Michael Delisle : Rien dans le ciel : Nouvelles : Les Éditions du Boréal : 2021

J’ai souvent envié, c’est une façon de parler, les lecteurs qui ne lisent que pour lire. Il me semble que leur lecture est gratuite, totalement désintéressée, dictée uniquement par une forme de désir étrange, n’ayant pour seuls buts que le plaisir à l’état pur et le divertissement inhérent à ce plaisir ou sinon, dans des cas quasi vertueux, un dessein en apparence plus noble, celui d’un enrichissement, d’un élargissement de la conscience.

Enfant, puis adolescent, j’ai évidemment connu ce type de lecture. Les albums de Tintin, les aventures de Bob Morane me permettaient de m’évader, de découvrir aussi le vaste monde. Mais dès que mes lectures se sont faites plus sérieuses, l’école les rendant obligatoires, il a fallu que le discours prenne le relais de mes plaisirs et qu’en somme, il les justifie. Pensum de la dissertation, de l’exposé oral. Ces derniers amplifiés, puis démultipliés par les exigences propres à la carrière d’enseignant. Dès lors, il ne fut plus question que de lire pour comprendre et chercher à faire comprendre, pour éveiller de jeunes sensibilités, nourrir la réflexion, faire valoir à mes élèves le prix, le trésor inestimable que représente l’univers du livre et de la culture en général. Bref, je ne pouvais plus dire uniquement :

— Tiens, prends ça ; lis ça. C’est vraiment bon. »

— Ah oui ? Qu’est-ce que ça raconte ?

— Ben, c’est des nouvelles.

— Moi j’aime pas ça des nouvelles. C’est trop court. On dirait que l’écrivain a manqué de souffle, qu’il a pas assez aimé ses personnages pi son histoire pour aller jusqu’au bout, leur consacrer un vrai roman.

— Ben non, je te jure. Tu vas aimer ça … Lis. C’est par le gars qui a écrit Le feu de mon père. C’est bon, je te jure.

Si je me bornais à reformuler ici ce petit dialogue, à en reproduire l’équivalent en langage académique, je serais le premier à m’en plaindre. Ce serait à mes yeux du travail bâclé. Or pourtant, il en va ainsi de la vie des livres. Ils vivent d’être aimés, d’être passionnément recommandés. C’est le bouche-à-oreille qui leur donne des ailes. Ce sont les mots que l’on dit à leur sujet, en librairie, à la bibliothèque, entre amis : « Je te conseille de lire ce livre. Tu vas aimer ça. » Et l’on nous somme alors de dire pourquoi. On le dit. Et l’autre obtempère ou non. C’est tout.

Ce pourrait être tout. En effet. Mais dans le cas qui ici nous intéresse, ce n’est que le début.

Rien dans le ciel est un recueil de nouvelles toutes plus savoureuses les unes que les autres. Certaines sont plus élaborées, plus étoffées, mais les plus brèves ne souffrent d’aucun déficit, n’apparaissent pas comme les parents pauvres des plus longues. Il y a un art de la forme courte qui réside entre autres dans la concentration de la substance qu’elle renferme. C’est là un truisme, sans doute, mais il est bon de rappeler cette vérité. La qualité d’un ensemble de nouvelles repose sur chacune de ses parties ainsi que sur leur assemblage. Il y faut à la fois la variété et l’unité, autrement dit la présentation d’une variété de micro-univers sans que le tout n’apparaisse toutefois hétéroclite. Le recueil de nouvelles n’est pas un fourre-tout. Gaëtan Brulotte, dans un carnet paru récemment chez Lévesque éditeur, fait part du souci qu’il a de bien organiser la structure de ses recueils de nouvelles. Delisle le rejoint sur ce point. Avec ses différentes nouvelles, il a beau passer d’un monde à un autre, d’une époque à une autre, son ouvrage fait montre d’une remarquable unité.

Cette unité, alors même qu’il présente à ses lecteurs et lectrices une galerie de personnages plus ou moins variés, repose en grande partie sur le ton et le style que l’auteur adopte. De la première à la dernière page, l’écriture de Delisle se maintient dans un registre littéraire plutôt sobre, sans grands éclats. Cet auteur n’est pas du genre à jeter de la poudre aux yeux : il brille discrètement. La qualité de son écriture n’en est pas moins remarquable. C’est une écriture de haute neutralité, d’une blancheur qui nous en fait voir de toutes les couleurs. Bon! On me croira devenu fou. J’explique ces paradoxes.

