Martine Desjardins : Méduse : roman : Éditions Alto : 2020

La quatrième de couverture de ce roman est exemplaire en ce qu’elle dit tout ce qu’il faut savoir au sujet de ce roman, avant de l’avoir lu et même après. Cette synthèse est excellente. Dans ses trois premiers paragraphes, elle présente les trois actes du roman; puis dans le quatrième et dernier, elle esquisse le propos de l’œuvre. Le bref résumé est minimaliste et précis. Quant au lever du voile sur ce que d’aucuns appelleraient le message, il est tout aussi laconique et bien entendu également juste.

Je n’entends pas résumer ce roman. Je souhaiterais évoquer à peine son contenu. On me demandera pourquoi. La raison en est simple, c’est qu’y toucher me semblerait quasi un sacrilège. Je crois que les lecteurs et lectrices ont intérêt à s’y aventurer par eux-mêmes, sans qu’auparavant on les y prépare, sans qu’on renforce ou affaiblisse les préjugés favorables ou défavorables que la rumeur aurait pu souffler à leurs oreilles. Évidemment, je devrai immanquablement évoquer l’action et le climat qui se trouvent dans ce roman. Mais en dire le moins possible, tel est mon souhait. Car avant d’y venir moi-même, j’en avais peut-être déjà trop entendu parler.

C’était à la radio. Dans une émission littéraire, il n’y en a pas cent, des chroniqueurs en discutaient. J’écoutais distraitement. J’ai retenu que l’autrice usait de maints termes pour référer aux yeux de son héroïne. Sur la quatrième, il est question des yeux monstrueux de cette dernière. On les désigne en empruntant à la panoplie de Méduse elle-même, le personnage principal du roman, également sa narratrice : Révoltances et Abominations. Avec des majuscules. Les chroniqueurs souriaient, rigolaient si mon souvenir est bon. C’est que Méduse dans le roman ne manque pas d’inventivité lorsqu’elle réfère à ses yeux. Ce seront des Dégradances, auxquelles succéderont entre autres des Ordurités et j’en passe. Nous aurons aussi eu droit au préalable à des Éhontitudes, Inavouabilités, Aridités, Rébarbativités, Cauchemardesqueries, et la liste serait longue si je la voulais exhaustive.

Bref, cette abondance terminologique amusait. Comme je l’ai mentionné, j’écoutais d’une oreille distraite.

Lorsque j’ai eu le livre en main, je n’ai ni souri ni été agacé en rencontrant cette kyrielle de Cavalières de l’Apocalypse. Ces Meurtrières sont au centre de l’histoire du personnage, constituent sa tare originelle : ces yeux hors du commun ont forgé son identité, elle-même hors du commun.

Les chroniqueurs se sont-ils également attaqués au lexique de Méduse ? Je l’ignore. Une chose est certaine, tout lecteur le constatera assez rapidement, la narratrice de cette histoire possède un vocabulaire fort étendu. Elle ne renonce pas à l’utiliser. Où l’a-t-elle puisé ? Dans les livres assurément. Méduse est une grande lectrice. Dans sa vie de recluse, lire aura été sa principale activité, en dehors des tâches multiples que lui imposent ceux qui possèdent les clefs de sa prison.

Dans toute œuvre, qu’elle soit poétique, romanesque ou autre, le mot juste est une arme à double tranchant. Le terme rare ou savant est générateur de lumière tout autant que d’obscurité. Il éclaire le lecteur qui en partage la connaissance avec l’auteur, dans ce cas-ci avec l’autrice. Il perfore un trou dans la phrase lorsque le lecteur ignore sa signification. On raconte que Saint-John Perse notait tous les mots nouveaux qu’il rencontrait en lisant, tous ceux du moins dont il pressentait l’éventuelle utilité pour la réalisation de ses œuvres. Les peintres aussi se montrent attentifs aux pigments, aux couleurs variées dont ils se serviront pour leur travail. J’imagine qu’à force de lire et de consulter des dictionnaires, la romancière a fini par accumuler un vaste répertoire de mots. Certains écrivains se montrent plus paresseux.

Avant de laisser de côté la question de la richesse du lexique, laquelle paradoxalement peut provoquer une carence dans la lecture, si les lecteurs sont eux-mêmes peu instruits ou trop faibles pour ouvrir un dictionnaire, je voudrais préciser que dans le cas de Méduse, l’emploi des mots recherchés se justifie par le caractère du personnage principal, par ce haut degré de science qu’a acquis Méduse à force de consulter des ouvrages savants et des encyclopédies. Je tiens aussi à mentionner que jamais ces mots, pour abondants qu’ils soient, ne nuisent à la clarté du récit. Ils apportent en fait un supplément de plaisir ainsi que du crédit au discours de Méduse. Lorsque celle-ci écrit au sujet des plantes ou des animaux, lorsqu’elle décrit des objets, des lieux, à vrai dire dans tout ce qu’elle écrit, ces mots contribuent à authentifier ses propos, à les lester d’un poids de réalité que nul lecteur ne saurait mettre en doute. Enfin ! On m’aura compris, ce n’est pas moi qui reprocherai à la romancière de semer des pierres aussi précieuses dans son ouvrage, d’autant qu’elles ne constituent en rien des obstacles à la lecture.

