Nane Couzier : Commencements : Poésie : Éditions du Passage : 2016

Commencements est un livre de questions.

Son tout premier poème est précédé justement de l’énoncé suivant : « où commence la question ». En l’absence de point d’interrogation, ces mots se lisent aussi un peu à la manière des intitulés dont l’usage était autrefois répandu dans les romans, mais pas uniquement, référant alors au sujet traité dans le chapitre ou segment qu’ils ouvraient. Par exemple, dans Le Sopha de Crébillon fils : « Où l’on trouvera une grande question à décider » ou encore, il n’y a pas si longtemps, chez le Paulhan des Fleurs de Tarbes : « Où l’auteur invente ses lieux communs », « Où la terreur n’est pas sans vraisemblance », etc.

Livre de questions posées dans le sillage peut-être des œuvres d’Edmond Jabès et de Wadid Saadeh, poètes originaires d’Égypte pour le premier, du Liban pour le second. Je dis « peut-être », n’étant pas familier avec les livres de ces auteurs.

Quoi qu’il en soit, ces deux poètes sont cités au tout début de l’ouvrage. Nane Couzier met en exergue de son recueil les mots de Saadeh : « Je cherche une étoile à la lueur de laquelle lire ma vie ». L’étoile, source de lumière certes, mais également point de repère pour le navigateur ou quiconque, du moins anciennement, pérégrinait sur la terre ferme. Double recherche donc, celle de l’étoile, poursuivie non pour ce qu’elle est, mais pour l’instrument qu’elle devient et dont la découverte facilitera la réalisation d’une quête plus essentielle encore, c’est-à-dire celle visant à découvrir le sens même de la vie, celui de sa propre vie. Qui suis-je ? Question que recoupe une kyrielle de questions : Où suis-je ? Comment suis-je et pourquoi ?

Dès le premier poème, les mots de Jabès orientent la lecture : « Quand naissons-nous vraiment ? ». C’est là encore une question, celle justement des commencements.

Le ton est donné. Un espace et un temps également. L’espace est celui du Proche-Orient (les poètes convoqués y sont nés), l’Afrique. Le temps est quant à lui immémorial, quoique sa question se pose ici et maintenant, ainsi que de manière intemporelle pourrions-nous dire.

Question de l’origine posée inlassablement depuis l’origine.

La poète y retourne. Voici le premier poème de l’ouvrage : « Qui peut dire où commence un jour / quelque chose / d’où vient ce commencement / de la question derrière le regard qui dessine / chaque chose / du dessein d’un nom / de la chose même / avant le nom / du temps qui précède l’arrivée des choses ? // Et où commence ce temps d’avant / le commencement ? »

Non seulement le ton est-il donné ; l’est également l’esprit, ou plus exactement la branche du savoir sur laquelle viendront se poser toutes les questions de l’ouvrage, branche qui est celle de la philosophie, de la métaphysique puisant comme il se doit les sources de ses eaux à même la physique terrestre, celle du lieu où nous foulons le sol et d’où nous élevons notre regard à la recherche de l’étoile qui nous permettra de lire justement notre vie.

La poésie de Couzier n’est pas affaire d’épanchement : la poète ne perd pas ses eaux dans le désert. La poésie de Couzier n’encombre pas ses vers d’images tonitruantes : dans le désert le regard se pose sur du même à perte de vue, mais qui sait voir y risque l’aveuglement et aussi l’illumination. La poésie de Couzier au plus fort de l’absence se rapproche du silence : on cherche et trouve dans le désert une forme de présence murmurante.

J’ouvre un livre d’Edmond Jabès, c’est Le parcours. Ce titre n’est pas sans rapport avec l’aventure spirituelle menée par Nane Couzier. J’y reviendrai plus loin. J’ouvre donc ce livre et j’y lis ceci : « Il faut savoir, aujourd’hui, que la plus efficace opposition à la folie du monde est fournie par le murmure. […] Parler le plus bas possible. » Ce murmure, ce parler bas, nous les retrouvons chez la poète. Il s’agit d’un murmure dessinant le contour à la fois d’une absence et d’une présence. Encore extrait du même Parcours : « Où il n’y a rien, il y a Dieu : ampleur du Rien. » Voilà bien une illustration de ce qu’on appelle la « théologie négative » ou l’apophatisme. Je ne crois pas me tromper en affirmant qu’un telle entreprise se retrouve dans Commencements. J’entends remonter à la source de ce murmure et en suivre le parcours.

