Germaine Beaulieu : Empreintes : Poésie : Écrits des Forges : 2020

Une mise en garde s’impose. Ceux et celles qui fréquentent mon blogue doivent être prévenus. Je ne suis pas un spécialiste de la poésie québécoise. Cette dernière est trop riche et variée pour que je le sois, ne m’y étant intéressé trop souvent qu’à des degrés divers, et ce, à travers de très longues intermittences. J’y reviens depuis quelque temps avec l’ambition de la fréquenter davantage et, si possible, de la faire découvrir à mes lecteurs et lectrices. Je considère qu’elle est trop souvent négligée par nos médias.

Comme je la connais de manière lacunaire, je suis malheureusement incapable d’aborder les ouvrages dont je rends compte en soulignant les relations qu’ils entretiennent avec les autres œuvres produites par leurs auteur(e)s. Lorsque j’entreprends ce que j’appelle mes « petites études », à quelques exceptions près elles ne portent que sur un objet isolé.

Je n’ignore pas que Germaine Beaulieu a produit une œuvre qui fait partie depuis longtemps de notre paysage culturel, y occupant une place importante. Mais comme je viens de le souligner et pour les raisons que je viens d’énoncer, je me bornerai à présenter seulement le recueil unique, à plus d’un titre, qu’est Empreintes.

Une empreinte, du moins celle que laisse un être humain, est chose légère, souvent invisible à l’œil nu, trace fine. Les poèmes d’Empreintes me font songer à des dessins, aérés, où le blanc de la surface reçoit l’empreinte raréfiée d’un trait, où sans jamais appuyer, l’artiste avec une pointe fine fait valoir l’idée qui l’habite avec finesse, sans jamais insister. Nous sommes ici dans le minimalisme.

Lire ce recueil, c’est parcourir une galerie de poèmes. Comme lors d’une exposition de dessins, où le public observe les œuvres les unes après les autres pour réaliser bientôt qu’elles entretiennent entre elles de subtils rapports, le lecteur des poèmes de ce recueil doit prendre le temps d’observer longuement les pièces qui le composent. On dira que c’est toujours ainsi qu’on lit les ouvrages de poésie. Mais cela est peut-être surtout vrai ici et du moins souhaitable dans le cas des ouvrages où règne un certain laconisme. Les poèmes brefs ne s’étendent justement pas en longueur, ils ne se déploient pas à travers un souffle poussant les lecteurs de l’avant. Ils sont plutôt comme des pierres qu’il convient d’observer longuement afin d’en découvrir le langage secret. Qui finalement ne s’avère pas si secret que cela, la pierre déhiscente en venant à s’ouvrir pour révéler alors son sens, pour peu qu’on lui ait laissé le temps d’agir en nous.

Je tiens à cette analogie. Chaque section du recueil évoque pour moi les salles d’une exposition. Tous les poèmes, si brefs soient-ils, éveillent en nous des impressions, suggèrent des pensées, donnent à voir le monde, tant celui du dedans que celui où vont claudiquant nos corps, dans un vaste corps social en proie aux soubresauts de l’histoire.

Dans la première salle, les poèmes semblent nous introduire dans une salle d’hôpital, une première prison, dirait-on. Nous sommes à la merci des autres. Il est question d’une naissance. Nos corps sont projetés dans une spirale, celle de la vie où soudainement tout un chacun paraît, accueilli par les brillants instruments de la médecine, comme si dès les premiers vagissements, « posée sur l’âme/une lame », sorte d’épée de Damoclès, une lame, dis-je, présidait à notre destinée : « l’enfant vocifère/sa naissance ». Il est donné à qui écrit la possibilité de traduire notre premier étonnement : « quel monde étrange/vite se faufiler ». Nous le verrons un peu plus loin. Le monde nous est hostile. Il incite à la fuite.

Dès qu’elle fait entendre son premier cri, « la petite craint/l’implosion de son corps ». C’est que la voici rapidement « enrobée de langes », en quelque sorte ligotée, prise au piège, telle « une momie en devenir ».

L’auteure formule une manière d’ubiquité du temps et de l’espace, elle universalise les individus, fond en un commun destin la fragilité de chacun, indifférencie peut-être même la victime et le bourreau, dans la mesure où l’un et l’autre sont emportés par une même spirale de vie, là « où va l’onde pulsée ». Mais disant ceci, me voici propulsé plus avant dans le recueil. Affirmant ce que les poèmes à venir feront bientôt naître en moi. Et bien entendu, l’on se rendra compte en passant d’un poème à l’autre que l’auteure se montre surtout sensible au destin des humiliés. Mais n’anticipons pas sur la suite.