Car en fait, des obstacles à la lecture, dans Méduse, je n’en vois aucun. Bien au contraire. Rarement ai-je vu un écrivain tenir si bien compte de ses lecteurs. Martine Desjardins ne les prend pas pour des imbéciles, mais elle sait y faire, elle connaît l’art du récit, d’un certain type de récit à tout le moins.

On rencontre à l’occasion de ces auteurs qui se vantent ou presque de ne jamais songer aux lecteurs lorsqu’ils écrivent. Ces derniers la plupart du temps le leur rendent bien, qui ne songent guère à les lire. Je crois que Desjardins, tout en faisant absolument à sa guise, donc en faisant précisément ce qu’elle veut, n’écarte pas de ses soucis celui qui consiste à aménager l’espace de la lecture de manière à ce que le lecteur qui s’y introduit, soit peu à peu conduit à s’y engager plus avant, y trouvant plaisir et satisfaction page après page. J’en veux pour preuve le dispositif du roman, sa construction, sa structure. J’ai mentionné au début de cette chronique les trois actes de ce roman, nettement marqués dans l’histoire, bien que le roman ne soit nullement divisé en parties distinctes. Il faudrait ajouter à ces accommodements (qui relèvent d’une forme d’hospitalité) le recours à de brefs chapitres. En réalité, ce ne sont pas des chapitres, mais plutôt des tableaux, des séquences. Chacun de ces morceaux tient en deux ou trois pages, rarement davantage. Il y en a qui n’en occupent qu’une seule. Cette façon de procéder est tout à fait brillante et avenante. Ainsi le récit respire-t-il. Et le lecteur ne se sent pas le moindrement écrasé.

Ce n’est pas tout. La romancière offre à lire des phrases dont le sens jamais n’est hermétiquement scellé. Rien d’abscons dans son discours. Le texte est limpide. Il séduit par sa beauté. Il impressionne par la très grande maîtrise qu’y déploie l’autrice. De même que son lexique est vaste et varié, son phrasé connaît une multiplicité de tournures qui n’ont rien de statique ou de répétitif. Les subtilités ou richesses de la syntaxe offrent un évident plaisir de lecture. Je parle ici de style. Celui de Desjardins n’est pas celui de Flaubert, il en diffère, mais autant que l’ermite de Croisset la romancière fait montre d’une extrême minutie, d’un sens exemplaire de la période, d’un souci de beauté franchement ravissant. Elle remet sans doute son ouvrage plus de vingt fois sur le métier. Or cette volonté de bien faire n’a ici rien de parnassien. La perfection sert le récit. Elle est au service d’une histoire racontée, on l’aura compris, avec une absolue maîtrise.

J’ai dit que je ne la résumerais pas, je me permets cependant de dire que cette histoire est captivante. Cela aussi me paraît digne d’être mentionné. Quand l’écrivain se met en tête de raconter une histoire, s’il désire être lu, il a intérêt à trouver un sujet passionnant, intérêt à s’assurer que son récit ne fasse pas du sur-place. Je sais bien qu’il existe des romans fascinants où il ne se passe rien. Pensons justement au projet flaubertien, à cette idée qu’il avait d’écrire un livre sur rien. Je veux bien, mais l’un n’empêche pas l’autre et Desjardins justement ne s’est pas interdit d’écrire un livre sur quelque chose, un livre qui plus est où il se passe quelque chose, à vrai dire bien des choses, toutes aussi intrigantes les unes que les autres.

Même dans la première partie du roman où Méduse est tenue captive dans un établissement accueillant des filles laides, défigurées, difformes et monstrueuses, même dans cette espèce de huis clos — Méduse parle d’une « île isolée » —, il étonnant de voir combien ce récit avance, combien savamment orchestrée est sa gradation ascendante, gradation dans l’horreur et les sévices que subissent les pensionnaires de cet établissement nommé l’Athenæum.

Il règne en ce lieu de l’enfermement et de la torture, ainsi que partout ailleurs dans le roman, une atmosphère étrange, morbide. Du début à la fin, il y fait gris, nuit, hiver, sombre et brumeux. Du début à la fin ? Non. Méduse finira par s’autoriser la lumière. Je ne dis pas dans quelles circonstances.

Ce que néanmoins je puis dire, c’est que cette lumière à la fin éclaire l’entièreté de la fable. Elle correspond à la morale, laquelle justement fournit, une fois le récit achevé, une clef interprétative. Comme l’affirme le dernier paragraphe de la quatrième de couverture, la romancière « signe ici un récit incendiaire sur la honte du corps, l’oppression et le pouvoir de la féminité. Un renversement des rapports de force qui jette une lumière à la fois crue et raffinée sur la monstruosité. »

Je veux bien admettre tout ça et, qui plus est, avaliser de tels propos, les faire miens, déclarer qu’ils sont de la plus haute importance. Toutefois, au sein de l’œuvre, bien que consciencieusement précédé de maints discrets signaux avant-coureurs, il y a un seul passage, et il apparaît à la toute fin, où se manifeste explicitement ce qui à mes yeux n’est pas tout à fait une thèse : « Je connaissais intimement ce regard à la fois arbitraire et implacable : c’était celui du monstre qui m’avait tenue en esclavage toute ma vie. Je parle bien sûr de la honte — celle du corps, de ses parties intimes et de ses défauts physiques. » Et quelques lignes plus loin, ceci : « Mais, dis-moi, si nous nous cachons encore derrière les misérables feuilles de figuier que sont les coiffures, les chiffons et les fards, n’est-ce pas avant tout parce que nous nous préoccupons du regard d’autrui et des miroirs ? Cet asservissement assure notre obéissance aux normes, notre crainte du qu’en-dira-t-on, notre subordination aux critères de beauté, notre soumission à la conformité … Je crois, pour ma part, que nous serions plus heureux si nous étions tous aveugles. »

Est-il interdit à une autrice d’avoir des idées ? De voir à ce qu’un ou plusieurs de ses personnages les expriment ? On connaît la réponse.

N’empêche. À mes yeux, Méduse est loin d’être un roman à thèse.

Si la romancière n’avait voulu exprimer que des idées, elle aurait opté pour d’autres moyens, plus simples, plus efficaces : elle n’aurait pas écrit un roman. Une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir aurait suffi, ou un texte plus étoffé paraissant dans une revue. Les brefs passages que je viens de citer, pour lumineux qu’ils soient, ne nécessitent pas le remarquable écrin que serait alors son roman, qu’il se bornerait alors à être, à la manière du sucre favorisant l’absorption du remède.

Je dis écrin, alors qu’à mon sens c’est dans le tissu du texte tout entier que réside la richesse de ce roman. Je l’avoue, j’ai lu Méduse tout candidement, comme un tout petit enfant fasciné par l’histoire qu’on lui raconte, me laissant émerveillé par son univers, fantastique dans tous les sens du terme. Me demandant à chaque tableau où l’autrice avait bien pu trouver autant d’idées de fictions toutes plus imaginatives les unes que les autres. Étant ébloui par la splendeur d’une écriture si finement élaborée, verticale, comme c’est souvent le cas avec les métaphores filées et les allégories, où selon les principes de l’harmonie les éléments donnent lieu à des reprises venant les enrichir — rien n’étant laissé au hasard dans ce roman, où tel détail apparemment négligeable ou négligé, comme la disparition d’un objet dans une pièce, trouve sa résolution vingt ou trente pages plus loin.

Je n’ai pas résumé ce roman, j’ai seulement tenté de dire pourquoi je le trouve à ce point remarquable.

Qui se pique de littérature, qui songe à produire des ouvrages romanesques, aurait intérêt à étudier, à analyser cette œuvre. Prendre Desjardins pour modèle serait à mon avis une excellente idée. Quant aux lecteurs qui désirent tout simplement s’administrer une bonne dose de lecture, qu’ils ne cherchent pas trop loin. Il se publie au Québec d’excellents romans. De meilleurs que Méduse, j’imagine qu’il n’y en a pas des tonnes.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

3 commentaires sur « Martine Desjardins : Méduse : roman : Éditions Alto : 2020 »

  1. Tout un défi que tu t’es donné, Daniel! Et superbement relevé d’ailleurs avec en prime quelques perles de ton cru que je ne peux m’empêcher de rappeler ici: «Le terme rare ou savant est générateur de lumière tout autant que d’obscurité. Il éclaire le lecteur qui en partage la connaissance avec l’auteur, dans ce cas-ci avec l’autrice. Il perfore un trou dans la phrase lorsque le lecteur ignore sa signification.» «On rencontre à l’occasion de ces auteurs qui se vantent ou presque de ne jamais songer aux lecteurs lorsqu’ils écrivent. Ces derniers la plupart du temps le leur rendent bien, qui ne songent guère à les lire.» «Je sais bien qu’il existe des romans fascinants où il ne se passe rien. Pensons justement au projet flaubertien, à cette idée qu’il avait d’écrire un livre sur rien. Je veux bien, mais l’un n’empêche pas l’autre et Desjardins justement ne s’est pas interdit d’écrire un livre sur quelque chose…» Si j’étais l’autrice, il me semble que cette «étude» me rassurerait sur l’existence d’antennes drôlement en phase avec mon monde.

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  2. Cher Laurent. Tant que tu seras fidèle au poste, je continuerai mes petits travaux. Merci de me lire. En passant, sache que le roman de Martine Desjardins vaut amplement le détour. Chaque page est savoureuse. Plaisir ascendant garanti.

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