Nicole Gagné : Qu’as-tu fait des fruits amers ? : Poésie : Écrits des Forges : 2020

Sur la quatrième de couverture de ce très beau recueil, outre une présentation de l’auteure, figurent les vers suivants : « l’immense détresse cachée/dans le chuchotement des ruines/t’a arraché la langue/avant que les mots/se soient frayé un chemin/vers l’intime ».

Ces paroles sont adressées à la sœur de l’écrivaine. La détresse dont il est question est celle de l’agonie. Au sombre de la mort répond toutefois le bleu du ciel. Les poèmes de Nicole Gagné envisagent à la fois la part de l’ombre et celle du soleil. Leur beauté est telle qu’elle semble se suffire à elle-même. Y ajouter quoi que ce soit me paraît relever presque du sacrilège.

Pourtant, ne serait-ce que pour en proclamer la présence, le commentaire s’avère nécessaire. C’est que les mots de la poète savent magnifiquement se frayer un chemin jusqu’à nous. Je dis « magnifiquement », pour me rendre immédiatement compte de l’insuffisance de ce terme. Il a beau dire vrai, il risque de détourner notre attention de ce qui plus essentiellement est à l’œuvre dans la poésie de Nicole Gagné. Celle-ci ne nous offre pas que de merveilleux poèmes, tous plus beaux les uns que les autres, elle nous livre, j’allais presque dire des vérités, elle nous donne accès à la réalité sensible de l’« être », le sien, mais également le nôtre. Car ce que sa parole révèle n’est rien moins que la vie telle que perçue par une conscience aigüe de ce qui en fait la beauté, à travers la force du désir et les grandeurs de l’amour.

Un recueil de poèmes peut de diverses façons former un tout. Autour d’un centre, des figures parfois se déploient et entre elles tissent des liens. À une thématique principale, des motifs se rattachent. De proche en proche, un mot décline ses saveurs, une fleur s’ouvre et voit l’instant d’après ses pétales joncher le sol. C’est là une affaire de structure, qui assure cohérence au propos, ordonnant la divagation, canalisant les flots du discours jusqu’au fin mot de la mer : « on lève la tête pour entrer dans le jour/on se prend à vénérer les pas du ruisseau/en route vers les galets de la plage ».

Dans certains recueils, nous trouvons un périple. C’est le cas ici. Le lecteur assiste, depuis un moment initial fait de silence et de tourments, à une migration de l’être qui s’accomplira grâce aux ressources du langage, la faisant finalement advenir à lui-même. Une histoire est racontée, mais son récit est fragmenté : un miroir donne à voir un visage, mais ses éclats sont d’abord sur le sol ; des épreuves, celles d’une vie, l’ont fait voler en pièces diverses, en poèmes épars, un peu comme sont les cailloux laissés derrière lui par l’enfant qui s’est aventuré en forêt. Les poèmes assurent le tracé du chemin.

On cherchera en vain ici une linéarité simple. En fait, ce qui fait l’unité du recueil vient tout simplement du fait de vivre. C’est une expérience où l’oiseau (« interdit de séjour/dans la cage de ton cerveau ») accède enfin au bleu du ciel, et le ruisseau enfin se jette dans la mer. En poésie et dans la vie en général, tout ou presque est affaire de mots et de silence. Le livre s’ouvre sur les vers suivants : « un peu plus haut sur le fleuve/les mots louvoient autrement//ils ne savent plus leur chemin ».

Ce qui fait l’unité de ce recueil est une voix. Elle se pose en des lieux différents, en des moments différents. Stations non pas d’un chemin de croix, mais d’un chemin de vie. La poète semble s’arrêter à certaines étapes marquantes de son existence. Ce qui les relie, c’est donc sa présence continue à travers les moments importants de sa vie. Le recueil se compose de cinq suites. Chaque fois que l’une d’elles prend fin, la suivante prend le relais. Ce sont comme les pièces d’une maison. Parmi celles-ci, la chambre a une importance toute particulière, que ce soit la chambre de la solitude, celle des amours ou encore, à l’hôpital, celle où s’efface peu à peu la sœur de l’écrivaine. L’histoire d’une vie se compose d’histoires multiples. Les plus significatives trouvent place dans la mémoire et lorsque l’on est poète possiblement dans un ouvrage de poésie. Celui-ci est une œuvre vivante, où la parole incarnée se fait concrète. Même l’éthéré, le vaporeux du discours s’anime et semble prendre corps. Le corps de l’écrivaine s’inscrit à même ses mots. Jamais elle n’oblitère le caractère physique et matériel de son existence. Chez elle, le corps appelle à la fête. Mais la fête de l’amour, comme nous le verrons sous peu, implique un certain labeur.

Afin de se frayer un chemin jusqu’à l’intime dont regorge ce recueil, un certain labeur s’avère également nécessaire. Ne redoutons pas de fournir cet effort. Il est vite récompensé. Leur lecture est si agréable que c’est comme sans peine aucune qu’on s’attarde sur ces pages pour bientôt y revenir. J’ai mentionné que la voix de la poète se fait la garante de l’unité du recueil. Elle est la clé qui ouvre la serrure de chaque poème. C’est une voix de grande qualité, ne serait-ce que parce qu’elle est profondément humaine, aimante et grandement aimable : une voix de qualité en raison de l’âme qui l’anime, partout présente, toujours vivante, vibrante. On ne peut s’y montrer insensible. Nicole Gagné nous accueille dans sa maison. On y trouve de la chaleur même quand y soufflent les vents de la mort.

Mais à elle seule une âme ne suffit pas à faire un bon poème. Car il faut bien l’admettre, la beauté n’est pas étrangère à l’amour que l’on peut porter aux poèmes. Ils sont bons comme sont les fruits, et si certains fruits sont amers, ce ne sont pas, en tout cas, ceux que l’auteure nous présente dans son recueil. Ses poèmes sont savoureux. Il y a là me dira-t-on une affaire de goût, et je laisserai en discuter longuement ceux et celles qui pourraient rejeter du revers de la main les poèmes de Nicole Gagné. Bien entendu, j’éprouverais de la difficulté à faire valoir mon point de vue à l’aide d’un raisonnement à la deux et deux font quatre. Mais je peux avancer ceci.

D’abord, l’appartenance à une certaine famille. Le lait poétique bu tout au cours d’une vie nourrit son poète et sa poète. Ou encore, le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre. De Lucien Becker à Fernand Ouellette, les auteur(e)s que cite Gagné témoignent de l’intérêt qu’elle voue à ce que, faute de mieux, j’appellerai la grande poésie, celle où l’on trouve de la substance.

En exergue du recueil, on lit ceci de Becker : « Chaque homme est une pierre qui cherche la montagne d’où elle a été arrachée. » En paraphrasant le poète, je ferai observer que Nicole Gagné est une pierre qui provient d’une imposante montage, celle dont ont été extraits justement des poètes de grande envergure. Cela ne prouve rien, mais lire de près les poèmes de Qu’as-tu fait des fruits amers ? et se laisser entraîner jusqu’au fleuve par les mots de l’auteure, permet à coup sûr de réaliser qu’elle appartient véritablement à cette confrérie, à cette sororité que constituent entre autres les poètes qui l’accompagnent en cours de route : les Jaccottet, Lyne Richard, Joanne Morency, Michel Pleau ainsi, bien entendu, que Becker et Ouellette.

D’avec ce dernier, il convient, je crois, de mentionner une remarquable proximité. Elle se fait remarquer dans la tendance à substantiver certaines épithètes, lesquelles prennent alors valeur de symbole, se trouvant comme hissées sur la pointe de leur plus haute signification : « l’inavoué », « l’inachevé », « l’irrévélé », « l’ensoleillé », et cetera. Et aussi l’importance du bleu, qui joue ici sensiblement le même rôle que chez Ouellette, celui d’une ouverture. Ouellette assurément ne possède pas le monopole de la mer, mais l’auteur de Présence du large et Nicole Gagné partagent cette même thématique. Loin de moi l’idée d’insinuer qu’on trouve ici quelque forme de plagiat, alors que vraisemblablement Gagné n’aura accueilli dans sa manière que cette influence discrète, quoique manifeste. Or cette proximité, je la rencontre surtout dans le ton ainsi que dans le style. Je la rencontre, je dirais plutôt que je la savoure : « s’arpègent les mots accordés/aux vibrations verticales ». On connaît l’importance de l’inversion chez l’aîné (« s’arpègent les mots accordés » : en passant, remarquons la beauté et la subtilité de ce vers), on sait également à quel point le poète a inscrit l’ensemble de son œuvre dans l’axe de la verticalité. J’ajoute les vers qui suivent, mais il se pourrait que je sois le seul à voir ici une certaine parenté : « il faut parfois profiter du ressac/pour dénouer le langage/et lui redonner ses enluminures//si seulement pouvait germer/un quelconque envoûtement/une lune montante ». Ces vers et d’autres encore pourraient figurer dans un ouvrage de Ouellette sans le dépareiller le moindrement.

Ce rapprochement entre deux poètes, je le fais dans le seul but de montrer que si les poèmes de l’une valent ceux de l’autre, c’est là un signe suffisant de leur qualité. Or après avoir souligné ces quelques traits communs, je m’empresse d’ajouter qu’à eux seuls, et en vertu de leurs qualités intrinsèques, les poèmes de Gagné méritent amplement qu’on s’y arrête. On y trouve maintes beautés, des trouvailles discrètes, une force expressive jamais poussée à outrance, de belles images (« de grand matin/ouvrir les fenêtres puisées au vent du large »). On y admire une langue juste. Du verbe, la hauteur sans grandiloquence séduit et nous envoûte. Des accents de sincérité nous touchent. La simplicité, la limpidité sont de rares et précieuses qualités. Surtout, alors que la forme me paraît franchement exemplaire, j’admire que la poète soit à ce point parvenue à exprimer des questionnements et des sentiments si importants, qui constituent le fond même de notre existence. Cela n’est pas insignifiant. Les mots, lorsqu’ils ne sont pas de l’ordre de la patine, si leur pureté n’est pas du toc, quand les enjeux dont ils sont porteurs dépassent les facéties des simples jeux de mots, il y a tout lieu de s’incliner respectueusement et d’affirmer comme le faisait naguère un certain Fénelon que « la poésie est plus sérieuse et utile que le vulgaire ne le croit ».

Tout cela est bien sérieux, plutôt grave, mais nullement assommant. Si on ne rit pas en lisant du Gagné, on ne s’ennuie pas pour autant. On accompagne un être humain dans son périple.

Son histoire commence alors que le verbe se tait. L’oiseau est encagé. Ce sera l’histoire de sa libération. Dans « Excès de nuit », première partie du recueil, l’auteure s’adresse à un « tu » : « tu te laisses œuvrer par les vagues ». Qui est cette personne à qui s’adresse la poète ? Sans doute se parle-t-elle à elle-même. On voit dans ses mots des puissances qui la contrarient, qui font que « la parole naufrage ». C’est que l’amour est inachevé. Rien n’est précisé, mais l’on comprend que malgré « la déraison » et « les embruns », il arrive que « les mots que l’on rêve/depuis l’éloignement du monde/s’assemblent en une parole vivante ». Dans cette première section, de très beaux poèmes évoquent la victoire de ce qui plus loin prendra le nom de l’amour : « il arrive aussi/qu’un arbre plus majestueux nous console/qu’une envie de célébration nous empoigne//l’aube ouvre une clarté généreuse/et voici la transfiguration des ombres/voici la renaissance du feu ».

Mais les fruits conservent leur goût amer. Dans la seconde partie intitulée tout simplement « Douleur », règne la souffrance. C’est une souffrance qu’on ne sait pas tout à fait à quoi attribuer, si ce n’est à « l’inachevé même de l’amour ». J’ose le répéter, bien que ce qualificatif ne suffise pas, tous ces poèmes sont beaux. Mais quelle est au juste cette douleur ? Dans un premier temps, on croit pouvoir l’attribuer à un avortement : « je pressens/l’intolérable de la mise au rebut/de ce cordon attaché à la matrice chaude ». La poète encore une fois s’adresse à un « tu », duquel l’identité n’est pas spécifiée. S’agit-il d’elle-même ? S’adresse-t-elle à l’enfant qu’elle fut ou à celui qu’elle n’est pas parvenue à mettre au monde ? Le titre de cette suite douloureuse (certains poèmes disent une profonde souffrance) est « Douleur ». Il se pourrait que le « je » du poème s’entretienne avec sa propre douleur. D’une certaine façon, on pourrait dire qu’elle parle à sa vie, déplorant alors que son « être » ne parvienne pas vraiment à naître, tant justement l’entrave sa douleur : « je ne peux de cet horizon impossible/éternellement te chercher pour me terminer/petite vie recroquevillée/empoignée à tes entrailles ».

Enfin, les interprétations possibles sont nombreuses et toutes plus ou moins vraisemblables : douleur/qu’as-tu fait/des fruits amers qui déparaient la table. »

Dans la séquence suivante, À la mémoire de Jo, se trouvent les poèmes les plus touchants du recueil. Moi qui déjà en aurais cité plusieurs in extenso, j’ai encore ici l’embarras du choix. Tant de beauté me chavire. « Ô ma sœur douloureuse/ton regard s’accroche aux feux du vivant/leur lumière s’inscrira-t-elle en toi/au sortir de tant de souffrance//attends-moi je viens ce soir/sera-t-il trop tard/pour me dire le sombre/où ta vie se crevasse et s’achève//ton visage se ferme/la lune fuit/les premiers rayons/se pâment à la fenêtre//c’est un cadre qui tait tous les mots/clôt tous les pourquoi/et tout avenir ».

Superbe !

Et tout aussi beaux, empreints d’une jolie fantaisie, ces vers encore adressés à la sœur en allée : « il est des jours/où je me demande/si tu n’es pas agrippée à une étoile/attendant la chevelure des arbres/pour revenir habiter ta maison ».

Quatrième partie : « Un passage léger ». En exergue, des mots de Michel Pleau : « après l’orage/se peut-il que le temps/prépare un refuge/plus léger ». Après « l’immense détresse » partagée au chevet de la moribonde, après la douleur et les fruits amers, se présente enfin la possibilité d’une réconciliation, de soi à soi, de soi à l’amour, de soi à l’univers. Arrive une libération. La poète « donne la parole à l’amour/et voici l’ardence du jour/ceint de béatitude ». Elle « ne pense plus/au ciel saturé de larmes/la terre en joie arrive ». Le sombre laisse place aux lueurs de l’aube : « mais alors que la nuit perd pied/le jour reprend ses droits/et on peut tenir dans sa main ces dits/dont la mort avait défait les robes ».

Un homme, un nouvel amour apparaît. Voici le retour de l’été. L’été « serait précieux/comme une étreinte d’homme/au couchant de ma vie ». On sera attentif ici au mode conditionnel. La femme manifeste-t-elle une attente ? Se montre-t-elle ouverte à l’avenue possible de la renaissance que lui présenterait enfin l’amour ?

Au tout début de la dernière section de l’ouvrage, la poète cite des vers de Fernand Ouellette. Ils témoignent également d’une avancée, d’une métamorphose. D’un coup de baguette, l’amour élargit le ruisseau, qui désormais se jette dans la mer. Ouellette écrit : « Et largement le ciel virevolte/Avec le vœu des amants ». Le titre de la suite affirme que « L’amour est un labeur ». Dans quelques-uns de ses brefs poèmes, on retrouve l’emploi du conditionnel présent. Si bien qu’on ne sait trop si l’amour apparaît ici comme un vœu, un souhait, une aspiration ou s’il prend réellement corps dans le véritable face-à-face d’un homme et d’une femme. Phantasme ou réalité ? La fin du recueil, ses derniers vers semblent inscrire l’amour dans la réalité : « tremblante dans l’odeur de ton feuillage/je risque cette fois/l’amour sans bouée ».

J’aime beaucoup ce recueil. On l’aura constaté. Si cela était possible, je le ferais savoir à son auteure. Mais j’apprends sur la quatrième de couverture que Nicole Gagné est décédée au printemps de l’année 2017. Elle ne saura donc rien de mon enthousiasme, rien de « notre » enthousiasme, car je ne saurais concevoir que de nombreux lecteurs et lectrices ne soient également gagnés par la vague d’amour qui nous atteint lorsque nous lisons ce recueil. La poète nous a quittés. Mais qu’à cela ne tienne ! Je lui écris et lance à la mer cette bouteille.

Chère Nicole,

Je dois vous le dire. Vous êtes une femme très généreuse. Je vous écris pour vous remercier. Pour vous dire à quel point vos poèmes sont beaux.

Bien que sans mièvrerie aucune, ils sont profondément touchants. Cela est dû en grande partie à votre voix, à votre parole de femme forte et douce à la fois, vivante et si attachante.

Vos poèmes sonnent avec tant de justesse que parler à leur sujet de perfection me paraît inconvenant. Dire qu’ils sont réussis ne suffit en rien à leur rendre justice, à témoigner de leur profonde beauté, car leur beauté outrepasse la beauté, en cela qu’elle réside en l’ouverture qu’elle dessine sous nos yeux, en cela qu’elle maintient grande ouverte cette présence du large qui vous est chère.

C’est un livre de vie que vous avez écrit, un livre d’amour et de mort, où le désir est ensoleillé, un livre qui ouvre « les fenêtres puisées au vent du large ».

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

6 commentaires sur « Nicole Gagné : Qu’as-tu fait des fruits amers ? : Poésie : Écrits des Forges : 2020 »

  1. Bonjour Daniel,

    Vous avez raison, Nicole était une femme extraordinairement généreuse. Je n’exagère pas. Elle était également humble et bienveillante. C’est donc avec gratitude qu’elle aurait lu vos propos. Je suis sa fille et vous m’avez beaucoup touchée. J’ai l’impression toute intime que votre article fait non seulement vivre le recueil, mais qu’il en célèbre l’auteure. J’aimerais donc vous remercier de ce bel hommage.

    Annick.

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    1. Chère Annick, je n’ai pas connu votre maman, mais une chose est certaine, on peut affirmer que dans son cas la poésie ne ment pas. J’ai fait en lisant ses poèmes la rencontre d’une femme que j’ai franchement aimée. Je ne sais trop comment dire, c’est une expérience un peu rare. On sent une sorte de grandeur, de bonté, de générosité. Ce dernier mot, j’ai osé l’écrire dans ma « petite étude » parce que l’ouverture de cœur et d’esprit, c’est ce qui se dégage à la lecture de ce très beau recueil. Et puis, aussi, ce qui est touchant, c’est que la parole de quelqu’un qui n’est plus en vie soit aussi vivante. L’hiver arrive à grands pas, la nuit tombera plus tôt : je vous souhaite de la joie à travers le souvenir toujours vivant de votre chère maman.

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  2. La beauté de votre hommage, Daniel, grandit la beauté de l’œuvre: «Car ce que sa parole révèle n’est rien de moins que la vie telle que perçue par une conscience aigüe de ce qui en fait la beauté, à travers la force du désir et les grandeurs de l’amour».

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