Daniel Guénette : L’École des Chiens : Récit : Triptyque : 2015

AVERTISSEMENT  

Ceci n’est pas un commentaire comme il m’arrive d’en faire paraître habituellement dans ces pages. Je l’ai rédigé, il y a quelques années, afin d’éclairer un ami lecteur qui me faisait part de ses observations. Je le reprends ici malgré son aspect brouillon. Quelques lecteurs et lectrices ayant récemment découvert L’École des chiens, je reprends ce texte afin de répondre aux bons mots qu’ils ont récemment eu l’amabilité de m’écrire.  

***

Supposons un lecteur consciencieux, ou forcé de l’être, disons un professeur. Donnons-lui ce curieux titre de relecteur, puisqu’il fait retour sur sa lecture. Supposons que son but, au-delà d’un renouvellement du plaisir, en soit un d’approfondissement, d’élargissement de sa compréhension de l’œuvre. Il pourra user de différentes méthodes. J’en connais qui donnent d’heureux résultats, parmi lesquelles on en trouve de fort simples.

Compte tenu du fait qu’un auteur sait et ne sait pas tout à fait ce qu’il veut faire, ce qu’il a fait ou voulu faire, on peut approcher un ouvrage littéraire en se posant une question toute simple, celle de son pourquoi.

J’explique. Ici, notre auteur se répète. Là, il use d’une métaphore. Plus loin, il décrit longuement un paysage ou un intérieur. Un de ses personnages se nomme Prud’homme, un autre s’appelle Paradis. Son narrateur ne montre pas le bout du nez. Au contraire, il intervient à tout bout de champ. Etc. Pourquoi? Pourquoi ceci ainsi, et pas autrement?

Le sait-il lui-même? Peu importe. Le texte est en partie le résultat de sa volonté, en partie le fruit d’un travail qui lui échappe. S’il a fait ce qu’il a voulu faire, souvent aussi, il a fait autre chose. Parfois, les deux à la fois.

Supposons maintenant que ce relecteur examine à nouveau L’École des Chiens. S’il relit attentivement cet ouvrage, il saisira des particularités qui lui auront d’abord échappé. Il découvrira des répétitions, des reprises. Il verra à l’œuvre des liens plus ou moins ténus, plus ou moins affichés.

Par exemple, pourquoi, se demandera-t-il, l’auteur a-t-il inséré un poème d’Hugo en entier au début de son ouvrage, et ce, sans le commenter davantage que ne le fait la présentation du livre en quatrième de couverture? Il découvrira, s’il est patient, des indices lui permettant de solutionner les énigmes, discrètes, que soulève ce récit.

Il remarquera, par ailleurs, qu’il peut établir des parallèles entre certaines scènes, parmi les plus importantes de l’ouvrage. Il constatera que Max n’est pas le seul chien à trouver la mort dans L’École des Chiens. Il y a celui du poème de Victor Hugo, bien sûr; mais il y a aussi le chien de liaison appelé Jack. Le relecteur constatera que ces chiens meurent dans des circonstances relativement similaires. Qui plus est, il observera que les scènes de leur décès sont décrites et racontées sensiblement de la même manière. Il se demandera à quoi tout cela peut bien rimer.

Je propose de relire certains passages de ce récit, qu’ensuite je relierai dans le commentaire qui suivra. Je souligne ici des répétitions ou échos susceptibles d’éclairer le lecteur en quête d’un surcroît de sens.

«Un groupe tout à l’heure était là sur la grève,

Regardant quelque chose à terre. – Un chien qui crève !

M’ont crié des enfants ; voilà tout ce que c’est. –

Et j’ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait.

L’océan lui jetait l’écume de ses lames.

— Voilà trois jours qu’il est ainsi, disaient des femmes,

On a beau lui parler, il n’ouvre pas les yeux.

— Son maître est un marin absent, disait un vieux.

Un pilote, passant la tête à sa fenêtre,

A repris : – Ce chien meurt de ne plus voir son maître.

Justement le bateau vient d’entrer dans le port ;

Le maître va venir, mais le chien sera mort. –

Je me suis arrêté près de la triste bête,

Qui, sourde, ne bougeant ni le corps ni la tête,

Les yeux fermés, semblait morte sur le pavé.

Comme le soir tombait, le maître est arrivé,

Vieux lui-même ; et, hâtant son pas que l’âge casse,

A murmuré le nom de son chien à voix basse.

