Francis Catalano : L’origine du futur : Essai poétique d’autofiction : Les éditions Mains libres : 142 pages : 2021

Je referme à l’instant ce livre particulièrement singulier, si curieusement intitulé, ouvrage lu deux fois plutôt qu’une.

Mais d’abord, pourquoi relit-on ?

Lire tient à la nature d’un ouvrage et de son lecteur, à leur complicité, n’est possible qu’en vertu d’une certaine réciprocité. Le lecteur s’avérant apte à recevoir et à contenir ce qui se déverse en lui, ou au contraire se montrant rébarbatif, dans lequel cas la lecture en vient à tourner cours, comme vin au vinaigre.

Relire est encore plus indicatif, à la fois de l’objet-livre et du sujet-lecteur. On ne relit pas pour les raisons ayant conduit à lire et surtout à poursuivre une lecture. Si nous poursuivions une première lecture, c’était en partie parce que le livre ne nous tombait pas des mains. Autrement dit, nous y trouvions du profit. Il apportait quelque chose : du plaisir, de la connaissance. On n’en sort pas, c’est classique : divertir tout en instruisant. Les meilleurs livres tout en occupant notre esprit y ajoutent une certaine substance, produisent une modification de notre pensée, changent notre regard sur le monde. À tout le moins, ils soulèvent des questions. Plus ils sont richement constitués, plus ils exigent une lecture attentive. Cette lecture attentive s’avère toujours plus fructueuse lors d’une relecture.

Bref, j’ai relu L’origine du futur pour renouveler mon plaisir et pour mieux saisir la matière et la manière de cet ouvrage. Je le répète, un plaisir de lecture tient à la nature d’un ouvrage ainsi qu’à celle de son lecteur. Comme le goût, le plaisir n’est pas universel. Les lecteurs et lectrices qui lisent mes études ne partagent pas tous et toutes mes goûts personnels, lesquels du reste sont variés. Pour cette raison, les recommandations de lecture ne doivent pas tomber dans l’oreille d’un sourd. Un homme averti en vaut deux. Il faut savoir que les conseils de lecture ne s’adressent pas indifféremment à l’univers tout entier. Il y a de grandes œuvres qui conviennent à tous les publics. D’autres, tout aussi grandes, en raison de leur complexité, sont des tours difficilement prenables. Elles ont de la hauteur. Pour les conquérir, il faut les escalader, y mettre du sien.

Spécifions d’entrée de jeu que Catalano est un auteur extrêmement doué. Son essai poétique romancé témoigne de l’étendue de ses dons. Il aurait voulu nous offrir un nuancier, faire voir la palette des différents registres qu’il parvient à maîtriser, il n’aurait pas fait autrement. Mais, on le devine, telle ne fut pas son intention. Il n’en demeure pas moins que la chose impressionne grandement. Pour des raisons relatives au projet même de son livre, l’auteur a dû recourir à différents narrateurs, d’origines diverses, mais tous liés les uns aux autres par les liens du sang, par leur origine justement. Par la logique de l’arbre généalogique. Il en découle que ces narrateurs s’expriment différemment. Cela donne lieu à un ouvrage qui sans être composite est varié. Si bien que le lecteur est à même de constater que l’auteur a comme qui dirait plusieurs cordes à son arc. Qu’il recoure au parler populaire, au registre de la rue ou à celui presque des tréteaux du grand discours théâtral antique, Calalano excelle, c’est le moins qu’on puisse dire.

À la lecture, le plaisir ressenti est d’ordre esthétique. On savoure des inventivités verbales plus savantes les unes que les autres. Et l’on prend également la mesure d’une inventivité non moins remarquable, quoique de moins haute altitude, s’exerçant cette fois à même les mots de tous les jours, lorsque la parole sort de la bouche de narrateurs plus « humbles ». L’auteur réalise là un véritable tour de force, qui, on s’en doute, n’a rien à voir avec la gratuité d’un simple exercice de style. Il faut ici le répéter, c’est la nature de son projet qui le conduit à opter pour la forme pour le moins originale de cet écrit à multiples facettes.

