Louis-Jean Thibault : Le cœur prend lentement mesure du soleil : Poésie : Éditions du Noroît : 2017

Si, ainsi que l’écrivait Breton, « la poésie se fait dans un lit comme l’amour », on peut sans doute se permettre d’en lire là où bon nous semble, en emportant avec soi, par exemple, un recueil même dans les gradins d’une piscine municipale.
Ce jour-là, je venais de recevoir par la poste, une enveloppe contenant quelques beaux livres, offerts par un ami que je salue ici. Parmi ces derniers, il y en avait un qui m’interpellait tout particulièrement. La magnifique photographie que l’on voit sur sa couverture était sans doute à elle seule responsable de la forte attirance que je ressentais à l’endroit de « Le cœur prend lentement mesure du soleil ». « Responsable à elle seule », peut-être pas tout à fait. Jouait également dans cet effet la composition de la couverture, parfaitement équilibrée, dans ses proportions et dans le choix de la couleur des larges bandes encadrant et mettant en valeur l’œuvre si puissante d’Yves Laroche, à qui l’on doit également six autres photographies illustrant le recueil avec autant de pertinence. Celle de la couverture, j’insiste sur ce point, se marie de manière remarquable avec le titre non moins remarquable du recueil. Rarement titre n’a été à ce point en phase avec une œuvre. On remarquera qu’il s’agit ici d’un parfait alexandrin, ce qui lui confère une indéniable solennité, dont la majesté est accrue par la lenteur qui s’y déploie et les mots, quasi intemporels et fort chargés de sens, qu’on y trouve : « cœur », « mesure », « soleil ». Mais soyons prudents, n’allons pas trop vite. Ne donnons pas d’entrée de fausses impressions. Solennité et majesté pourraient faire penser au Perse des ambassades et du Nobel. Il n’y a là aucune espèce de rapport. Reprenons.
Ayant à passer une heure dans les gradins de la piscine où j’accompagnais ma petite-fille, j’avais fourré dans mon sac ce livre de Jean-Louis Thibault. Il se trouve que j’ai le plaisir de ne pas connaître ce poète. J’arrive à lui, et lui vient à moi, en totale virginité, ce qui me permet de parler de son travail en toute liberté. Mais devant ce livre, je préférerais me taire, non pour passer sous silence ses cinquante poèmes, mais plutôt pour souligner l’état de recueillement dans lequel tant de beauté me plonge. Silence respectueux renforcé par la crainte d’une spoliation, comme si peu importe ce que j’en dirai maintenant, je raterai la cible, j’en suis certain, et ne parviendrai pas à rendre justice à cet ouvrage que je tiens, on commence à le réaliser, en très haute estime. Retournons donc à la piscine où ma petite-fille fait ses longueurs.
Je suis donc dans les gradins. Je sors de mon sac le recueil de Thibault. D’abord j’ai la curiosité de regarder les photographies de Laroche. C’est un photographe dont, grâce à Facebook où il est actif, je connais déjà le travail admirable. Une fois encore, je suis impressionné. Mais ce n’est qu’en lisant les poèmes que je réaliserai à quel point la collaboration est réussie. Le livre est sur mes genoux. J’en conviens, du fait qu’elle est dans un bâtiment où le moindre cri est répercuté, la piscine municipale est loin d’être l’endroit idéal pour une lecture qui est d’abord et avant tout affaire de silence. Maître mot ici, celui de silence. Rapidement, les vers l’imposeront. Ils produiront leur effet sans presque aucun délai. Si la poésie était une drogue, et dans une certaine mesure elle l’est, je dirais que la poésie de Thibault est bien particulière. Son effet est quasi immédiat. Cette drogue impose le silence, elle diffuse en son lecteur un très lent opium, j’entends par là qu’elle produit une profonde vague méditative. Ce n’est pas un effet lénifiant, il est plutôt englobant. Les vers de Thibault n’hypnotisent pas, ils éveillent, nous ouvrent à une sorte de large compréhension, celle d’un territoire intérieur. Maladroitement, je tente de dire ici que la parole de ce poète a un poids, qui n’est pas fait de lourdeur, mais de signifiance.