Je parle de « haute neutralité » en raison de cette mesure qui se rencontre chez Delisle, où la phrase ne monte ni ne descend, alors que ce qu’elle dit et dévoile est cependant chargé d’une émotion justement contenue. Émotion que le narrateur ressent pourtant sans toutefois l’exprimer. Je songe à cette nouvelle, la dernière du recueil, intitulée « Encore plus l’Asie ». Le narrateur, il est le personnage principal, reçoit une terrible nouvelle. Bien que sous le choc, il rejette les faits qui l’accablent : « Mon déni ne pouvait plus durer. Il fallait que je pleure. » Il s’installe dans son salon, s’assied, pose les paumes sur ses genoux et tente en vain d’ouvrir les vannes du puissant chagrin qui l’anéantit. Rien ne vient, alors que son trouble l’inonde, rien ne vient, aucune larme. Telle est un peu l’écriture du nouvelliste, mais je la crois également à l’œuvre dans au moins un autre de ses ouvrages. Des connaisseurs le confirmeront peut-être : sous un fleuve tranquille bouillonnent d’intenses volcans. Écriture blanche et maîtrisée faite de toutes les couleurs de l’émotion. Chez Delisle, cela grouille de vie et de passions.

Les histoires sont diverses, mais leur réunion en un seul et même bouquet relève d’un parfait agencement. D’elles se dégagent des parfums de sens qui s’allient de manière à conférer à l’ensemble une unité qui ne réside pas que dans la seule écriture. Les sujets pluriels finissent par n’en faire qu’un : ce rien dans le ciel qui donne son titre au recueil est un miroir tendu à la matière même de nos vies. La spiritualité qui est au cœur de l’ouvrage de Delisle est une spiritualité immanente, dont l’herbe est immédiatement coupée sous le pied de presque la totalité des personnages. Dans « Notre-Dame de la vie intérieure », le personnage qui pourtant le souhaite ne parvient pas à prier : « Quand je me mets en tête de prier, il suffit que je me recueille pour perdre tout de suite le fil. » Il fait la rencontre inopinée d’un homme qui deviendra son ami, voire plus ou moins son amant, du moins durant le bref moment d’éreintantes et de fulgurantes étreintes. C’est dans les termes suivants que le narrateur-personnage décrit leur rencontre : « Une sorte de communion a eu lieu. »

Cette nouvelle est quelque peu troublante. Elle souligne des aspects importants de la spiritualité. En effet, le type que rencontre le narrateur et avec lequel il va nouer une relation amicale est une espèce de fou de Dieu. Le terme n’est presque pas trop fort. Jean-Vincent « vénère le nouveau pape. » Il possède un chalet entièrement décoré d’objets de culte. Le narrateur y séjournera. Sur le terrain de sa propriété, Jean-Vincent a installé une statue de la Vierge. Celle-ci a la particularité d’arborer un manteau rose et non bleu comme le veut la tradition. Jean-Vincent explique que cette couleur s’explique par le fait qu’elle est la Vierge de la Vie intérieure. Fait à noter, elle écrase la tête d’une vipère dont la gueule est sectionnée. Une « épaufrure », dit le narrateur à son hôte. Traduction pour Jean-Vincent : « La vipère est maganée. »  

