Julie Stanton : Nos lendemains de feu : Poésie : Écrits des Forges : 2021

Journaliste indépendante, Julie Stanton a fait paraître depuis le début des années 1980 de nombreux ouvrages de poésie et quelques romans. Maintes fois finaliste ou lauréate de prix prestigieux, elle livre avec Nos lendemains de feu un recueil testamentaire. Elle y témoigne de pertes certaines et de gains plutôt incertains. C’est que des paradis ont été perdus, tandis que sous nos yeux l’avenir s’assombrit de plus en plus.

En ouverture du recueil, la poète cite Tahar Ben Jelloun. Dans l’édition du Devoir, en date du 30 juillet 2011, celui-ci déclarait : « La poésie française la plus belle est née de la résistance. La poésie naît avec la révolte, devient elle-même révolte. La vie menacée crée les conditions de la poésie : il n’y a pas de poésie confortable. » On peut ne pas être d’accord avec l’assertion voulant que les plus belles œuvres poétiques françaises aient été en lien avec la résistance. Du reste, sans doute Ben Jelloun entendait-il le concept de résistance dans son sens élargi, la résistance ne se réduisant pas alors à la période historique de la Seconde Guerre mondiale. Quoi qu’il en soit, cet exergue ne pourrait avoir été mieux choisi. Il dit en parfaite adéquation la matière et la manière du recueil.

« Les paradis perdus », tel est le titre de la première section de l’ouvrage. Sur le plan formel, cette section est caractérisée par le recours systématique à deux procédés. Le premier consiste à donner à chaque poème un titre n’ayant toutefois que l’apparence d’un intitulé. Je m’explique. Un mot (rarement deux) figure isolé au-dessus du corps du poème. Il agit comme un titre, mais en réalité il amorce le mouvement du texte, constitue son point de départ. Invariablement, les quarante-six poèmes de cette section sont composés d’abord de ce genre de titre, puis de trois groupes verbaux (paragraphes ou strophes), le groupe central étant constitué de vers mis en italique, tandis que le reste du texte est en prose et en romain. Tous les poèmes sont relativement courts. À chacun sa page.

 La seconde et dernière partie de l’ouvrage aura aussi droit à un traitement particulier au plan formel. Elle différera du tout au tout de la première, épousant à sa manière un contenu ouvert davantage sur les gains hypothétiques que sur les pertes encourues, telles que les explicite, poétiquement il va sans dire, la première partie. Cela dit, cette rigueur formelle donne aux poèmes un surcroit de cohérence et de solidité. Il s’agit là de cadres favorisant en quelque sorte l’inspiration. Ils n’ont rien de gratuit, comme on le verra lorsque sera abordée la deuxième section de l’ouvrage, où l’urgence de l’action imprime au verbe ses heurts et des scansions propres à l’impatience de la révolte.

La Terre est à feu et à sang. Il n’en fut pas toujours ainsi. Curieusement, alors que, mentalement du moins, nous retournons à l’origine de la beauté et de la nature, le recueil s’ouvre par ces deux mots : « Au crépuscule ». C’est qu’au crépuscule, le moment est crucial, qui permet d’évaluer en perspective cavalière le chemin parcouru par le temps, le temps de l’histoire. Il y eut un éden. « Les paradis perdus », je le rappelle, constituent le thème des quarante-six premiers poèmes du recueil. Au soir de l’humanité, l’heure est venue de réaliser l’ampleur de la perte. La poète numérotera les abattis du monde, fera, autrement dit, le décompte de tous les maux dont souffre aujourd’hui notre pauvre humanité. Mais avant de les passer en revue, avant de dénoncer les exactions de l’homme et les outrages qu’il a fait subir au monde, la poète s’offre le luxe d’une contemplation. Devant la Voie lactée, au crépuscule, elle sent en son âme la vaste présence de la beauté. « Au crépuscule // la lente dégradation du bleu à cheval sur l’or et le rose t’a atteinte de plein fouet, tu as cru à l’impérissable. » Je dis « la vaste présence de la beauté », nous pourrions parler plutôt de la charité de l’univers, du cadeau qui fut offert à l’homme, cadeau d’une Terre d’où contempler « nuage après nuage » le « clair-obscur » du « ciel floconneux ».

Ce sentiment de bien-être sera de courte durée, ou s’accompagnera plutôt de son avers, comme est au creux de l’estomac une douleur. Telle est l’angoisse indissociable de la conscience du mal. Ce n’est pas un mal moral ou personnel, non plus une faute individuelle. Cependant, l’erreur commune, la poète en deviendra peu à peu le porte-étendard, comme un Christ avec sa croix faisant sienne la souffrance universelle. On verra donc la poète en venir au point où elle assumera sa part de responsabilité dans le carnage et le saccage où s’enflamme actuellement le destin du monde. Dès le deuxième poème, évoquant les « radeaux d’infortune », constatant que « [r]ien n’a plus de sens », elle s’adressera ce reproche : « Mais toi / L’œil barbare/ Tu t’offrais le luxe de la contemplation ». Ben Jelloun était clair sur ce point : « il n’y a pas de poésie confortable. » Alors, se dit-elle : « Tends le cou au-delà de ta béatitude. »

Nous parlions plutôt des blessures de notre monde : « Vois / La fonte du Groenland / Le Brésil sous la boue / Le déchaînement de l’Etna ». La liste des catastrophes s’allonge : « En Californie, Paradise a cédé à l’enfer, le Portugal retient son souffle, la Grèce flambe, l’Amazonie se meurt. » Et ce n’est pas tout. L’auteure ne prétend sans doute pas à l’exhaustivité, mais en évoquant d’autres aspects de « ce scénario apocalyptique » (« où donc les cortèges de girafes, les parades de rorquals bleus, les bancs de coraux s’étaient-ils évanouis ? »), elle rappelle ce que nous savons déjà tous. À savoir qu’une menace pèse sur notre monde. La nature disparaît à petit feu, malmenée par les abus et les mauvais traitements que lui infligent les hommes cupides, avides de richesses et de croissance, assoiffés de pouvoir et de confort : « il n’y a pas de poésie confortable. » Julie Stanton fait plus que nous rappeler ce que nous savons tous déjà trop bien. Elle instille les ferments de l’action au sein de la parole.

Mais l’impuissance ! Et surtout le sentiment envahissant de la honte : « Les plaintes célestes / De Johann Sebastien Bach / Pour Maria Barbara en allée / Attisent tes remords / De n’avoir su préserver l’héritage ». La poète se tient sur son île, éprouvant ce que Char appelait une « sérénité crispée ». Elle écrit : « Tu fermes les yeux sur les tournesols de ton île follement aimée. Son pouls à tes tempes, le chant de ses hirondelles à l’oreille. » Tout se passe ici comme s’il lui était désormais interdit d’être au diapason de la beauté que lui offre son île. Elle a d’abord confessé ceci : « Il existe des lieux où tu te crois très pure. Néanmoins la honte, la honte. » Au cœur de la beauté s’est immiscé l’aiguillon du remords. Ce fer dans la plaie que tourne et retourne sa conscience, ce tourment, elle le doit à sa duplicité, à sa complicité dans le malheur collectif : « Tu as acquiescé au pillage / En maniant l’utopie à outrance / Mais le Gange se meurt // Ses pèlerins, ses malades pullulent. Ses cadavres rouillés au creux d’une eau rouillée. Tu aggraves ta faute. »

Nous avons rappelé plus haut le symbolisme de la crucifixion, où l’un porte sur soi seul la faute de l’entière humanité. Lorsque la poète s’adresse à elle-même et s’accable de reproches, son interlocutrice (elle-même) ne se dédouble-t-elle pas de manière à englober les autres, ses frères humains, ses sœurs ? « Tu n’as pas su freiner la montée des aubes meurtrières, pas su épargner la vulnérabilité de la tortue des bois dans les clairières des Appalaches. » C’est là s’en mettre beaucoup sur les épaules, un faix trop lourd à porter. Or il n’y a pas lieu de raisonner aussi étroitement, d’indiquer à la poète qu’elle n’est pas seule coupable et responsable du chaos qu’elle dénonce et recense. Du reste, elle en est assurément consciente. À vrai dire, son dispositif verbal, sa rhétorique si l’on préfère, fonctionne à la manière d’une subtile inclusion : ses lecteurs ne peuvent que s’associer à son discours. La poète en se flagellant de la sorte engage ses lecteurs à entonner à sa suite un mea culpa identique. C’est toute sa génération, celle des biens-nantis que nous sommes, qui a profité des malheureux bienfaits de notre société de consommation. Les lendemains sont déjà en proie aux flammes. Il est grand temps d’agir. De la parole à l’action, il n’y a qu’un pas.

Ce pas au-delà, il en sera question lorsque nous traiterons de la seconde section de l’ouvrage. Pour l’heure, il convient de poursuivre sur la voie de la dénonciation. Les changements climatiques ne sont pas les seuls enjeux. L’économique et le politique sont également dans la mire de l’écrivaine.

Nous allons, couverts de beaux vêtements et de parures. Mais ! « La cueillette du coton / Pour assouvir ta vanité / Aura causé l’assèchement de la mer d’Aral / La mer s’arrête à toi ».  Mais ! « Ta dette // envers les exploités du textile augmente de chemisier en chemisier. Il faudrait te promener en tenue d’Ève pour effacer de ton dos l’empreinte de leur esclavage. Ta silhouette cousue de fil blanc tue. » Voilà qui est plutôt percutant !

Autre plaisir coupable, « ce vice impuni, la lecture », disait Valéry Larbaud. Stanton rejoint Saint-John Perse qui déclarait que « Un livre, c’est la mort d’un arbre. » Stanton écrit : « Parce que // l’essentiel tu le trouvais dans tes livres chéris sans t’inquiéter de la veine de l’arbre qui avait dû être saigné pour la célébration des mots. »

On le voit, la conscience de la poète est extrêmement chargée. Nous avons reçu en héritage de multiples splendeurs. Stanton les a d’abord saluées. Bien entendu, elle n’occulte en rien les horreurs également transmises de génération en génération, mais justement, elle s’inquiète. Dans l’un des tout premiers poèmes, elle s’est interrogée sur le sort des générations à venir : « Les petits-enfants // des enfants de tes enfants, que sauront-ils de la forêt boréale naguère opulente, de la taïga du Grand Nord, de ses tapis de bruyère, de son lichen, de ses mousses ? »

De la parole à l’action, il n’y a qu’un pas. Ce pas au-delà, cette parole et cette action, demain et déjà aujourd’hui, seront et sont le fait de la jeunesse. Les jeunes sont, et c’est le titre de la deuxième section du recueil, les « Résistants de l’ombre ».

Sur le plan formel, les poèmes de cette section, moins nombreux (vingt-deux), tout aussi brefs que ceux de la première partie, tiennent chacun en un petit bloc de prose. Cette prose a la caractéristique d’être sans ponctuation, le lecteur y supplée. L’absence de ponctuation met en évidence une cohérence, celle de l’emportement, parfois de la véhémence aussi. Assurément, le ton, par endroits, est celui de l’épopée. La jeunesse n’entend pas se tourner les pouces. On lui a laissé en héritage un monde qui va à hue et à diable. La jeunesse veut ni plus ni moins que ramener l’avenir à un état premier, le monde à son « état sauvage », nous dirait un Pierre Ouellet. Ils désirent retrouver ces paradis perdus dont la disparition a tant alarmé la poète dans la première partie du recueil. On dirait ces résistants dotés d’une force quasi surhumaine, aptes à conjurer l’inhumaine nature humaine. Ces résistants de l’ombre semblent être pure lumière. En exergue, ce mot de Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait. »

La transition entre les deux parties du recueil s’opère à travers une transmission. La mission de l’une (la poète) passe aux seconds (les résistants). Tel un témoin, tel un flambeau. La première a témoigné. Les seconds porteront le feu, prendront les armes, monteront à l’assaut du capital, des « parlements insensibles [des] milliardaires [des] décideurs cannibales. » La parole leur est donnée, la poète s’éclipse. Les résistants de l’ombre parlent en leur nom, ils disent « nous » et s’adressent à un « vous » où vous et moi pouvons désormais nous sentir visés. N’avons-nous pas abandonné le monde à sa dérive ?

La transition entre celle qui sur île a vu le monde péricliter et les résistants de l’ombre est manifeste dès les premières paroles de cette section : « Quelque part sur Terre elle dit je ne veux pas mourir avant d’avoir vécu tandis qu’ailleurs sur Terre d’autres voix fusent envahissons la rue les trottoirs les esprits nous sommes les Résistants sortis de l’ombre allons vent debout devant les banques qui spéculent sur la faim […] nous les enfants du XXIe siècle nous confronterons la langue du profit à celle de nos idéaux [… »

Dans cette section, la poète met son verbe au service de la parole des jeunes, de leur « poésie hurlante ». La poésie de Stanton se fait la porte-parole de leurs idées, de leur contestation, de leur espoir désespéré : « avoir la foi nous arrive. » Les jeunes annoncent des lendemains qui chantent, des lendemains de feu et de foi. Feu, parce qu’ils ont ardemment à cœur de « changer la vie » comme disaient les surréalistes, de « transformer le monde » comme disait Marx. Et l’auteure ne divague pas lorsqu’elle les dépeint ainsi, car ils ont agi et fait ainsi entendre leur voix dans la dernière décennie : « Il y aura des excitations et des insomnies des tiraillements et des ravissements les frontières abolies par des textos pleins de fraternité un poing sur la poitrine l’Autre foudroyant penchés sur nos smartphones ou tête levée vers les drones peignez le ciel en vert nous voici. » Peindre le ciel en vert, couleur de l’espérance, dit-on.

Ces jeunes font donc entendre un acte d’accusation. Leur « nous » s’oppose au « vous » que nous sommes : « Que savez-vous de nous sinon ce qu’on en voit cheveux orange chandails à marée haute des franges et des trous […]. » Il y a dans leur colère un accent de déjà-vu : « nous serrons les coudes autour de nos guitares acoustiques marijuana et vin bio […] » N’était ce « bio », nous serions au siècle dernier. Il y a ici, me semble-t-il,  une espèce de retour à l’ancienne rébellion hippie, un écho aux revendications des sixties, la répétition d’un même refrain, comme si face aux inéluctables sables mouvants où s’enlise peu à peu l’humanité, la jeunesse chantait l’espoir et tentait enfin de « parvenir à l’imprévu. ». Ils se fâchent et se cabrent à l’instar de leurs aînés qui, quoi qu’on en dise, avaient eux aussi été des trouble-fêtes, avant d’enterrer fatalement la hache de guerre. C’est peut-être aussi ce que, tordant leur discours, on peut entendre lorsqu’ils affirment être « abonnés au recyclage. » Je tords ici consciemment leur discours. Ils ont l’idée de ressusciter les semences d’antan : « Melon de Montréal salsifis d’Amérique la tomate Adelin Morin le blé Marquis le concombre Tante Alice […] en puisant dans le patrimoine de vos ancêtres oui oui de nouvelles racines tirées du vieux nous sommes abonnés au recyclage. »

Enfin, puisque l’histoire se répète de pis en pis, et comme « toujours rien ne va plus », il y a recyclage, reprise de ce qu’il est convenu d’appeler le palabre de l’ancestrale révolution. C’est du moins ce à quoi je songe lorsque j’entends la sainte colère de ces jeunes. Déjà, Louis Aragon dans Le roman inachevé, inachevé comme l’est la révolution permanente, écrivait ceci qui donne à réfléchir. C’était en 1956. Douze ans avant Woodstock : « Regardez ces jeunes gens Qu’est-ce qui les pousse / Comme ça vers les bancs de sable les bas-fonds /Ils n’avaient après tout de neuf que la frimousse / Eux qui faisaient tantôt les farauds ils vont tous / Où les songes d’enfance à la fin se défont // Bon Dieu regardez-vous petits dans les miroirs / Vous avez le cheveu désordre et l’œil perdu / Vous êtes prêts à tout obéir tuer croire / Des comme vous le siècle en a plein ses tiroirs / On vous solde à la pelle et c’est fort bien vendu ».

Mais le plus triste dans ce beau recueil de Julie Stanton, c’est le terrible constat par lequel il se termine, ou le cruel aveu si l’on préfère. Ces jeunes affirment : « Et nous et nous les enfants que nous ne voulons plus n’aurons pas admettez qu’ils auraient manqué d’air onze milliards d’habitants dans cent ans […]. Aragon : « Où les songes d’enfance à la fin se défont ».

À la toute dernière du recueil, des mots disent ultimement que l’utopie du non-lieu aboutit dans un cul-de-sac, espoir nihiliste s’il en est : « nous n’irons pas plus loin que la prochaine génération pas de panique c’est demain. »

De telles paroles fouettent le lecteur, le sortent de sa torpeur. Ben Jelloun dit qu’ « il n’y a pas de poésie confortable. » Il y a cependant de quoi se réjouir de l’inconfort résultant du recueil de Julie Stanton. On peut espérer que sa parole puisse multiplier l’éveil des consciences.

À quatre-vingt-trois ans, Julie Stanton aura en tout cas sonné l’alerte. Nous comprenons et adoptons son précieux message. Il y a là un legs dont nous lui sommes reconnaissants.

Alors que les soirs tout doucement s’égrènent en éternité, sur son île ou en esprit, devant ce qu’il reste de Voie lactée et de vols d’hirondelles, que la poète puisse en toute tranquillité savourer, sans remords aucun, les rares moments de béatitude que la vie nous offre parfois, c’est ce que nous souhaitons. Son œuvre est nourrissante, substantielle. Nos lendemains de feu constituent désormais un élément important de notre viatique.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

6 commentaires sur « Julie Stanton : Nos lendemains de feu : Poésie : Écrits des Forges : 2021 »

  1. Superbe lecture, cher critique. Vous nous menez dans ce recueil avec l’adresse d’un guide qui nous ouvre les yeux et les oreilles. Tristesse de l’inaccompli entre chiens et loups n’empêche pas la beauté du soleil écrivant son poème sur la ligne d’horizon.

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    1. « Mirages de l’oasis aux pourtours de sable en feu. Et le soleil bombant le torse. // Ce haut seigneur / Cet impérial totem / Ce cavalier jouant de ses éperons d’or ». C’est en ces termes que Julie Stanton parle du soleil. Merci de lire et commenter mon travail. Votre présence sur mon blogue m’encourage à poursuivre mes travaux. Merci monsieur Hébert.

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  2. Je ne connais pas l’œuvre de Julie Stanton et voilà que ton billet ouvre grand la porte avec un propos passionnant, intriguant et révélateur. Tu es un formidable passeur, Daniel. Merci tant pour cela. ✨❣️

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    1. Vève. Merci. Tes nombreuses visites sur mon blogue depuis un an, bientôt deux, me font toujours chaud au cœur : m’encouragent à persévérer. Il se fait de la bonne littérature au Québec, mais plusieurs œuvres aussitôt parues disparaissent : le fait de n’en parler nulle part les confine à une presque inexistence. Merci encore.

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