Devant un livre aussi particulier, on en vient immanquablement à songer à ce à quoi il peut s’apparenter. On rouvre la porte de sa bibliothèque mentale, celle qui s’est élaborée au fil des ans, et l’on tombe alors sur quelque chose comme l’Arcane 17 d’André Breton. Catalano, en effet, dans certaines pages de L’origine du futur parvient à la très solide consistance de la prose de Breton, et aussi à la liberté si caractéristique de ses écrits, dont la composition n’a jamais rien de linéaire. Pas davantage que Breton, Catalano ne cède aux exigences des lecteurs dits peu exigeants, lesquels réclament des ouvrages où l’on entre comme dans un moulin pour en sortir tout aussi facilement. Je sais, à chacun sa bibliothèque personnelle, et la mienne ne contient sans doute pas les ouvrages qui ont nourri Catalano. Je doute d’ailleurs qu’il ait suivi docilement quelque modèle, mais assurément, l’enfant qui à l’âge de cinq ans (« j’ai l’âge de ma main) apprend à lire par lui-même le mot « Motel » sur une enseigne, lors d’un voyage aux États-Unis, aura poursuivi ses apprentissages auprès de certains maîtres. Lesquels ? Je l’ignore, mais notre homme a fait de solides études et il en résulte une maîtrise du verbe remarquable ainsi qu’une érudition tout aussi impressionnante. Or il vient un temps où les influences d’un livre remontent à la nuit des temps, pour ne pas dire à l’origine du futur, origine dont participe ce premier voyage, celui où l’enfant parvient à déchiffrer un premier mot, et par après le reste tout naturellement s’ensuit, l’enfant devient un homme de lettres, un poète.

Ce « devenir poète » est un « en marche » dont Catalano remonte le cours. Rien justement n’est statique dans ce parcours. Les continents ont dérivé il y a de cela des millénaires, mais la vie, et celles des premiers hommes n’a jamais été qu’une affaire de voyage au long cours, de pérégrination, d’errance et de nomadisme. Les continents sont ceux d’où sont venus nos ancêtres les plus anciens. Ce sont lieux dont ils proviennent. Lieux où ils posent le pied.

Francis Catalano raconte des histoires, les nôtres et celles des autres. Il raconte sa propre histoire, celle des siens. Tout ce beau monde bouge, se promène. L’errance est affaire de gènes. Le patrimoine a la bougeotte. Le récit de Catalano donne le vertige, car il embrasse large, de la toute petite cellule familiale qui est la sienne à des hordes moins contemporaines, archaïques, à des tribus et des peuples tout entiers. En fait, contrairement à l’impression qu’en peut donner mon commentaire quelque peu diffus, le travail de Catalano s’effectue au cordeau, avec une grande précision au niveau de la structure, une organisation remarquable en ce qui a trait à la répartition de ses masses. Le tout, bien que de modestes dimensions, génère une impression de fresque; son architecture bien que de proportions plus modestes fait songer à quelque grande cathédrale.

Si de grands explorateurs ont réalisé de grandes découvertes — mais les découvertes de Colomb et des autres n’en étaient qu’aux yeux cupides de leurs compatriotes — à plus petite échelle, non plus en canot, mais en voiture, par exemple dans une Cadillac Sedan DeVille 1962, l’on a pu rouler sur le Nouveau Continent et redécouvrir le monde. Aux grands récits des premiers, à la grande Histoire font écho de plus petites histoires. Notre écrivain raconte les unes et les autres. Pour ce faire, comme mentionné plus haut, il use de différents registres de langue. Sa prose est tantôt comparable en raison de sa force expressive, de l’étendue de son jeu, à la prose la plus accomplie des plus grands prosateurs. J’insiste ici, je le sais, mais force est de s’incliner. J’ai évoqué la stature d’un Breton, je songe maintenant à l’écriture et aux moyens tout aussi impressionnants de Pierre Ouellet. Il y a entre certaines pages lues chez Catalano et celles des récits de Ouellet une certaine parenté. Les deux savent accomplir des prodiges de syntaxe. Leur langue est riche et savante. Je parlais de nomadisme, et j’y reviendrai. Mais il est une autre forme de voyage, c’est celui auquel nous convie cet ouvrage en quatrième de couverture. On peut y lire que le livre propose « un invitant voyage au cœur des mots ». Ce voyage au cœur des mots atteint son apogée dans les passages de l’ouvrage où l’écrivain traite de la matière qui, dans le temps et l’histoire de l’humanité, est la plus éloignée de nous.  Son verbe alors, comme si la distance exigeait le recours à plus haute instance verbale, se dépersonnalise et gagne en objectivité. Cette objectivité dans sa hauteur de vue procède d’un savoir encyclopédique, la terminologie s’y fait savante, d’une rigoureuse précision. Roger Caillois a montré qu’un Saint-John Perse était l’inventeur d’une poésie proche des travaux de Mendeleïev. On n’en dira pas tant de Catalano, qui se montre plus inventif, il n’empêche : « Croît chez nos voisins une espèce indigène de peyolt tout à fait adorable et malgré les feux allumés çà et là au creux d’amples alcôves oniriques, nous assumons avec sagacité ces choses que nos visions infiltrées de mots, de boutons, d’abbayes, effleurent. »

Le voyage au cœur des mots ne s’accomplit pas uniquement dans le recours aux forces et aux formes poétiques. Ce voyage s’accomplit autrement lorsque l’auteur restreint son cercle au plus proche de l’intime, donnant la parole au jeune homme qu’il fut ou encore à sa grand-mère ; les accents du discours se font alors plus familiers. La maîtrise de l’auteur ne s’en trouve cependant pas affectée. Il connaît l’art consistant à écrire au plus près de son objet. Un tel savoir-faire, ici dans le registre le moins noble, ne produit rien au détriment du propos. Jamais l’auteur ne sacrifie son projet en le faisant disparaître derrière l’écran des mots. Ceux-ci, malgré les aspects spectaculaires de la forme, demeurent au service de ce que l’auteur entend communiquer. Enfin L’auteur ne parle pas pour ne rien dire.