Je ne veux pas résumer cette nouvelle. Seulement, j’y remarque un personnage un peu absent à lui-même (il faut dire que ce narrateur est déprimé et que sa femme et lui viennent tout juste de décider de divorcer). Curieusement, comme certains personnages que l’on rencontre dans les autres nouvelles, il se laisse un peu faire par les circonstances, se laisse quelque peu entraîner par le cours des choses. Par exemple, c’est son ami Jean-Vincent qui initie leur rapport sexuel. Or ce qui est tout à fait riche de sens et troublant, c’est que cet homme est pratiquant, très préoccupé par les choses de l’esprit, de la piété; il est inspiré, on le devine, par une certaine idée de la pureté morale et sans doute aussi de l’ordre (tout est en ordre dans son chalet : c’est un homme rangé, pourrait-on dire). Il y a là un certain paradoxe, disons une tension entre deux ordres, celui de la tempérance et celui du désir. En l’absence de son hôte, venu reconduire le narrateur au chalet et qui reviendra le chercher à la fin de son séjour, ce dernier écrit. Il réfléchit. Il est troublé par la présence d’une couleuvre (je n’entre pas dans les détails) et surtout par la statue de Notre-Dame de la Vie intérieure.  Il échafaude à son sujet une théorie qu’il entend expliquer à Jean-Vincent dès que celui-ci sera de retour. Le paradigme de la Vierge serait polaire, « non pas un programme statique mais l’image d’une dialectique, alors la vie, avec son battement, serait dans l’alternance. On passerait du voile rose à la vipère comme on passe du soleil à la lune. Et, telle une pile où l’énergie naît de la tension des extrémités, le cœur prendrait vie dans cette dynamique. Tout avait du sens. La vipère n’était pas morte, elle reposait naturellement au sol comme la part vive de la terre. Tellurique et puissante. La Vierge de la Vie intérieure se dévoilait : dans un monde où la grâce était faisable, le serpent devenait nécessaire. Je ne monte pas au ciel, c’est le ciel qui descend sur moi, m’inonde de lumière et me sature de sens. L’élévation est réellement une métaphore. »

À son arrivée, quelques jours plus tard, Jean-Vincent se fera en quelque sorte le porte-parole de la vipère, il confirmera par ses faits et gestes la théorie de son ami. Il n’ouvrira pas la bouche pour parler, mais pour l’embrasser. Une fois repu, après « l’ardeur éteinte », Jean-Vincent dont la « brutalité [aura] pétrifié » le protagoniste redeviendra l’espèce d’ange bien rangé qu’il est ordinairement : « Nous étions étendus côte à côte, inertes, comme morts. » Jean-Vincent fait alors l’éloge du nouveau pape. « Puis il s’est retourné énergiquement vers moi : — Tu crois que tu pourrais revenir à l’Église ? »

La réponse de son ami offre à la nouvelle une chute qui laisse songeur.

Dans « Je suis parent avec cet homme », un narrateur qui, en vertu de cette unité de ton et de préoccupations qui se voit dans l’entièreté du livre, ressemble plus ou moins à tous les autres narrateurs du recueil. Il se retrouve avec un de ses amis à l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. Ils y sont tous deux en retraite. Là, le narrateur croit reconnaître son oncle. Et il a raison. À la fin de son séjour, l’occasion se présente d’aller enfin le saluer. Ces retrouvailles donneront lieu par la suite à quelques rencontres. Je saute par-dessus les méditations intéressantes du narrateur, elles sont relatives à la vie monacale et à la spiritualité : elles n’envahissent pas le récit. Je reviens sur ce qui pourrait bien être une certaine mollesse des personnages. L’oncle Jeannot est un homme que le destin a pris en charge. Les événements l’ont modelé conformément aux moules en vigueur dans la société ambiante qui fut celle de son époque. Il a épousé une femme plus âgée que lui. Le neveu pense qu’un secret dissimule une zone trouble, que l’oncle se serait en quelque sorte abrité derrière le paravent honorable du mariage. En réalité, il n’en est rien. « Ma tante Paula s’était mariée parce que c’est ce que les femmes faisaient. Jeannot s’était marié parce qu’il était incapable de se faire une toast et trouvait des avantages à avoir une domestique. »

Ce n’est pas le lieu d’entrer ici dans les détails. Disons seulement que Paula doit quitter le domicile conjugal en raison de la détérioration de sa santé. « Paula n’en a plus pour longtemps », dira Jeannot pour justifier par la suite la présence d’une bénévole dans sa vie.

Le neveu croit son oncle tombé dans le piège d’une aimable vipère (ce mot n’est pas employé : on pourrait dire que cette femme est une « gold digger »). La mollesse de Jeannot est tout à son avantage : il se laisse faire et tire de ses pertes des gains qui le satisfont. C’est donnant donnant. Sa nouvelle héritière lui assure une fin de vie tranquille. Les moines n’ont pas voulu de lui. Il n’avait pas vraiment la vocation. Marie-Josée est selon lui un ange. Elle renippe la propriété. Le parterre s’enorgueillit de figurines de plâtre. Une bergère tenant un bâton et un mage barbu.

« Ma vie était finie, comme on le dit d’un ensemble fini. » Dans la nouvelle intitulée « Chauffeur un été », nous faisons la rencontre d’un acteur sur le retour, un has been argentin. Il est en tournage au Québec et le narrateur (il partage avec les autres narrateurs plus d’un trait commun : dépression, rupture amoureuse, à quoi s’ajoute dans son cas une perte d’emploi) est son chauffeur attitré. Le narrateur n’est plus l’ombre de lui-même : « J’étais mort et personne ne le remarquait. » Ici aussi nous sommes mis en présence d’un fond de riches méditations. L’ensemble de la nouvelle donne à réfléchir et, dans certains passages, du sens affleure à la surface de la narration, des pensées sont formulées. Mais tout ça, chez Delisle, s’intègre naturellement et comme nécessairement dans le fil de l’histoire racontée. Cet acteur est une espèce de ruine ambulante. Il n’est d’abord pas très sympathique. Le narrateur écrit : « Grassi avait-il été aussi déplorable dans ses jeunes années ou me montrait-il une facette de lui que la vieillesse n’arrivait plus à contenir, comme une créature révélée par l’assèchement du marais ? »

Troublante nouvelle. J’en veux pour preuve le dialogue suivant qui en constitue la chute.

— Cinquante ans …, a-t-il repris. Tu sais, on travaille toujours à cacher quelque chose. Au début, on cache qu’on ne sait rien. Il ne faut pas que le public s’aperçoive qu’il a affaire à un ignorant ou à un imposteur.

— Et que cache-t-on encore après cinquante ans de métier ?

— Ce que je cache ? Ce que le public ne doit jamais voir, Nico, c’est que jouer à être quelqu’un d’autre, à mon âge, ça a quelque chose de honteux.

Le dépérissement. Il en est question ailleurs dans le recueil. Dans la première nouvelle, une personne presque du troisième âge est sur le point de perdre son logement. Il est malade, en perte d’autonomie. Les nouveaux propriétaires de l’immeuble où il habite veulent tout rénover. Le pauvre homme songe au suicide. Des douleurs intenses l’empêchent de sauter par-dessus la balustrade de son balcon. Dans la seconde nouvelle, Nuit sans lune, un enseignant prend sa retraite. Il rend visite à son vieux père. Tout dans ce récit tourne autour d’une sapèque, une pièce de monnaie chinoise. Enfant, le narrateur l’avait trouvée dans l’herbe, sur la propriété où était situé le chalet de son père, en bordure du lac Champlain. Le père a ce mot : « Ouais, vieillir, c’est perdre. Quand tu vieillis, tu perds quelque chose à chaque jour … »

Il n’a pas tout à fait perdu la mémoire, ce vieillard. Il a plutôt enseveli des souvenirs douloureux. Le fils sera amené à les découvrir. Ce père a un passé criminel qui fait songer à celui du père de l’auteur. Avec un de ses comparses, il traversait des Chinois de l’autre côté de la frontière. Dans la nouvelle, il y a mort d’homme. Un Chinois et sa femme sont passés par-dessus bord de la chaloupe, alors que le père du narrateur et son acolyte craignent d’être surpris en flagrant délit par la police frontalière.

Dans Le feu de mon père, le récit autobiographique que Michael Delisle a fait paraître en 2014, il est abondamment question du père de l’auteur. Dans les années soixante, son père les « passait ». On apprend dans ce récit qu’il « s’est fait prendre. Il a été mis en prison aux États-Unis en attendant une sentence de dix ans. » Ce père criminel, mafieux, puis repentant, à la spiritualité galopante (on peut ici revenir à la théorie de la Vierge de la Vie intérieure échafaudée par le narrateur de la nouvelle éponyme, à savoir qu’il y a une dialectique du bien et du mal, qui fait l’existence de l’individu passer de l’un à l’autre, et ce, dans tous les sens, dans un incessant aller-retour), ce père, on le voit dans le récit s’acheminer vers sa fin. C’est là un point unissant les nouvelles à ce récit. Et il est possible pour caractériser ce dernier de reproduire ce passage de la quatrième de couverture de Rien dans le ciel.