Dès le premier poème, lu et relu, qu’assurément je relirai, me voici émerveillé, touché, non par ce qui serait mièvrerie ou lyrisme facile, mais par une manière de justesse, de parfait équilibre entre ce que l’on pourrait appeler les éléments constitutifs du poème. Lesquels, me demandera-t-on ? Je répondrai vaguement : musique, image, sentiment, réflexion, qualité du lexique oscillant entre simple et moins familier, mais jamais cliquant ou ostentatoire, et finalement propos. Je dis propos afin de souligner que ce que dit Thibault vaut non seulement par la manière, mais également par la matière. Il y a là matière à réflexion. Nous sommes installés dans de la signifiance.
On se souviendra de Nerval, plus particulièrement du début de son poème intitulé « Fantaisie », je cite : « Il est un air, pour qui je donnerais / Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber ». On voit ici à l’œuvre le principe de l’élection, pour ne pas dire celui du palmarès. Le jeu des préférences est sans doute un peu bête, voire idiot. Il préside dans tous les prix ou distinctions honorifiques. Si y jouer pouvait avoir quelque sens, je proposerais le quiz qui consisterait à dresser une liste des vingt-cinq ouvrages de poésie les plus marquants publiés au Québec depuis le début des années cinquante. Le défi est de taille. De très grands poètes ont produit chez nous des ouvrages considérables. Vous avez déjà fait votre choix ? Ce n’était qu’un premier choix. Comme on le fait dans les émissions de variétés, il faut maintenant éliminer 5 candidat(e)s. Au prochain tour, 5 autres. Puis encore 5. Mais ce n’est pas terminé. Parmi les 10 restants, encore une fois on sélectionne 5 poètes. Pour ma part, j’ai joué le jeu. Thibault fait toujours partie de mes finalistes. Il a tenu le coup : « il est un air, pour qui je donnerais… »
De tels procédés sont limités. Il convient plutôt de s’en tenir au discours, de l’étoffer, de commenter, de critiquer, d’expliquer pourquoi ce recueil suscite à ce point mon adhésion, mon enthousiasme. Ce n’est guère facile. Je préférerais m’en tenir au silence, voyant en ce dernier un des plus forts effets produits sur le lecteur que je suis par ce recueil. C’est que sa parole est pleine et qu’elle remplit totalement l’esprit de qui l’accueille. En réalité, cette parole accueille son lecteur, est affaire de rencontre et d’échange. « Cadastre » est le titre du premier poème. Je lis : « Te voici maintenant au mitan de ta vie, / Reclus à l’intérieur d’une vaste maison. » Que le poète s’adresse ou non à lui-même, lui-même ici, c’est également nous, les lecteurs. Hugo : « Ah ! insensé qui crois que je ne suis pas toi ! » Donc, « Te voici maintenant au mitan de ta vie, ». Voilà qui est dit en toute simplicité. Or les deux alexandrins qui ouvrent le recueil l’inscrivent d’emblée dans une tradition. Cette tradition passe inaperçue ou presque, mais c’est dans la mesure où justement elle opère encore. Notre poète ici est moderne sans chercher à en faire la démonstration. La sobriété sert son propos et ce propos, je l’ai dit, est riche.