Dans « pris au corps », la première suite du recueil, les poèmes dessinent le corps d’une enfant, illustrent ses premières heures, des heures qu’elle passe entre « des murs d’airain », ceux déjà d’une prison. Est-elle dans son berceau ? Elle est en tout cas déjà fautive, prise en défaut. Petit être nuisible, l’enfant soustrait, enlève des heures au sommeil des autres : « la voleuse de nuit/hurle son désarroi//faisons la taire/qu’on en finisse/de la tendresse factice ». En conséquence, l’enfant devra prendre le parti de l’effacement, de la disparition : « silence de survie/je dompte ma frayeur//une poupée miteuse/blottie dans mes bras ».

On peut le constater, cette histoire, au fond il s’agit de la nôtre, commence plutôt mal : dans le conflit. Le petit être peine à naître, avec « au ventre/un mal de mère ». Le mot « peur » survient plus d’une fois dans ce recueil où les poèmes sont brefs et somme toute peu nombreux, soixante ou un peu plus. La peur est en quelque sorte toujours native et l’on ne s’en défait pas facilement. Dans les sections qui attendent le lecteur un peu plus loin, des hommes et des femmes, des adultes seront toujours en proie à cette peur. Il s’agit d’un vertige universel, provoqué tant par les heurts de l’ici-bas que les grands brassages des espaces infinis du cosmos : « aussi fragile qu’une luciole/perdus dans la nuit/surprend la noirceur/je troque ma peau/deviens l’enfant du lointain/une réfugiée/au milieu de l’espace sidéral ».

Je viens de citer un poème. Il peut servir d’étalon. Aucun n’est beaucoup plus concis, aucun ne développe davantage. Nous sommes dans le petit format, ce qui ne signifie pas pour autant que de grandes choses ne peuvent être dites.

Pour l’instant, l’être vient au monde, « au cœur du désastre », or ce monde l’accueille plutôt mal, qui d’abord l’étouffe dans ses langes. L’être : « du début à la fin/qu’ai-je demandé ». Et la poète de lui recommander de s’endormir tout doucement : « dors petite dors ».

Comme je l’ai mentionné, c’est par petites touches que se dessine dans ce recueil une histoire. La première section se termine par les mots suivants : « s’il n’y a qu’une raison d’être/vite trouvons-la ».

Le ton est donné. Il demeurera le même jusqu’à la fin. Le propos cependant ira s’élargissant, englobant, exposant à notre vue des éléments de plus en plus complexes.

Nous passons dans la seconde pièce. Il s’agit de « nœuds déliés ». La fillette est derrière nous. Un autre « je » réapparaîtra plus loin : la petite devenue adulte ? l’écrivaine elle-même ? Ici, ni l’une ni l’autre n’est présente. La conscience s’est comme élargie. Du cercle de l’individu, de son petit monde sur lequel pesait l’univers, l’on passe à un plus grand cercle qui nous renferme tous. Le particulier cède la place au général. Mais tout comme au destin de l’individu correspondait tantôt celui des autres, celui des autres ici se trouve également être l’affaire de chaque individu. Il y a indistinction : « corps éthérés/comment nous reconnaître/tout silence confondu ».

Les poèmes se font quelque peu inquiétants. Non point mystérieux ou sibyllins, mais comment dire ? Dans leur étrangeté repose tout de même quelque chose de familier ; il s’agit, bien qu’imagée, de notre réalité telle que nous la ressentons : « en forme d’inukshuk/des os empilés/ornent le fond des océans/tant de cadavres réunis//à l’extrême de la nuit/des vagues au souffle court/rondeurs prises au piège ». Ce petit poème encapsule une vision, un symbole. Il cerne la fin de notre aventure terrestre. Mais aussi, il semble témoigner du sort rencontré par ceux qui se sont risqués à prendre la mer afin de trouver une terre d’asile. En effet, le poème suivant commence par « terre d’asile », ceux qui y accostent « parlent/polyphonie//d’ici d’ailleurs/se mixent les échos ». Tous inconnus les uns pour les autres, ils font face à « l’imprévisible ».

Je parlais plus haut d’une sorte d’ubiquité du temps et de l’espace. Je voulais dire par là que l’auteure amalgame, réunit sous un même ciel, en un même enfer, des gens qui sont justement d’ici et d’ailleurs, qui malgré la diversité de leur condition sociale, un peu comme dans « Les animaux malades de la peste », sont tous également touchés par un même mal. Pareillement, dans la « Consolation » de Malherbe, le roi n’est pas davantage à l’abri de la mort que ne le sont ses humbles sujets. Chez Beaulieu « cachots et châteaux/abritent l’itinérance ». La richesse des châtelains les situe au même niveau que les miséreux, tous étant condamnés à l’itinérance. C’est à croire que pour les uns et les autres, la vie ne peut jamais être qu’ailleurs. Et tous la cherchent. Et tous errent dans leurs pensées et rêvent d’un monde meilleur.

La petite fille dans sa prison avait peur. Ici, un peuple tout entier est sujet à la morsure des événements qui le traquent : « crime ou survie/d’un peuple//entre les dents de la frayeur ». Ce qui advient aux autres ne fait pas que résonner dans le poème de Beaulieu. L’empathie de l’auteure est telle que ses mots deviennent ceux des autres, font place à ceux qui sont souvent sans voix et qui à travers elle disent « nous » : « nos souffles conjugués/d’un seul pouls/traversent la frontière//nœuds déliés/de frêles silhouettes/noyées dans les ténèbres ». Ce dernier poème fait écho aux vers précédemment cités, ceux où « des os empilés/ornent le fond des océans ». Car nous sommes bel et bien en mer comme le confirme le poème suivant qui se termine par ces vers : « sans fin nous dérivons/en mémoire/l’épopée itérative/de déchéance ». Ce petit mot, « itérative », souligne le caractère répétitif de cette histoire « sans fin », ancienne et contemporaine à la fois. Peuples migratoires. Vaste mouvement de population. En chaque individu, « la solitude/tortionnaire sadique » accomplit son œuvre de destruction : l’individu avance, seul parmi la foule qui erre tout comme lui à la recherche d’une terre d’asile. Et alors, « la douleur épaissit l’âme/pas à pas/la tortue cale dans le sable/retourne au fond des eaux//et puis après ».

Après ? Nous connaissons la suite : « des os empilés/ornent le fond des océans ».

Pas à pas, le lecteur poursuit son parcours. Le voici parvenu dans la section intitulée « pulsion vive ». Retour au « je ». Dans cette suite, il est question des mots. Le poème renvoie à lui-même, mais c’est pour signifier qu’il ne renvoie pas à lui-même. Il est un cri. Il dit une urgence : « jusqu’à l’épuisement/le verbe cherche/le verbe ment//sur les os griffés/des noms une histoire ». Si la quête est valorisée, en cela que justement par le verbe une manière de salut ou de vérité est recherchée, l’échec semble en être l’ultime apanage. Le « je » a beau résister, ce n’est jamais que de manière erratique ou aléatoire que la poésie tente de trouver une voie : « au hasard les lettres s’attachent/chaîne aux maillons friables/en pointillés une existence ». Les lettres s’attachent-elles au hasard ? Autrement dit, le poète dans le langage qu’il sécrète appelle-t-il, en leur cédant l’initiative, les mots desquels viendra une forme de salut ? Éprouve-t-il une forme de tendresse, d’attachement pour ce qui à son insu sourd de son entreprise langagière ? Il se pourrait que cela soit. Chose certaine, en cette chose dite autrefois inspiration, se produit une manière de petit miracle : des mots s’agencent qui disent autrement quelque chose d’étonnant, qui présente à notre imagination et à notre intellect de nouvelles avenues. Les maillons du poème seraient friables et le poème tracerait en pointillés une existence. En cela, en effet, « le verbe cherche/le verbe ment ». La vérité du poème ne s’accomplit pas une fois pour toutes. Dans la mesure où la vie bouge et se transforme, le poème tente d’en suivre les modulations, il n’est jamais qu’approximation : « à coups d’impulsions/d’un mirage à l’autre/nous courons ». Le verbe ment à la manière du songe. Il fait miroiter du possible à nos yeux, il formule de l’utopie, il dénonce ses propres impostures. C’est la conscience de ce mensonge qui fait l’honneur de la poésie. Les poètes sont funambules : « sous mes pieds/une fièvre tellurique//l’élan serré sur la ligne/je résiste ». Son honneur se trouve aussi dans le souci que manifestent certains poètes, dont Germaine Beaulieu justement : souci de lire « sur les os griffés/des noms des histoires » ; souci de répondre à la crise planétaire qui se joue sous nos yeux : « d’urgence happée/la langue s’ouvre/de toutes ses plaies//plongée dans l’abîme/elle court/chercher silence ».

Je dis « crise planétaire », car le souci de l’auteure quant aux enjeux menaçant l’humanité me paraît prépondérant. Elle nous a d’abord fait voir une naissance, une toute petite enfance, puis des esprits errants et sans patrie comme on en rencontre dans le poème de Baudelaire. Et lorsqu’elle écrit ce qui suit, mal venu celui ou celle qui voudrait en restreindre la portée à un désir uniquement relatif à la petite personne de l’auteure. Lisons bien, je ne crois pas me tromper en avançant que la poète exprime ici un souhait qui la dépasse largement : « pour la beauté/je nomme demain/au risque d’y croire ».

Quatrième station : « chaos à ciel ouvert ». Nous sommes au centre du recueil, dans la section la plus dense, la plus intense, peut-être la moins abstraite, la moins ouverte aux interprétations diverses, non que le discours y soit cependant univoque. Ces poèmes sont dédiés, je cite, « aux personnes privées de liberté d’expression, écrivaines et écrivains ». En exergue, on trouve les mots d’Asli Erdogan, extraits de Le bâtiment de pierre : « J’entends des cris qui ravivent mes plus anciennes, mes plus authentiques terreurs et je me rappelle qu’ils sont nés du désir de vivre. Mes plaies ne parlent guère, mais elles ne mentent jamais. »

Dans ses langes, emmailloté, le poupon du début du recueil déjà sentait se refermer sur lui des bras. Ce seront ici de larges tenailles, des murs à l’intérieur desquels la conscience se sentira de plus en plus à l’étroit. Nous pénétrons dans un univers carcéral, « au cœur du béton armé ». Les portes sont « verrouillées » : « voix et cris résonnent/percutent les tempes/coups de poing sur la liberté ». La poète ne parle plus au nom de l’autre. Elle s’adresse à lui, aux victimes de la répression : « sur vos visages tétanisés/des cicatrices/à tout jamais vivantes/dessinent l’alphabet/d’une liberté maudite ». Elle s’adresse à « des fantômes captifs » qui dessinent sur les murs de leurs cachots, en proie à une itinérance mentale qu’on devine plus terrifiante que celle ressentie par les châtelains bien à l’abri dans leurs vastes domaines. Notre ubiquité de la souffrance est à géométrie variable.

Là où « tout respire la peur//des mains minées/écrivent au noir//fragments de textes/de la terreur au silence ». Quand et si seulement ils sont enfin libérés, « des spectres filiformes/surgissent des caveaux//enfin graciés/pour quel destin survivre//garrot autour du cœur/l’oiseau peut-il s’envoler ».

L’oiseau peut-il s’envoler ? Il semblerait que non. Dans un des poèmes de cette suite, on peut lire que ceux qui s’en sortent finissent par frapper un mur, atteignent une limite, l’ultime, libératrice : « naufragés en fuite/dans une civilisation perdue/seule la mort affranchit ». Ce bilan, ce constat est terriblement sombre. Tout comme l’Union soviétique brisa le destin de toute une génération d’écrivains — on relira à ce sujet le magnifique C’est moi qui souligne de Nina Berberova —, des écrivains et des écrivaines sont encore muselés aujourd’hui : « sous les nuages menaçants/des ombres désarmées/tiennent encore debout//manuscrits brûlés/comme une criminelle/la poésie abattue//une nappe de sang/macule les ventres torturés ».

Le recueil se termine avec « tout bas un silence ». Germaine Beaulieu avait laissé au préalable s’échapper un soupir d’espoir : « je nomme demain/au risque d’y croire ». Son recueil tire-t-il le rideau sur de si belles lueurs ? Son soleil en se couchant annonce-t-il pour demain un jour meilleur ? Il semblerait que non : « les mots meurent/comme ils ont vécu ».

Le « je » s’exprime à nouveau dans ces dernières pages : « d’un pas lourd je marche//la terre saigne/de noms de souvenirs/j’avance/je dis maintenant/j’oublie ».

Dans « pulsion vive », la troisième section de l’ouvrage, la poète avait écrit : « blottie dans mes pensées/je tourne en rond/craignant le réel/pour ce qu’il est//commedia dell’arte ». Quelle chute terrible ! Cinglante ! En deux mots, comme ces choses sont dites, quasi tournées en dérision. Ou plutôt, l’aspect dérisoire de l’existence n’est-il pas ici mis en avant ? Dans la dernière partie du recueil, un autre poème semble souligner le caractère fatidique de l’existence. Le théâtre encore est convié afin d’exprimer cette fois-ci le tragique de notre existence : « raison en délire/l’esprit s’emballe/la gangue déchire//une coulée d’encre/enveloppe le cercueil//dernière mise en scène ».

Puis la fin renoue le début : « rituel incessant/une mise au monde/déjà mise en terre//manège infernal/à petit feu/l’agonie planétaire ». Terrible, je répète : « une mise au monde/déjà mise en terre ».

Ça sent la fin, la fin de tout : « une meute d’âmes noires/sorties de la fragilité » est sur le point de retourner à la terre, à la Terre « qui a tout donné ». Même le temps est sur le point de s’immobiliser : « hier et ses lendemains/impossibles ». Non pas le temps qui s’arrête, mais nous dedans finalement nous arrêtons, et disparaissons, laissant « quelques empreintes », celles qu’évoque justement le titre de l’ouvrage.

Nous disparaissons…

Quoique…

Peut-être…

Tout n’est peut-être pas perdu…

Lisons le dernier poème : « roulement de bleu/marées d’élan//attendons l’aurore/la couleur de l’horizon/ses bouffées d’égarement//sur un mince pointillé/l’air de rien/menus bonds de naissance ».

Je l’ai dit et le répète, de petits poèmes disent parfois de bien grandes choses.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

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