Alors, rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué,

Le chien a regardé son maître, a remué

Une dernière fois sa pauvre vieille queue,

Puis est mort. C’était l’heure où, sous la voûte bleue,

Comme un flambeau qui sort d’un gouffre, Vénus luit ;

Et j’ai dit : D’où vient l’astre ? où va le chien ? ô nuit !»

Victor Hugo, Les quatre vents de l’esprit  (page 15)

Hâtant son pas que l’âge casse, est repris à la page 218 et concerne alors le vieil homme auquel réfèrent les diverses Notes sur le roman.

rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué, est repris à la page 208, lorsqu’il est fait mention de la mort de Jack.

Notons que ce poème traite d’une question qu’aborde L’École des Chiens. Que vaut une bête? Et par extension, est-il raisonnable d’accorder de l’importance à un chien, puisqu’un chien, c’est presque rien : «voilà tout ce que c’est», peut-on lire dans le poème. Ce texte de Hugo est donné à lire, bien entendu, à titre de mise en abîme. Il condense le récit dans lequel il est enchâssé et entretient avec lui encore plus de liens que ceux nous venons de mettre en évidence.

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«Une scène emblématique : par un soir de tempête, l’homme et la bête se baladent en bordure d’une forêt. Le chien s’éloigne. Il disparaît au milieu de la tempête qui s’intensifie. Le maître s’inquiète. Il appelle son chien, qui ne vient pas. Il siffle. Du temps passe. L’homme croit son chien disparu à jamais. Puis, lentement, indistinctement, celui-ci réapparaît dans son champ de vision. Comme une ombre blanche émerge du néant.»  Page 20

Les pages 20 et 100 vont de pair, s’éclairent mutuellement. Nous y reviendrons dans le commentaire ci-bas.

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«C’est qu’une tempête se levait. Il s’était mis à neiger fortement, la poudrerie soufflait dans notre direction. J’avançais péniblement dans le vent. Max était tout à sa joie. C’était encore un jeune chien, il devait avoir un peu plus d’un an. La neige m’aveuglait et mes pieds s’enfonçaient dans son accumulation. Max s’éloignait de plus en plus. Il finit par disparaître à la lisière du boisé. Pendant un moment qui me parut fort long, une pensée me vint à l’esprit. J’eus peur que Max s’évanouisse tout à fait dans la nuit, qu’il se perde dans la neige. Je retirai le gant de ma main droite et, portant mes doigts à la bouche, je sifflai fortement. Une seconde passa, puis une autre. Le temps sembla s’immobiliser et se refermer sur la disparition de mon chien. Finalement, quelques instants plus tard, à travers le mur épais de la neige, parmi tous les grains qui floconnaient, se dessina, d’abord confusément, puis avec une précision de plus en plus nette, une forme, sortie du néant, sortie de l’absence, celle d’un chien blanc dans la neige blanche, qui, tout petit point d’abord, de proche en proche se mit ensuite à croître. Mon chien se rapprocha, et je pus tenir enfin sa tête enneigée entre mes mains. Mon chien m’était revenu. Je l’avais rappelé. Il était revenu.

Il y a deux mois de cela, il s’enfonça pour toujours dans sa disparition. Ce soir, il neige, d’une neige toute pareille à celle qui me l’avait ravi à l’orée du boisé. Si je siffle très fort, ce soir, Max ne traversera pas les flocons qui s’abattent maintenant sur la ville.» Page 100

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Bien plus loin dans L’École des Chiens, il est question des ancêtres de Max. Il descend d’un chien qui a été un chien de combat durant la Seconde Guerre mondiale. Le nom de ce chient était Jack. Il est un héros. On assiste ici à son dernier exploit ainsi qu’à son dernier souffle : «Je l’attends avec anxiété. La neige fouette mon visage, le vent est glacial. Mes yeux se plissent ; je redouble d’efforts afin de traverser du regard l’opacité qui fait un mur entre moi et mon chien qui tarde à venir. Soudain, j’entends le sifflement d’une balle allemande au-dessus de ma tête. Quelques secondes s’écoulent. Enfin, je vois, je crois voir, je vois vraiment, oui je crois voir mon chien blanc dans le blanc de la neige ; je vois sa silhouette qui approche, apparaît, disparaît. Il est là, puis le blanc de la neige, qui s’intensifie, l’efface à nouveau de ma vue. Mais cette fois, c’est bien lui ; je distingue maintenant ses deux yeux noirs à travers les grains blancs de la neige. Il arrive, il est presque là. De petit qu’il était, il est maintenant tout entier devant moi, à quelques mètres à peine.

Soudain, un autre coup de feu retentit. Une balle le frappe. Jack tombe et s’immobilise. D’interminables secondes s’écoulent. Puis, le courageux animal, comme s’il était conscient de l’importance de sa mission, se relève. Il ne veut peut-être pas mourir sans l’avoir accomplie. Il me voit. Je l’appelle. Il semble me sourire. Il se traîne péniblement jusqu’à la tranchée. Lorsqu’il y parvient, je le saisis par le collier et l’attire jusqu’à moi. Il saigne abondamment. Je prends possession du pli dont il est porteur et le remets à l’officier.

Puis, j’examine Jack. Il est si faible. Il perd beaucoup de sang. Il est assis devant moi, mais je sens qu’il va bientôt s’affaisser. Je lui demande de se coucher. Je l’aide à s’étendre sur le sol. Je me penche sur lui et prononce tout doucement quelques paroles de réconfort. Je murmure son nom à voix basse. Je plonge mes narines dans le creux de son oreille. Je respire tout son petit être qui s’en va. Et je l’embrasse. Alors, dans le silence de la nuit maintenant absolu, rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué, Jack me regarde une dernière fois. Il semble dire adieu.» Page 207-208 Le narrateur de ce qui précède est le maître de ce chien de liaison. Curieusement, dans ce compte-rendu du dernier « fait d’armes » de Jack, il utilise les mots du poème de Victor Hugo.

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«Où est le chien, lorsque meurt notre bonhomme, vieux lui-même, et que son pas cassait lorsque dans les derniers temps, il entreprenait le voyage qui le conduisait de son fauteuil à sa chaise de cuisine ou à son lit ? Où est le chien et que fait-il alors que notre homme est cloué sur son lit de mort ? Dans cette solitude qui s’étrécit progressivement, comme dans celle de la servante de Flaubert, l’animal chéri n’est jamais trop loin de son maître.

Alors que la machine fera finalement entendre l’unisson de sa petite musique funèbre, la ligne qui reproduisait les mouvements du cœur s’étant enfin couchée, à ce moment précis, le chien, du bout de l’horizon, vient à la rencontre de son maître.»Page 218

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«À la fin du roman, le vieil homme est seul. Il est étendu sur le dos, branché à de nombreux appareils. Au-dessus de lui, le sac de Baxter et sa potion magique. Sous lui, il entend une sorte de murmure, un vague clapotis. Son corps lui donne l’impression de glisser, d’onduler, de tanguer doucement. Il dérive au fil de l’eau, dans une barque emportée lentement par le courant. Dans cet espace où il se trouve, il fait sombre comme à l’intérieur d’une caverne.

Puis, vient une sensation de froid. Autour de lui, il fait maintenant tout à fait nuit, mais cette nuit est toute blanche. Il est debout, il se tient droit dans le froid glacial de l’hiver. Devant lui s’étale une immense plaine. Le vent blanc se lève. Il neige de plus en plus. De fortes bourrasques l’atteignent au visage. Il ne voit devant lui qu’une dense poudrerie qui l’aveugle. Les flocons fouettent son visage. Il plisse les yeux et s’efforce de voir. Il cherche devant lui, au loin, une présence. Il attend, il espère cette présence. Il tente d’en saisir le mouvement. Puis, elle vient vers lui, il la sent qui se rapproche et se précise. Une ombre blanche dans la froide blancheur de la nuit enfin le rejoint.»Page 267 (Épilogue)

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Commentaire

En cours de lecture, il aura été constaté que le chien de liaison meurt dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler la scène emblématique du récit, celle où Max traverse une tempête de neige pour revenir à son maître. Le lecteur aura aussi découvert que le maître de Jack, le caporal Paulhan, reprend quasi mot pour mot des passages du poème de Victor Hugo, et qu’il fait de même avec les propos du narrateur premier de L’École des Chiens. Autrement dit, le caporal Paulhan plagie, si l’on peut dire, le narrateur du récit premier, lequel curieusement est écrit près d’un siècle après qu’il écrive le sien. Le lecteur s’interrogera sur ces similitudes et le sens qu’elles peuvent donner au récit. Il tiendra également compte du détail suivant. Tout le récit du caporal Paulhan résulte d’une opération de double traduction. En effet, Paulhan (décidément, un nom d’écrivain : ce caporal étant un soldat dont le narrateur aura dit, page 204, première ligne, qu’il était  «un guerrier appliqué», empruntant alors à Jean Paulhan, l’écrivain, le titre d’un de ses récits), le caporal, a d’abord écrit son récit en français, récit qui par la suite a été traduit en anglais par des éleveurs de chiens, pour être traduit à nouveau par le narrateur de L’École des Chiens. Dans de telles circonstances, il est plutôt étonnant de constater, au bout du compte, que le point d’arrivée du texte de Paulhan rétablit mot pour mot ceux du poème initial, original, de Victor Hugo : «rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué». Le caporal s’est-il amusé à insérer une citation cachée dans son récit? On pourra croire que non.

Il est aussi intéressant également d’observer la récurrence du miel de sarrasin, ce doux parfum de l’oreille de Max. On retrouve souvent cette odeur au fil des pages. Une première fois à la page 27, lorsque le narrateur met le nez dans l’oreille de Max, à la clinique, alors que le chien agonise. Puis, le caporal Paulhan, à la page 209, «plonge [ses] narines dans le creux» de l’oreille de Jack. Ces deux scènes sont celles où meurent les deux chiens. Par ailleurs, les noms de ces chiens tiennent en une seule syllabe, ce qui accentue leur ressemblance. Autre élément, non négligeable, ces chiens traversent tous deux une tempête de neige afin de retrouver leur maître.

On pourrait en terminant, mentionner le la dont il est fait plusieurs fois mention dans le récit. Il s’agit de ce point d’orgue par lequel prend fin L’École des Chiens. Plusieurs fois évoquées, entre autres aux pages 218 (avec le vieillard des Notes sur le roman) et 268, ces scènes jumelles correspondent à la mort des maîtres de chiens que sont le vieux et le narrateur. Avec ce la, au moment où meurent ces personnages (l’un étant le double romanesque de l’autre), surgissent les chiens. Max et son avatar viennent chercher leur maître (émergeant chacun d’une tempête de neige).

Le lecteur attentif et la lectrice attentionnée comprennent alors ce que Topinambulle a écrit sur son blogue. Topinambulle évoquait «Des sensations, des images, des fils qui parviennent à tisser une toile non pas superficielle, mais gagnant en profondeur à mesure que l’on avance dans notre lecture».

Les jeux de l’écriture auxquels réfère la blogueuse sont-ils gratuits?

Ils le seraient si l’auteur n’avait eu pour seule intention que son plaisir, donnant ainsi libre cours à une certaine propension à la fabrication du faux. On peut cependant parier qu’il poursuivait un autre but, plus louable. Celui de construire pour son chien un tombeau qui soit littéraire par sa facture et son style.

Max était un chien ordinaire, c’est-à-dire sublime, parce qu’aimable, parce qu’aimé. Il n’avait rien accompli de son vivant qui pût susciter l’admiration. Pas d’héroïsme, aucun fait d’armes qui fût remarquable, rien mise à part sa loyauté, sa fidélité, sa présence. Or il se trouve que cela est en soi remarquable, la rareté n’étant pas l’apanage du sublime.

En lui inventant en amont un ancêtre hors du commun, l’auteur magnifiait les origines de son chien. Ses origines, en retour, remontaient jusqu’à lui, sculptant ainsi pour lui, aux yeux de la postérité, une belle tête de chien. Une tête de statue, de celles qu’on érige pour les héros (un monument est érigé en son honneur à la page 174). Ainsi, dans son passage dans l’autre monde, Max a-t-il maintenant fière allure, Jack, son double magnifié, faisant désormais reluire sur lui les rayons dorés d’une gloire posthume.

Ces échos, ces reprises, ces liens qui se tissent, le lecteur peut ne les avoir saisis que vaguement. Mais le relecteur grâce à eux peut découvrir une sorte de trésor. Cette richesse, l’auteur ne l’a recherchée que pour offrir à son compagnon une sorte de mausolée, rien de moins qu’une niche dorée.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

2 commentaires sur « Daniel Guénette : L’École des Chiens : Récit : Triptyque : 2015 »

  1. Quel plaisir de retrouver le héros de Marcus, le nôtre, le tien, si bien célébré, si justement rappelé, si chaleureusement décoré de toutes ces astuces littéraires! Le poète que tu es sait lui donner une vie qui dure et dure dans nos coeurs…

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