L’auteure ne dissimule pas ses chemins sous d’obscures paroles. Elle met tout en œuvre pour que le lecteur puisse lui emboîter le pas. Son recueil, qui n’est pas à proprement parler un recueil, mais bien plutôt une œuvre où les parties s’enchaînent pour former un tout qui à la fin se boucle, se développe en trois parties : « — Plus loin que le regard — » est suivi de « — Plus loin que la mer — » et enfin de « — Plus loin que la lumière — ». La ressemblance de ces sous-titres manifeste un rigoureux souci de construction. Rien ici n’est laissé au hasard et si le principe se vérifie également avec les titres de tous les poèmes de l’ouvrage, soit l’usage systématique de l’anaphore, chacun débutant par ces mots : « où commence », le lecteur qui en regard de la table des matières en viendrait à conclure qu’il y a là une visée essentiellement formelle n’y verrait que du feu. Pas plus que ces répétitions ne génèrent ennui ou monotonie, pas plus qu’elles ne relèvent d’une certaine paresse ou d’un manque d’inventivité, elles ne sont le signe d’un formalisme obtus. Le souci de forme n’a trait ici qu’à ce qu’on pourrait appeler une juste adéquation du dit et des mots employés pour le dire. Du reste, la répétition se trouve être inhérente au fait de la marche. Laquelle procède du pas : chacun suivant le précédent et ainsi de suite.

Il y a dans une vie un moment correspondant à celui de la venue au monde. « Où commence l’éveil » est le premier poème de la première section de l’ouvrage : « Me suis éveillée un matin / en pièces / au hasard du 45e parallèle / quelque part / en novembre ». Naissance ou renaissance ? L’on ne saurait trop dire. Commencements peut-être d’un éveil de la conscience, début peut-être de la quête de l’étoile dont la lueur favorisera la lecture de soi. Commencements après une épreuve, après la mort d’un soi incertain : « Comment guérir / de nos propres disparitions / comment / continuer / avancer encore // parmi les ruines //stèles invisibles / signes heurtés au gré de la marche ». Les points d’interrogation ont disparu. Ils ne ponctueront plus, ou si peu, la série d’interrogations que poursuivent les pas de cette quête.

J’attire l’attention sur ce « gré de la marche » et les signes contre lesquels bute la déambulation. Or buter entraîne fatalement quelque chute. Dont on se relève ou non.

Dans le poème suivant : « où commence la chute », alors que la nuit est tombée et que « la ville répand ses lumières », une âme solitaire se trouve prisonnière, enfermée entre les quatre murs de son attente. La poète écrit : « un bruit de fond / racle / l’espace ». Isolé ainsi, un vers ne laisse pas facilement entendre toute sa pertinence. Pour ma part, j’ai rarement vu aussi bien exprimée la rumeur qui s’abat sur la ville à l’heure du crépuscule. Le reste du poème ne pâlit pas au regard de ce vers. On poursuit notre lecture et découvre ceci : « Un cri soudain / s’arrache / du manque d’air ». À lire de manière linéaire, on risque d’aplatir l’objet se déployant sous nos yeux. Toute citation n’est que fragment d’une plus large ossature, os extrait d’un corps vivant, en marche. Au cri répond un redressement de l’âme, une volonté de s’extraire des entrailles du tombeau menaçant de se refermer sur soi. Nous avons lu dans le poème que « entre des murs posés sur l’asphalte / un cœur bat ». Ce cœur après la chute ressuscite. Lazare émerge du tombeau.

Il se met en marche. Non pas le personnage de l’Évangile, mais le « je » du poème. Nous voici parvenus au début de la seconde section du livre : « — Plus loin que la mer — ». En exergue, à nouveau des mots de Wadih Saadeh : « Quel chemin / Quel rêve / Alors que nous sommes dispersés sur les routes / à ramasser les visages qui tombent? »

Quel chemin, en effet ?

Ici commence la marche. Le poème offre un récit plus étoffé que les précédents. Allégorique cette fois et dont la fantaisie est plutôt énigmatique. Je dis fantaisie, d’autres évoqueraient le fantastique dans la mesure où d’étranges phénomènes se produisent ici, non pas à la Poe cependant. Seulement, ce monde, pour bien réel qu’il soit, se voit traduit sur le mode de l’imaginaire, du symbolique devrais-je dire, l’allégorie étant ce mode par lequel s’exprime une « pensée » voilée non pas d’ornements, mais dont la « parure » est plus justement dévoilement de l’idée.

Qu’on me comprenne bien. Les pages précédentes, sans presque aucune image, exprimaient la pensée poétique au plus bas du murmure, dans le degré quasiment zéro de l’expression poétique telle que nous l’entendons usuellement, c’est-à-dire faite d’images, de musique et de lyrisme. Avec ce cinquième poème, sans que pour autant une rupture de ton se manifeste, bref dans une continuité sans défaut, la marche poétique gagne en amplitude. Le dessin se ramifie, se développe, le poème file sa métaphore ainsi que le veut l’allégorie.

Qui plus est, saisissante allégorie ! La femme se raconte. Nous avons assisté à son éveil, à sa chute. Voici qu’elle s’est relevée et nous confie maintenant avoir « longtemps […] habité la mer », avoir fait un avec elle. Or voici que sous ses yeux la mer maintenant se retire, toute son eau bue par le soleil et la terre (ou plutôt : « [a]spirée, par ce noir / absorbée par la montée de l’ombre / avalée / toute bue »), la mer devient une absence de mer, elle disparaît. La femme raconte que pour elle a débuté alors une longue attente, l’attente du retour de la mer. Attente déçue, car le désert s’est substitué à la mer.

La femme s’est remise en marche : « J’ai suivi le désert ».

Ainsi résumé, privé de son relief poétique, je veux dire de sa substance verbale et de sa richesse expressive, ce passage de l’ouvrage perd évidemment tout ce qui fait sa force et sa beauté. En réalité, le poème est fort évocateur, riche de portée, de sens. Nous avons lu plus haut ces mots de Jabès : « Où il n’y a rien, il y a Dieu : ampleur du Rien. » Après le tout de la mer, voici donc le rien du désert. C’est un rien, on le verra bientôt, où il y a l’« ampleur du rien ».

Ce tout et ce rien me font songer à un passage lu récemment chez Jaccottet. À la fin de L’entretien des muses, dans un texte qui tient lieu de postface, le poète écrit : « La poésie est elle-même non pas dans le maintien à tout prix de telle ou telle prosodie, mais dans l’usage de la comparaison, de la métaphore ou de toute autre mise en rapport ; elle est au plus près d’elle-même dans la mise en rapport des contraires fondamentaux : dehors et dedans, haut et bas, lumière et obscurité, illimité et limite. Tout poète est au plus pur de lui-même dans sa façon singulière de les saisir. » On le constate, la mer et le désert dans les poèmes de Couzier répondent ici à l’attente de Jaccottet.

Je disais que la femme s’était redressée, qu’elle s’était mise en marche. À vrai dire, les choses ne sont sans doute pas aussi simples. Force est plutôt de constater que Couzier en mène beaucoup plus large qu’elle-même, qu’elle écrit au-delà de l’intime et du drame personnel. Qu’un peu de son histoire alimente sa réflexion, cela va de soi, mais il me semble que ce qu’elle embrasse dans ses Commencements correspond à plus vaste spectacle, qu’elle ne parle pas qu’en son nom personnel et que, allégorie pour allégorie, nous en venons à passer dans ce recueil de la personne à la personnification.

En effet, le « je », par endroits, me paraît référer à la vie elle-même et l’auteure, raconter l’histoire de la Terre, de l’apparition de la vie sur Terre : « En d’autres temps ailleurs la mer s’est aussi / depuis longtemps / retirée // bien avant la naissance des hommes / avant l’arrivée des déserts // on le sait aux reliques trouvées dans les couches pétrifiées / de l’océan / le fond ouvert / puis refermé sur la pierre. »

Le souffle épique en moins, il y a dans la poésie de Nane Couzier un propos proche de celui d’un Saint-John Perse. C’est une poésie savante qui ne tourne pas le dos aux connaissances mises à notre disposition par les sciences, telles l’archéologie, l’histoire et la géologie : « Les hauts plateaux du Tassili / en plein Sahara / ont gardé la mémoire native des hommes // le roc jadis habité / les falaises rouges / les socles noirs / les colonnes fantomatiques // hauts-fonds recreusés par les vents / usés sur toute leur étendue / après l’assèchement // avant que les longues artères / enfoncées sous les corridors gréseux / ne retiennent la pluie / l’eau douce. »

Dans Approches de la poésie, Caillois témoigne de sa dette à l’endroit de Perse dont l’œuvre lui a fait valoir qu’en poésie il est possible de produire des « images justes » : « la poétique de Saint-John Perse m’avait montré le champ de mon domaine propre, qui n’exclut rien […]. La table périodique de Mendeleïeve m’en apporta enfin le gage et la clé. L’image irrécusable et qualitative est possible en poésie au même titre que des lois exactes et sans cesse plus précises sont la raison d’être de la science. Seulement, émotions et sensations circonscrivent l’empire de la première, les phénomènes mesurables celui de la seconde. »  

Je ne crois pas exagéré d’avancer que les images chez notre poète satisfont d’une certaine manière aux exigences d’un Caillois. Quand je lis le poème suivant, où imagination et rigueur de la pensée vont de pair, il me semble que l’intelligence et la sensibilité du lecteur y font à tout le moins l’objet d’une puissante séduction : « Ailleurs encore, plus au nord / des cavernes ont préservé / la vision initiale / des cieux // constellations / épousant le dessin des bêtes / contours calqués depuis la voûte céleste / sur le roc. // Suffirait-il / de faire bouger d’un cran la carte du ciel / aujourd’hui / suffirait-il d’un geste / pour rappeler l’image d’un firmament / lointain // image inaugurale / endormie / dans le temps. » Est-ce là un exemple de ce que dans un autre poème Couzier appelle les « conversations muettes » et à la fin de l’ouvrage, dans une brève biographie, « la conversation des signes » ? Des correspondances en somme : « Tout converse, de l’autre côté des choses / où les horizons et les paroles se touchent. » « Les paroles se touchent », la formulation, apprend-on, est empruntée à Edmond Jabès.

Couzier, on le voit avec les quelques citations qui enrichissent son travail, qui en précisent le sens et l’orientation, ne brouille pas ses pistes, n’efface en rien les pas de ceux qui la devancent dans sa traversée du désert. C’est bien à cela que nous invite le recueil, à traverser, à avancer jusqu’ « où commence l’errance ». C’est le titre du septième poème. Avec lui nous entrons plus avant dans le désert : « L’entrée dans le désert commence toujours / de la même façon. / Sans bruit. » L’image et l’imagination justes chez Caillois reposent en grande partie sur l’observation. Notre poète possède ce don. Elle observe bien. Elle sait lire le désert et parvient à l’écrire de manière tout à fait juste : « Les grains s’empilent / ici et là sur la masse désertique / passent des frontières qu’elles engloutissent / sans effort. // Rien ne bouge dans ce mouvement élémentaire / de particules / que le déplacement. » Et : « On reconnaît la marque du désert à cet indice / la dureté absolue / — la lumière. // À cet étau transparent / que brouillent de temps à autre les vibrations de l’air / à l’annonce des mirages. / Les nappes de chaleur sur le sol. / Leur échappée vibrante. »

Traversée du désert : « Choisir de vivre. Marcher. » Combien de temps encore ? Marcher jusqu’ « où commence la nuit ». Marcher jusqu’au terme : « La marche s’est arrêtée. […] // Loin devant, la mer. De retour. Par l’autre côté du monde. »

Mais ce terme ne sera pas la fin. Il apporte un nouveau commencement : « Reprendre alors la marche / la voie ouverte / longer le rivage […] ». Aller jusqu’où commencent le temps et l’oubli.

Et alors, après la mer en allée, puis enfin retrouvée : « Le livre à son tour commence […] ».

Dans le tout dernier poème, ce vers : « L’écriture a remplacé la mer. »

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

3 commentaires sur « Nane Couzier : Commencements : Poésie : Éditions du Passage : 2016 »

  1. Ah que j’ai aimé ta sensibilité à la beauté, au mystère, à la densité du… RIEN que la poète creuse..
    Même le vieux La Fontaine y a caché la liberté humaine. Ce n’est pas rien!

    «Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
    Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? rien ? Peu de chose.
    Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
    De ce que vous voyez est peut-être la cause…»

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  2. Quand on me parle de La Fontaine, c’est simple, je ne sais plus quoi dire. Merci Laurent. Petite confession en terminant, je crois ne pas avoir assez dit combien j’ai aimé l’écriture de cette auteure. J’espère que le lecteur (tu vois, je n’ose jamais dire « les ») aura vu entre les lignes la grande estime que j’ai pour ce recueil.

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    1. Personnellement, j’ai très clairement perçu avec plaisir d’ailleurs ta grande appréciation de l’oeuvre de cette poète. Quant au ou aux lecteur(s), je persiste. Tu navigues dans un monde neuf ingrat qui siphonne les créateurs et qui ne se sent pas redevable envers eux pour toutes sortes de prétextes, du moins selon moi. Je ne fais que souhaiter que tu continues de réaliser tes prétendues «petites études» malgré ce niveau de réaction et de reconnaissance sûrement réel mais, comme la Covid, invisible…

      Aimé par 1 personne

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