« N’y a-t-il pas pour chacun de nous, quand nous avons assez vécu, un moment où nous prenons conscience que la vie est finie ? Non pas que la mort est imminente, mais que la vie est finie, comme on le dit d’un ensemble fini. Que faire alors des objets que nous avons accumulés et qui seront peut-être la seule trace de notre passage sur terre ? Que faire des secrets et des mensonges que nous traînons avec nous depuis l’enfance ? Que faire de nous-mêmes ? À qui nous ‘‘donner’’ ? »

Oui, j’avais raison. Il est des plaisirs de lecture qui n’appellent en rien le commentaire. À vrai dire, je trouve que Rien dans le ciel se suffit à lui-même, qu’il comble sans besoin d’intermédiaire tout lecteur qui en entreprend gratuitement la lecture. Cet ouvrage est ainsi fait qu’il offre quasi immédiatement toute sa substance. C’est là un tour de force, une écriture limpide et livrant une complexité que la relecture saura renouveler. J’en ai fait moi-même l’expérience. J’ai lu ces nouvelles, je les ai trouvées si (aucun qualificatif ne sied) … elles m’ont tant ravi, que j’ai décidé de me précipiter dans la lecture du Feu de mon père, dont la lecture m’a également comblé.

Je viens de relire les nouvelles de Delisle. J’y vois mille et une subtilités dont je n’ai rien dit, des subtilités d’écriture, sans mentionner la richesse des observations (la faune qui se rencontre dans l’univers de Delisle est représentée d’une manière qui ne laisse aucun doute sur le réalisme de ses portraits). Cet auteur, comme j’ai pu le dire au sujet d’un de ses narrateurs, me semble doté d’une force extraordinaire, laquelle repose sur l’épreuve, celle qui est relative à des « secrets », à des « mensonges », en lien avec une enfance trouble et enrichissante. Tout se passe comme si une solide carapace, formée à la dure (dureté dont l’auteur ne fait aucun mystère dans Le feu de mon père), avait abrité dans son cas une sensibilité qui lui fait porter un regard froid et lucide sur l’existence. La beauté dans tout cela vient de ce que l’auteur sait nommer sans emportement ou embellissement les choses de la vie telles qu’elles sont, dans l’espèce de dialectique entrevue par le narrateur de « Notre-Dame de la Vie intérieure », à savoir que nos existences sont ainsi faites de heurts et de bonheurs, elles nous font découvrir côte à côte les misères et les splendeurs du monde.

Rien dans le ciel n’a rien d’un hors-d’œuvre, c’est un recueil dont je ne suis sans doute pas parvenu à souligner tous les mérites. Je le trouve admirable. Quant au Feu de mon père, je ne suis assurément ni le premier ni le dernier à déclarer qu’il est tout à fait remarquable.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

4 commentaires sur « Michael Delisle : Rien dans le ciel : Nouvelles : Les Éditions du Boréal : 2021 »

  1. «Cet auteur n’est pas du genre à jeter de la poudre aux yeux : il brille discrètement. La qualité de son écriture n’en est pas moins remarquable. C’est une écriture de haute neutralité, d’une blancheur qui nous en fait voir de toutes les couleurs». Superbe remarque pour inciter à lire Delisle! Je suis encore une fois frappé par l’apparition des relations troubles entre l’auteur et la religion. Ça semble une constante chez nos poètes et écrivains québécois?

    J'aime

    1. La religion ! ? Il faudrait que je relise. Je sais qu’il y la nouvelle où les personnages se rendent à Saint-Benoît-du-Lac et celle où un ami du personnage principal voue un culte à Notre-Dame de la Vie intérieure. C’est déjà beaucoup : 2 nouvelles sur 8. Mais, dans ces nouvelles la religion ne pèse pas comme dans les écrits plus anciens des écrivains québécois nés avant la Deuxième Guerre mondiale. Et pour parler de manière positive, disons que la religion chez ces derniers pouvaient parfois donner lieu à un puissant projet de vie, à de l’ouverture, à de l’amour. Merci Laurent !

      J'aime

      1. Très juste. Je suis plus mal à l’aise avec ceux qui passent leur vie à régler des comptes avec leur enfance et souvent la religion.

        J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :