tout premier texte de l’ouvrage. Il s’agit d’un avertissement ou, si l’on préfère, d’un texte d’ouverture dont la fonction est de présenter le contexte dans lequel se déploieront les poèmes qui suivront. Il en sera ainsi pour les sept autres segments du recueil. Chacun s’ouvrira avec un court texte de prose mettant comme on dit parfois la table.

Voici comment débute ce premier avant-propos : « Je m’égare dans les rues de Roma avec pour seul guide la lumière crue de mon téléphone. Beatrice, la belle parricide, condamnée par la justice des papes, porte sa tête décapitée sur le Ponte Sant’Angelo. »

Première observation. Il y a un « je » qui s’égare. À sa suite, peut-être le lecteur doit-il lui-même consentir à s’égarer dans les dédales où s’aventure la poète lors de son séjour à Rome.

Deuxième observation. Ces lignes réfèrent à des événements historiques. Comme pour de nombreux passages dans le recueil, elles ne procèdent dans leur énonciation à aucune forme d’élucidation autre que celles offertes par les informations que donne la poète. De toute évidence, David ne se sent pas investie d’une mission pédagogique. Son but n’est pas d’instruire ses lecteurs. Elle ne donne pas un cours d’histoire ou de littérature. Elle fait autre chose. Elle nous fait plonger avec elle dans une sorte de bain de foule où les uns et les autres proviennent d’époques diverses, étant, comme nous le découvrirons au fil de la lecture, des personnages ayant marqué de manière sanglante une histoire de Rome écrite en partie avec leur sang. Ils ont défrayé la chronique en leur temps. Ici, avec Beatrice, les crimes sont commis à la fin du seizième siècle. On sait ou non précisément à quoi et à qui réfère Carole David. Si on l’ignore, on fait comme je l’ai fait une petite recherche : on apprend alors des choses fascinantes, entre autres que cette belle meurtrière était membre de la famille des Cenci et qu’elle avait d’excellentes raisons de s’en prendre à la personne de son père. Malgré ces motifs, le pape Clément VIII ne se sera pas opposé à la décapitation de la belle Beatrice et de ses acolytes. Cette deuxième observation mérite d’être développée.

On constate dès les premières pages du recueil que la poète travaille à partir de faits avérés. Son séjour en Italie laisse une large part à la découverte de la riche culture de ce pays. Elle erre dans les rues à l’affût de la vie des habitants, contemple les grands monuments, se documente, visite des musées. Elle accomplit quasiment un voyage d’études. Si bien que les poèmes qui résultent de son voyage appartiennent à ce que l’on appelle la poésie savante.

Ainsi, lorsqu’elle réfère à « la papesse barbare », jusqu’à quel point puise-t-elle dans l’histoire, dans ce qui est de l’ordre de la connaissance, du savoir ? Et cette créature fabuleuse, peut-on croire qu’elle tient en partie de la fable qu’imagine peut-être, la poète ? Car, de toute évidence, Carole David ne manque pas d’imagination. Elle a beau prendre appui sur le socle bien solide de la terre d’Italie, dans son verbe elle s’accorde une certaine liberté. Elle n’est pas assujettie à la loi de la pesanteur. Elle vole de ses propres ailes. Le lecteur soucieux de la suivre peut s’il le désire pallier ses propres lacunes culturelles, rien ne lui interdit de consulter de savants ouvrages. Or tout l’incite également à entrer dans la danse, à se laisser entraîner dans les rues de Rome où tels des fantômes ont tôt fait de surgir des assassins. À l’imagination fertile de la poète, laquelle imagination se nourrit des découvertes macabres réalisées lors de ses pérégrinations, doit répondre, si elle y parvient, l’imagination du lecteur choisissant de lui emboîter le pas. Si ce dernier collabore un tant soit peu (on se souviendra de la position de Gide selon laquelle toute lecture véritable nécessite la collaboration, la participation active et créative du lecteur), il fera lui-même d’agréables découvertes. Dont les suivantes.

Tout d’abord, et ce n’est pas rien, il éprouvera un réel plaisir de lecture, attribuable en grande partie à la beauté de l’écriture de Carole David. La notion de beauté est sujette à bien des débats, mais disons les choses simplement. Il n’est pas exagéré de prétendre ou même d’exiger qu’un écrivain doive d’abord savoir écrire. L’écrivain, l’écrivaine possèdent (je parle simplement) une panoplie plus ou moins garnie d’instruments, lesquels vont bien au-delà de la stricte observance des principes régissant la grammaire et le bon usage. Il faut savoir manier ces instruments. Mais plus qu’un savoir-faire, il est ici question d’art, d’esthétique. Lorsqu’un poème satisfait à ces exigences, à ces attentes, à condition qu’il ne renferme pas que du vide et de l’inanité, le lecteur est en partie comblé. Il va sans dire que les poèmes de Carole David sont semblables à des merveilles d’horlogerie. On n’en peut retrancher un seul mot. Y ajouter quoique ce soit est également impensable. Chacun forme un tout dont les parties sont harmonieusement agencées.

Mais la séduction ne s’arrête pas à la réussite esthétique du recueil. Il faut ajouter à sa beauté son aspect pour le moins baroque. Certaines pièces du recueil possèdent un caractère quasi onirique, insolite à tout le moins. Elles nous plongent dans une atmosphère trouble et vaporeuse. L’imagination de l’autrice se permet des incursions du côté d’une pure fantaisie.

Le communiste au visage de ciel sonne à ma porte
il tient les archives poétiques de l’immeuble
pourquoi la voisine a dit à l’ouvrier
qu’il n’y avait personne chez moi ?
pourquoi des fenêtres se sont empilées en mon absence ?
quel homme a semé éléphants et chauves-souris ?
celui qui prendra la forme de mon père 

Certains poèmes sont de factures plus réalistes. Le suivant me semble décrire un groupe de prostituées. Le regard que porte sur ces dernières la « narratrice » (le « je ») en est un de reconnaissance. Ces autres femmes, dans leur différence affichée, lui tendent en quelque sorte un miroir où la « poète » peut se reconnaître un peu confusément, à tout le moins « saisir » les liens qui unissent son propre destin à celui de ces femmes. Pour réaliste que soit en partie ce poème, il ne fait pas que décrire une scène. Il souligne l’aspect inquiétant, trouble du décor. C’est celui de la cité que l’on voit en arrière-plan.  

Elles affichent des fourrures défraîchies
se réchauffent autour d’un feu improvisé
leurs voix décomposées
offrent cigarettes frauduleuses
parfums aux effluves condamnés
mon propre reflet confondu
nous nous observons avant de gagner le port
la cité se dresse telle une stupeur
j’y reviendrai

Dans la plupart de ces poèmes ressortent des vers qui nous interpellent ; ils recèlent une espèce de tremblante vérité : « l’Italie intérieure est une pure invention » ; « les palmiers ne sont-ils pas / les rameaux du Seigneur ? » ; « Signe que Dieu hante cette ville / je ne me demande plus s’il existe » ; « Mon échec c’était un fleuve noir qui chaque jour / m’étreignait durant la crue » et « Toute nuance porte son chagrin ». Les lecteurs trouveront dans ces poèmes des passages qui leur parleront autant sinon plus encore que ceux que je cite. Ils seront surtout frappés par le propos de l’autrice ou devrait-on plutôt dire par son tourment, par son profond souci.

Le titre de l’ouvrage l’indique parfaitement, il y est question de mort, question de mortes, de femmes violées, de femmes assassinées. La belle Beatrice n’est que l’une d’elles. Le recueil compte huit parties, organisées et inspirées par huit histoires de femmes toutes victimes de violence. Chaque partie est intitulée à l’aide d’un seul mot : Vertu — Anatomie — Tourment — Naufrage — Requiem — Retable — Magie — Résurrection. Cette façon de faire illustre à plus haute échelle une horlogerie semblable à celle qui anime chaque poème. L’ouvrage est pour ainsi dire rigoureusement composé. Il est fait de microrécits, de scènes brèves (tous les poèmes sont courts) qui entre elles entretiennent cette préoccupation de l’autrice, qui consiste à présenter les faits divers que sont les féminicides, faits divers auxquels elle accorde une extrême importance et qui ne sont pas, on l’aura compris, des histoires de chiens et de chats écrasés. Carole David a créé une sorte de mosaïque. L’assemblage de ces scènes, disparates dans la mesure où elles mettent en scène des personnages distincts les uns des autres, confère à ce recueil une remarquable unité puisqu’elles partagent ce point commun qu’est le crime, et pas n’importe lequel, celui commis sur des femmes. Mais là, encore une fois, dans sa composition rigoureuse ne se trouve pas le seul intérêt que représente le recueil.

Sans faire la leçon ou la morale, Carole David témoigne de la violence faite aux femmes en recourant totalement et uniquement au langage poétique. Sur le mode imaginaire, la poète retrace ses errances dans la ville de Rome. Comme elle est attentive à ce qu’elle voit dans la rue, les palais et les musées, comme elle scrute et observe longuement les tableaux et les statues, elle parvient à entamer une manière de dialogue avec les personnages qu’ils représentent et dont ils évoquent le destin. Ces personnages, on pourrait croire qu’ils émergent des tableaux, que les statues reprennent vie, que les femmes assassinées émergent des écrans de cinéma — n’est-il pas question d’un programme double et d’une femme tuée ? Ces différents personnages, la poète les voit et les entend, elle leur redonne la parole. Au début de l’ouvrage, on a vu que Beatrice a été décapitée. Dans un autre poème, la tête d’une autre femme a disparu. Et voici ce qu’elle confie dans le tout dernier poème du recueil.

Je suis tombée morte
baignée en l’absence de baisers
les eaux volcaniques ont la vie éternelle
un sacristain, un mécanicien
me trouveront étreinte
par un lit rocheux
ils diront
que j’ai perdu la tête
pour un amour

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

4 commentaires sur « Carole David : Le programme double de la femme tuée : Poésie : Les Herbes rouges : 2022 : 104 pages »

  1. «Qui veut comprendre quelque chose à un poème ne comprend décidemment rien à la poésie» J’adore cet appel au cerveau gauche avec lequel . Vive la collaboration avec la poète mais… Après toutes les pirouettes que tu effectues pour nous la rendre accessible et intéressante, allant jusqu’`à tondre la perruque pour réduire les noeuds de ses boucles (excuse-moi, j’ai inversé ta géniale trouvaille), je crois que je vais passer mon tour.

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    1. Je suis entré dans l’univers de Carole David avec l’intention de le dépeindre, de sorte que mes quelques lecteurs puissent s’en faire une certaine idée. La balle est ensuite dans leur camp. Ils la prennent au bond ou pas du tout. Merci Laurent.

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  2. Au bond, comme au baseball où un receveur de haut niveau et une grosse mitaine sont nécessaires pour faire équipe avec les lanceurs de balles papillons!

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