Un homme est au mitan de sa vie. Il est dans sa maison. Il écrit de la poésie. Il parle fréquemment du poème, mais sans insistance. Le poème est un des éléments de sa vie, parmi les plus importants. Il ne vit pas seul, mais avec sa compagne et leurs enfants. Dans les 25 premiers poèmes du recueil, l’homme parle de « Ce que retiennent les murs » (c’est le titre de la première section de l’ouvrage). On croira à me lire que tout cela est fort trivial, il n’en est rien. À l’intérieur des murs de cette maison, il y un homme qui vit avec les siens, or comme pour nous tous, cet homme abrite en son esprit une intériorité. C’est dire que, dans la matérialité de sa maison, se trouve cet homme dont la spiritualité est affaire de sentiments, d’angoisse, de réflexions et d’écriture. Une vie n’est jamais strictement matérielle. La richesse du propos tient à ce phénomène. Notre poète est un être sensible et aimant, qui pense, et qui doit par moments se retirer dans une pièce de sa maison afin de faire silence, afin de laisser place à l’élaboration du poème de sa vie, car vie et poésie chez lui sont en effet indissociables : « Tu as voulu le plus parfait silence. / Aux proches qui partagent ta vie, / Tu as demandé : oubliez-moi pour quelques heures, / Ma tête se sépare de vous et se détourne, / Je n’appartiens qu’à cette lancinante mélancolie / Qui rive ses yeux sur la blancheur alternée / De la page et des étoiles. »
Le poète est dans sa maison et sa maison est sur la Terre et la Terre, dans l’univers. Sa réflexion, son poème, embrasse tous ces aspects de l’être au monde. Il y a également la mer : « L’unique voyage maintenant est celui qu’il fait, à l’été, / Pour rejoindre la mer. De quel autre horizon / Aurait-il besoin ? » Ces vers, je les emprunte à un poème qui figure dans la dernière partie de l’ouvrage intitulé « Proches confins ». Nous sommes maintenant sortis de la maison et le regard embrasse le monde qui entoure la maison, ses arbres, la cour, le territoire, et ses proches confins, le fleuve et l’océan.
Malheureusement, puisqu’il faut me résoudre à clore maintenant ce commentaire, je dirai le regret que je ressens d’avoir si peu et si mal dit au sujet de ce recueil. Ce n’est pas fausse humilité, c’est plutôt conscience d’avoir été réducteur. Certes, on aura compris mon enthousiasme. On en prendra la mesure dans le silence admiratif que chaque page m’a imposé au fil de ma lecture. Que de beaux poèmes, ici ! Comme ils sont évocateurs, comme ils sont profonds dans leur propos et admirables dans leur phrasé ! Je dirais que ce sont de véritables bijoux, mais ce mot, parce que galvaudé, me paraît inapproprié, qui ne parvient pas à assembler en son sein les multiples qualités auxquelles je songe.
Hier, en fin de journée, je lisais des pages magnifiques dans « L’écharpe rouge » d’Yves Bonnefoy. Refermant le livre, j’ai repris celui de Thibault. Qu’on me comprenne bien, en passant du premier au deuxième, je n’ai ressenti aucune dénivellation. La qualité du second est tout à fait à la hauteur de celle qu’on rencontre chez Bonnefoy. Toutefois, force est d’admettre que notre Québécois est d’un abord plus facile. Ses obscurités sont rares et somme toute plutôt claires.
Enfin, je n’ai pas l’honneur de connaître Louis-Jean Thibault, cela viendra peut-être un jour. Pour l’heure, je m’en tiendrai à cette recommandation, elle n’a rien de mercantile (personne ne me paye) : courez à la librairie la plus proche. Cette poésie est faite pour vous.

***

Afin de souligner en quoi le recueil de Thibault me paraît digne d’intérêt, j’écrivais plus haut le mot « signifiance ». Aura-t-on compris combien je tiens à l’opposer à de l’insignifiance, à la gratuité d’un babil insouciant et facile ?

Je ne veux pas insister, mais comme je le mentionnais, je suis conscient d’avoir laissé dans l’ombre peut-être l’essentiel du propos de cet ouvrage. Bien sûr, j’ai fait allusion à la prosodie plutôt parfaite des vers de ce recueil, comme quoi un certain, je dis bien un certain classicisme de forme, une telle solidité langagière, contribue grandement au caractère de « signifiance » de cet ouvrage.

La qualité d’une œuvre tient entre autres à la parfaite adéquation de son propos et de sa forme expressive. Celle-ci étant, particulièrement ici, indissociable de celui-là, je peux difficilement dire, sinon en ne tranchant pas, ce qui de l’expression ou du propos a si rapidement emporté mon adhésion. C’était et c’est encore, on l’aura compris, les deux à la fois.

Je viens d’ouvrir au hasard le recueil du poète. Ce que j’ai lu ravive ce premier sentiment que j’ai ressenti, d’admiration il faut en convenir. Mais qui admire, ne soyons pas trop humble, est en position d’admirer, se présente en vis-à-vis de l’objet en position de gémellité. Sa réceptivité est telle que la clef de l’œuvre opère sur lui comme en une serrure, elle lui ouvre la porte du désir qu’il a précisément de cette œuvre. Ce qu’elle a à offrir, il est en mesure de le recevoir. C’est Baudelaire au concert s’émerveillant d’entendre la musique de Wagner et déclarant que le maître n’a produit rien de moins que l’œuvre musicale que lui, Baudelaire, renfermait dans son propre esprit. Je ne prétends pas que j’aurais pu écrire les poèmes de Thibault, je dis seulement que s’ils m’ont à ce point touché, c’est parce qu’ils expriment des sentiments qui m’habitent profondément. Ils me tendent un miroir où je me reconnais.

Un sens moral évident apparaît dans certains poèmes. L’homme qui cogite pèse le pour et le contre de ses faits et gestes. Son cœur, c’est le cas de le dire, prend tout à fait la mesure du soleil. Est-il pour nous, insectes sur la boule ronde (je ne sais à quels Voltaire ou Pascal j’emprunte cette « boule ronde » !), est-il pour nous ici-bas plus pertinent symbole du divin que le soleil ? Et j’entends par divin, non pas quelque Dieu créateur et juge ultime de ses créatures, mais cette chose en nous qu’on appelle conscience. La conscience ne prend pas l’existence à la légère. La poésie de Thibault avec la précision de sa diction et la profondeur de ses réflexions s’adresse à nous tous. Jugez par vous-même. C’est, page 42, le poème que j’ai lu ce matin.

SOLEIL DANS UNE PIÈCE VIDE

Efface. Raye en toi toutes les peurs.
Le jour qui vient n’est qu’un autre jour.
Un point mobile sur la courbe sans borne
De l’espace et du temps. Le cadre des fenêtres
Capte à ton insu l’énergie que lui verse le vert
Des érables bordant les frontières de la cour.
Dans ce vide voyage la lumière,
Qui s’arrête ici, sur les murs de la chambre.
Se décompose sous tes yeux. Tu peux
Toi aussi t’arrêter, desserrer les poings.
Tu ne dois pus rien à personne.
Au bout du compte, les dettes du cœur,
Tu les as rendues cent fois plutôt qu’une.
Repose-toi. Tes enfants bientôt surpasseront
Ton ombre. Les décrets, les sentences, espères-tu,
À tout jamais sur toi sont abolis.

Publié par Daniel Guénette

Écrivain québécois. Publie ouvrages de poésie (dont Varia au Noroît) et romans (Dédé blanc-bec, etc. à La Grenouillère). Ai enseigné la littérature au niveau collégial. À la retraite depuis 2011. Me consacre à des lectures dont je rends compte sur mon blogue : Blog de Dédé blanc-bec : 4476:HOME:BOLG Notice biographique (voir L'Île : litterature.org) Daniel Guénette est né le 21 mai 1952. Il est originaire de Montréal. Il a vécu son enfance et la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il produit alors deux recueils de poésie (Traité de l’Incertain en 2013, Carmen quadratum en 2016) et un récit (L’École des Chiens, en 2015). Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article très élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2013 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée de manière positive par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier, sur Blogues Église catholique à Montréal : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. »). Dominic Tardif, dans le Devoir, 4 juillet 2015, a rendu compte chaleureusement de ce récit. Il a souligné qu’avec ce dernier, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, ce récit a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On peut lire ses plus récentes recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique.

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