Or cela qu’il dit, qu’est-ce au juste ? Qu’en est-il de la matière ? La table des matières nous en fournit une certaine idée. En cinq mouvements, le livre traitera des terres, des glaces, des hommes, du vent et de l’histoire. Tantôt, il sera question de la grande Histoire, celle surtout qui s’est jouée sur le Nouveau Continent. Tantôt, Catalano racontera l’histoire de sa famille. Mais cela dit, pour bien se faire une idée du contenu de son ouvrage, il faut revenir à sa forme, à sa composition. Il faut comme dans l’enfance où l’on reliait par un trait des points numérotés de manière à aboutir à une image, celle représentant un chien ou une maison, ou quoi donc encore ? il faut relier entre eux différents passages du livre. On constate alors que le tambour battant la charge lors de la bataille des plaines d’Abraham, bataille sur laquelle s’ouvre le livre de Catalano, est le lointain ancêtre du poète, lui-même père d’un « drummer » jouant au sein d’un groupe « dans bar enfumé de Montréal ».

Catalano raconte ses origines. Il dit l’Europe d’où sont venus ses ancêtres. Il dit les Premières Nations d’ici à l’époque où arrivent les Blancs, qui insistent, persistent et sévissent. Il raconte des histoires de migration et en quelques tranches de vie relate, selon les points de vue de différents narrateurs, ses propres déplacements sur les territoires canadien, américain et mexicain. « Sous le faisceau évasé de la lampe torchère orange kitch du salon, je revois père penché au-dessus de la carte routière surligner en rouge le trajet Montréal-Acapulco. Vue d’ici, l’Amérique me semble immense et fabuleuse et surtout un grand corps organique, j’y vois quantité de petits vaisseaux, de capillaires, qui s’entrecroisent à l’infini. »

Dans leurs aventures, les divers personnages sillonnent le monde.

Personnages parfois indistincts appartenant à des hordes en mouvement. « L’origine du futur plonge ses racines dans la peur de la famine, dans la vision en boucle d’un troupeau de bisons poussé au bord d’une ravine. Finirons-nous par arriver, nous qui ignorons de quel lieu nous venons ? Où continuerons-nous d’aller maintenant ? »

Personnages souvent historiques, dont les pérégrinations les conduisent de la Vieille Europe au Nouveau Continent. « Cristoforo Colombo, c’est bien toi, natif de Genoa, ds cuisses d’une Isabelle castillane ? Les habitants de l’île ont avalé goulûment ton savoir multiface d’entremetteur. Tu n’as pas, malgré ce tout premier pas, de privilège sur ce monde innocent, dont seuls le nouveau, l’exotisme et la férocité t’ébahissent. » « Qu’il nous suffise de songer à Cortès baptisant Veracruz, autre terre atopique, et nos visages s’empourprent. » « Il s’appelait Samuel de Champlain et c’est du nom de Québec qu’il appela cette place où le grand fleuve est encaissé. »

Personnages familiaux. À la grande fresque de la grande Histoire succèdent une série de tableaux non moins intéressants. Le lecteur assiste à des départs, à des arrivées. Celui-là qui au tout début de l’essai-poème-roman-autofiction joue de la caisse claire, il comprendra bientôt qu’il est un lointain ancêtre de Francis Catalano. Sur le champ de bataille des plaines d’Abraham, il attend « les ordres du tambour-major pour les transmettre à l’infanterie du bout de ses baguettes. » Un autre jeune homme traverse l’Atlantique en 1953. « S’il part seul en Amérique, c’est pour mordre dans la vie, changer, tenter l’aventure. » Son père est le narrateur de cette section du « roman ». Il n’assiste pas au départ de son fils, dans le port de Naples, à bord de L’Homérique. Le lecteur comprend bientôt que ce Filippo, soudeur de son métier, sera le père de l’auteur. Mais là ne s’arrête pas la galerie de personnages. La grand-mère de l’auteur, à qui est dédié le « roman » est à son tour narratrice. « Ti-Pouce », c’est ainsi qu’elle surnomme son petit-fils, est l’enfant qui, à l’âge de sa main, cinq ans, lors d’un voyage au long cours à travers l’Amérique, apprend à déchiffrer les mots « Motel » et « Hôtel » : « Lire : est-ce aborder de nouvelles plages de sens, les longer, et se lancer à la mer avec tel ou tel mot dans telles ou telles eaux ? En réalité, je ne fais que commencer à porter une attention égale aux mots et au monde. » Ainsi naît une vocation d’écrivain.

L’origine du futur est un ouvrage brillant. Il est tout à fait réussi. Le serait-il moins, cependant, si l’auteur çà et là avait offert au lecteur plus de précisions, notamment au niveau des dates, afin qu’il nous soit possible, sans trop de difficulté de nous retrouver dans le parcours des personnages de sa petite famille ? J’ai évoqué plus haut les points correspondant aux chiffres sur une page, de sorte qu’apparaît lorsqu’on trace un trait les réunissant l’image ainsi dessinée. Afin de constater une pure merveille, pour vraiment parvenir à identifier certains personnages, dont celui de l’auteur tel que « dessiné » par son fils, devenu narrateur d’une section de l’ouvrage, j’ai dû travailler un peu fort, je l’avoue. Le jeu en valait la chandelle. À la page 35, un des « je » du « roman » fêtait son trentième anniversaire. Avec femme et enfant, il allait séjourner durant quelques mois à Ixtapa Zihuatanejo. Qui était ce « je » ? On apprenait que la mère de son enfant se nomme Carolina F. Nous ne retrouvons celle-ci que quelques années plus tard à la page 86. Entre ses deux apparitions, le temps non seulement a passé, mais beaucoup d’espace aura été parcouru par de vastes hordes, par des peuplades entières. Or, il nous est demandé de nous souvenir de ce nom vite disparu, ce qui s’avère pourtant essentiel pour sourire lorsque le fils, narrateur dans ce cas, à l’occasion d’un road-trip avec ses parents, « dessine » en rétrospective son père en train d’écrire des poèmes et de parler poésie. La chose est amusante. Catalano ne manque pas d’humour. Il se montre dans cette page tel que vu dans le regard de son fils.

Je sais que pour être vraiment réussi, un ouvrage ne doit pas nécessairement être, en tout et pour tout, clair comme de l’eau de roche. Je trouve cependant regrettable que des réussites puissent passer inaperçues et que des auteurs de grand talent soient souvent négligés en vertu de vertus confondues avec des vices.  Ce vice, impuni de la lecture dont parlait Valery Larbaud ne doit pas être confondu avec la pusillanimité du lecteur. La collaboration de ce dernier est toujours de mise. Il faut y mettre du sien.

On aura compris que Catalano est un prosateur qui ne manque pas d’originalité. C’est là une litote, il serait plus séant d’insister hyperboliquement sur ses nombreux dons.  J’ai dit à quel point ce poète parvient à maîtriser ses instruments. Son style est empreint de grandeur, d’éloquence même. Quand il l’est moins, sa manière est tout aussi séduisante. Il raconte alors avec des mots moins savants des histoires qui, par endroits, ont le charme du conte, et du roman populaire.

Un écrivain qui écrit de la façon suivante suscite ma plus vive admiration : « L’aube s’est-elle inclinée qu’une rose fanée, venue en image dont ne sait où, s’est aussitôt redressée pour la saluer, et l’horizon a bel et bien neigé, c’était un duvet, c’était une merveille. Puis les soleils, longtemps trépanés, ont ouvert des pans de ciel couleur bleu électrique, le bran de scie a volé, puis le vent soufflant d’un poumon d’acier a agité son jeu de clefs dans l’air pur et sec qui nous a tous sortis d’un seul bloc de coma artificiel. »

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

3 commentaires sur « Francis Catalano : L’origine du futur : Essai poétique d’autofiction : Les éditions Mains libres : 142 pages : 2021 »

  1. Tes «petites études» sont chaque fois l’occasion d’une réflexion originale sur un sujet, un thème associés au monde de la littérature. Tes remarques sur «pourquoi relit-on un ouvrage» sont savoureuses.
    Et à l’humour un peu tordu et cachottier de l’auteur tu n’es pas en reste avec …«les influences d’un livre remontent à la nuit des temps, pour ne pas dire à l’origine du futur…»

    J’aime

  2.  » remontent à la nuit des temps, pour ne pas dire à l’origine du futur » … L’autre jour, je me suis fait la réflexion suivante : elle est un peu paradoxale, puisque le présent y est défini de deux façons, qui ne sont pas contradictoires (elles dépendent du point de vue, de l’endroit mental où l’on se situe pour envisager le présent, soit à l’une ou l’autre extrémité du flux temporel (genre : la vie est un long fleuve tranquille). Voici ma petite réflexion. Elle contient une antimétabole, sorte de chiasme. Le présent est le futur du passé tout en étant le passé du futur. » Bon ! J’avais trouvé une formule plus brillante, mais ça ressemblait à ça. Merci Laurent. Et bonne année !

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :